La bataille diplomatique entre Israë l et l’Autorité palestinienne, au siège de l’ONU à New York, approche de son point culminant. Le Premier ministre, Binyamin Netanyahu, et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (Abou Mazen) ont multiplié hier les entretiens, avec le président américain Barack Obama et avec d’autres dirigeants. Vendredi, Mahmoud Abbas devrait demander au Conseil de sécurité de reconnaître l’Etat palestinien.
En Israë l on estime que les Palestiniens attendront quelques semaines avant de s’adresser à l’Assemblée générale pour qu’elle reconnaisse l’Autorité palestinienne dans les frontières de 1967 comme Etat non membre de l’ONU. « D’ici trois à quatre semaines, les Palestiniens s’adresseront aussi à l’Assemblée générale où ils auront une large majorité sans que les Américains puissent opposer leur veto  », a déclaré hier un haut responsable israélien.
Mis à part son entretien avec le président Obama, l’autre entretien important du Premier ministre Netanyahu a été avec le président français Nicolas Sarkozy. Face à des Américains qui soutiennent la position d’Israë l, le président Sarkozy estime lui qu’un veto au Conseil de sécurité provoquera une explosion de violence. Dans son discours devant l’Assemblée générale, M. Sarkozy a proposé que celle-ci adopte une résolution qui accorderait aux Palestiniens le statut d’Etat non membre des Nations Unies. Pour le président français, il faut mettre en place un Feuille de route afin de reprendre les négociations entre Israë l et les Palestiniens d’ici un mois, de conclure les pourparlers sur les frontières et les dispositifs de sécurité d’ici six mois et de terminer les négociations d’ici un an.
Le président Sarkozy n’avait pas prévenu Israë l ou les Etats-Unis qu’il proposerait un compromis dans son discours devant l’Assemblée. Le Premier ministre Netanyahu s’oppose à l’octroi par l’ONU d’un quelconque statut d’Etat aux Palestiniens et on peut supposer qu’il rejettera cette proposition. Cet initiative du président Sarkozy pourrait toutefois modifier le sens que prennent les débats à l’ONU, d’autant plus qu’elle est soutenue par au moins dix pays de l’Union européenne. Au sein de la délégation palestinienne on affirmait hier avoir toujours l’intention de s’adresser vendredi au Conseil de sécurité mais que la proposition du président Sarkozy serait examinée.