En moins d’une heure, la route d’Eilat s’est transformée hier en route sanglante. Cette route numéro 12 où circulent d’ordinaire des centaines de familles sur le chemin des vacances, a été fermée et des centaines de soldats et de policiers s’y sont déployés pour faire face à la cellule terroriste qui a tué huit Israéliens lors de plusieurs incidents.
Cette attaque terroriste a été bien planifiée. La cellule terroriste qui, selon les estimations de l’armée, comptait quinze à vingt membres, a quitté la bande de Gaza, s’est préparée dans le Sinaï, s’est introduite sur le territoire israélien et s’est postée au bord de la route numéro 12, à cent mètres d’un poste des forces de sécurité égyptiennes. Equipés de plusieurs dizaines de charges explosives, les terroristes se sont alors préparés à des embuscades contre des véhicules circulant sur la route.
A midi, les terroristes ont ouvert le feu en direction d’un autobus de la ligne 392. Sept passagers ont été blessés mais le chauffeur a accéléré, ce qui a permis d’éviter un bilan beaucoup plus lourd. Quelques minutes plus tard, un second autobus a été pris pour cible. Deux terroristes ont ouvert le feu en sa direction et un troisième terroriste s’est fait exploser à proximité de l’autobus qui a pris feu. Le chauffeur a été tué dans l’explosion.
Au même endroit, les terroristes ont ouvert le feu en direction d’une voiture qui faisait route en direction d’Eilat. Les quatre passagers du véhicule ont été tués. Puis, cinq minutes plus tard, les tirs ont visé une autre voiture à bord de laquelle se trouvait un couple en route lui aussi vers Eilat. Le mari a été tué tandis que la femme, légèrement blessée, a fait la morte, ce qui lui a sauvé la vie.
Des soldats dépêchés sur les lieux ont eux aussi été pris dans une embuscade et Moshé Naftali, un soldat du régiment Golani a été tué des tirs des terroristes. Dans le même temps, une roquette RPG a été tirée en direction d’un hélicoptère de Tsahal. L’appareil n’a pas été touché.
Des forces importantes de l’armée et de la police se sont déployées dans le secteur. Trois terroristes ont été abattus sur le territoire israélien, deux autres du côté égyptien de la frontière. Les forces égyptiennes ont, elles aussi, abattu deux terroristes. Dans la soirée, alors qu’il semblait que l’événement touchait à sa fin, et à l’heure où Tsahal et le ministère de la Défense tenaient un point de presse, de nouveaux tirs se sont fait entendre. Des policiers se sont heurtés à un autre groupe de terroriste et Pascal Avrahami, un combattant des forces spéciales d’intervention, a été tué dans l’accrochage.
Six heures seulement après le début des événements, Tsahal a réagi en visant les dirigeants de l’organisation terroriste à l’origine de l’attentat. Dans un raid aérien à Rafah, ont été éliminés les dirigeants des Comités de résistance populaire, dont le chef de l’organisation, Kamal Nirab, le commandant de la branche militaire de l’organisation, Imad Hamed, et le commandant de l’organisation dans le sud de la bande de Gaza, Khaled Shaath. Imad Hamed et un autre responsable de l’organisation tué hier, Khaled Masri, ont participé il y a six ans à la planification de l’enlèvement de Guilad Shalit.
L’Egypte dément tout lien avec ces attentats meurtriers et les forces égyptiennes ont patrouillé le long de la frontière pour tenter de localiser les terroristes. Des soldats égyptiens ont été interrogés pour établir s’ils ont aidé les terroristes ou fermé les yeux.
Le Premier ministre Netanyahu a réuni hier soir d’urgence les ministres du Forum des huit pour traiter des événements dans le sud du pays. Les ministres ont examiné d’éventuelles ripostes militaires ainsi que les répercussions de ces attentats. Malgré la colère provoquée par ces événements, on estime pour l’heure qu’Israë l ne lancera pas une opération de grande envergure dans la bande de Gaza. Des responsables politiques affirmaient hier qu’Israë l n’a pas intérêt à déclencher une escalade.
Bien conscient de la faiblesse actuelle du pouvoir égyptien, Israë l ne pointe pas du doigt l’Egypte et ne la blâme pas de ne pas avoir réussi à déjouer les attentats. Israë l devrait aussi s’abstenir d’une attaque massive dans la bande de Gaza pour ne pas nuire à l’Egypte. Toutefois, des responsables politiques estimaient hier que les Egyptiens profiteront de ces événements pour obtenir d’Israë l qu’il autorise le déploiement de forces égyptiennes supplémentaires dans la péninsule du Sinaï.
Dès hier, les événements ont soulevé des interrogations difficiles. En effet, les forces de sécurité avaient été informées qu’un attentat d’envergure se préparait, précisément là où il a été commis. Néanmoins, le déploiement de renforts dans la région et l’état d’alerte dans lequel se trouvaient l’armée et la police n’ont pas permis d’empêcher le lourd bilan.
Suite au raid dans lequel Tsahal a éliminé les dirigeants des Comités de résistance populaire, la situation s’est embrasée autour de la bande de Gaza. Si, jusqu’à présent, le Hamas limitait les tentatives d’autres organisations de tirer des roquettes vers Israë l, il leur a donné hier toute liberté d’agir et, peu après le raid à Rafah, les tirs ont commencé en direction du sud d’Israë l. Le commandement de la défense civile a appelé la population à rester à proximité des espaces protégés et à annuler, dans la mesure du possible, tout rassemblement.