Huit mois après l’incendie du mont Carmel, le Contrôleur de l’Etat pointe du doigt le Premier ministre et trois des ministres les plus importants du gouvernement – le ministre de l’Intérieur, Eli Yishaï, le ministre des Finances, Yuval Steinitz, et le ministre de la Sécurité intérieure, Yitzhak Aharonovitch.
Dans l’ébauche de rapport qu’il a adressée aux personnes visées par l’enquête, le Contrôleur de l’Etat, Micha Lindenstrauss, affirme que ces quatre ministres sont responsables dans une certaine mesure de la chaîne d’événements qui a fait que cet incendie s’est transformé en catastrophe. L’échelon professionnel présent sur le terrain n’est lui non plus pas épargné par le rapport.
Le Contrôleur a envoyé hier l’ébauche du rapport qu’il a rédigé sur cette catastrophe, qui avait fait quarante-quatre morts, à de nombreuses personnes visées par l’enquête pour leur permettre d’y répondre. La loi interdit la publication de cette ébauche, toutefois des personnes qui y ont eu accès affirment qu’y sont mis en cause les services de sapeurs-pompiers, la police, l’administration pénitentiaire et les autres services d’urgence et que le rapport dessine un triste tableau des opérations sur le terrain.
Mais les critiques ne se limitent pas à l’échelon professionnel et le Contrôleur de l’Etat consacre aussi un chapitre à la responsabilité des ministres. Les critiques les plus dures visent le ministre de l’Intérieur, Eli Yishaï, qui, de par ses fonctions, est chargé des services de sapeurs-pompiers. Le ministre des Finances est lui aussi mis en cause, pour avoir traîné des pieds et retardé les budgets destinés aux pompiers.