Le désaccord entre le ministre de la Défense, Ehud Barak, et le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, sur les excuses à la Turquie se transforme en un affrontement plus large. Les deux ministres divergent sur la prolongation des permis de travail accordés à près de trois cent cinquante ouvriers turcs qui travaillent en Israë l dans le secteur du bâtiment.
Tandis que le ministère des Affaires étrangères s’oppose à la prolongation des visas de travail, le ministère de la Défense craint une aggravation de la crise face à la Turquie.
Le cabinet socio-économique restreint doit débattre dans les prochains jours de la prorogation des permis de travail de ces ouvriers turcs qui entrent dans le cadre d’un accord entre les ministères de la Défense turc et israélien. Cet accord, conclu sous le gouvernement Sharon, concernait l’amélioration par l’industrie militaire israélienne de chars de l’armée turque, Israë l s’étant engagé de son coté à accorder des visas de travail à près de trois cent cinquante ouvriers de l’entreprise de construction turque Yilmazlar.
Ces visas sont prorogés toutes les quelques années, mais à présent, et pour la première fois, le ministère des Affaires étrangères a exprimé son opposition. Selon des sources au ministère, la raison à cela est que les propriétaires de l’entreprise ont récemment créé un parti politique avec un ordre du jour anti-israélien. Bien que ce nouveau parti s’oppose au Premier ministre Erdogan, des responsables du ministère des Affaires étrangères ont réuni dans un document une série de déclarations du président du parti, le propriétaire du groupe Yilmazar, qui sont, selon ces responsables, anti-israéliennes voire antisémites.
Le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Emploi, s’est joint à l’opposition exprimée par le ministère des Affaires étrangères et estime lui aussi que les permis de travail de ces ouvriers, dont certains vivent en Israë l depuis plus de cinq ans, ne doivent pas être renouvelés. Pour le ministère de l’Industrie, même si on souhaite prolonger l’accord avec la Turquie, il faut que les ouvriers qui bénéficient des visas, ou l’entreprise, changent. Face à cette opposition, le ministère de la Défense craint que l’annulation des visas n’aggrave la crise face à la Turquie et ne porte préjudice à l’industrie militaire qui se retrouvera exposée à des demandes de dédommagement de la part des Turcs. Au ministère de la Défense on estime que, dans la situation actuelle, annuler les visas reviendrait à adresser un message négatif à la Turquie et à éloigner la solution de la crise entre les deux pays.
Selon des Israéliens liés à l’entreprise en bâtiment, en Turquie on a le sentiment qu’Avigdor Liberman veut utiliser un accord économique afin d’exercer des pressions politiques sur la Turquie. Ce dernier mois, le ministère des Affaires étrangères et le bureau du Premier ministre ont encouragé l’octroi de permis de travail à plusieurs centaines d’ouvriers en bâtiment bulgares et roumains, dans le cadre du resserrement des relations entre Israë l et ces deux pays, sur fond de crise avec la Turquie.