Les Etats-Unis passent à la vitesse supérieure dans leurs tentatives pour réconcilier Israë l et la Turquie. Lors d’une rencontre en fin de semaine dernière à Ankara avec le président turc, Abdullah Gül, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a transmis un message personnel du président Obama au Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan : Les Etats-Unis s’inquiètent de la crise entre la Turquie et Israë l et demandent à la Turquie de faire des efforts pour y mettre un terme.
Alors que l’on annonce une visite du Premier ministre Erdogan dans la bande de Gaza au cours des deux prochaines semaines, Washington attache beaucoup d’importance à la réconciliation entre les deux pays et craint encore une détérioration de leurs relations s’ils ne parviennent pas à un compromis. Les Américains estiment que la réélection de Recep Tayyip Erdogan est l’occasion d’une réconciliation, sa large victoire lui permettant de se montrer plus souple dans ses demandes à l’égard d’Israë l.
Le gouvernement américain n’adresse pas ses demandes uniquement à la Turquie mais fait aussi pression sur Israë l pour qu’il accepte de présenter ses excuses aux Turcs. Alors qu’en Israë l le fait même de présenter des excuses fait débat, face aux Turcs le désaccord porte sur un autre point : la demande israélienne selon laquelle, en marge des excuses, il sera dit qu’Israë l n’endosse pas la responsabilité des incidents et que les soldats impliqués dans l’assaut ne pourront être traduits en justice. Israë l a donné son accord de principe pour contribuer à un fonds qui sera créé par le gouvernement turc, à condition que cela mette fin aux demandes de dédommagement. Ankara ne veut cependant pas promettre que les familles des victimes ne déposeront pas de plaintes contre Israë l auprès de tribunaux à l’étranger.
En attendant, les Turcs font pression sur l’ancien Premier ministre néo-zélandais, Geoffrey Palmer, pour qu’il modère le rapport qu’il a rédigé à la demande du secrétaire général de l’ONU et qui doit être publié fin juillet. Ils espèrent le convaincre de ne pas affirmer que le blocus israélien de la bande de Gaza est légal. Si Israë l et la Turquie ne parviennent pas à un compromis d’ici là , la publication du rapport pourrait être à nouveau reportée.