La loi sur le boycott, qui fait de tout appel à boycotter Israë l ou les colonies un délit civil, a, comme prévu, été votée hier soir par la Knesset en deuxième et troisième lectures. Le vote a quand même donné lieu à une surprise de taille : Le Premier ministre et plusieurs ministres de premier plan étaient absents. « Le Premier ministre Netanyahu ne se sent pas à l’aise avec cette loi et a préféré ne pas la soutenir  », ont expliqué de hauts responsables du Likoud.
A 22h30, l’heure du vote, le Premier ministre était chez lui. Selon des proches qui se sont entretenus avec lui, M. Netanyahu aurait affirmé : « C’est un combat important et légitime, mais c’est une loi qui va un peu loin  ». Pourquoi le Premier ministre a-t-il choisi de s’absenter plutôt que de voter contre la loi ou de la bloquer avant le vote ? Cela il ne l’a pas expliqué.
D’autres membres de premier plan de la coalition ont, comme Netanyahu, décidé de ne pas participer au vote. Parmi eux on peut citer le président de la Knesset, Reuven Rivlin, le ministre de la Défense, Ehud Barak, ou le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liberman.
Hier après-midi, le Premier ministre Netanyahu a demandé à ses collaborateurs de trouver un député de l’opposition qui souhaite lui aussi s’absenter du vote pour que leurs absences se compensent. Au dernier moment, ce député a été trouvé et le Premier ministre a été « dispensé  » de participer au vote sans pour autant violer la discipline parlementaire. Les députés du parti Haatzmaout, dirigé par Ehud Barak, n’ont eux non plus pas voté. Ils avaient fait savoir au préalable qu’ils s’opposaient à la loi mais devraient s’absenter pour ne pas contrevenir aux règles de la coalition.
Après l’adoption de cette loi, on peut s’attendre à de nombreux recours devant la Cour suprême. De nombreuses organisations de gauche ont d’ores et déjà fait savoir qu’elles contesteraient la loi et demanderaient son annulation. Cette bataille juridique fera certainement appel au conseiller juridique de la Knesset, Eyal Yinon, qui a décrit certains points de la loi comme « à la limite de l’anticonstitutionnalité  » mais a affirmé qu’elle pourra être défendue devant la Cour suprême.