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"Lieberman, le raciste, hostile à la paix"
Article mis en ligne le 2 avril 2009

Yasser Abed Rabo, le conseiller du Président palestinien, Mahmoud Abbas, a déclaré que le nouveau ministre des Affaires étrangères israélien est un "obstacle à la paix", et qu’il "causera, avant tout, des dégâts à Israël". "Rien ne nous oblige à des discussions avec Lieberman le raciste, hostile à la paix", a-t-il lancé.

Selon le négociateur palestinien, le Dr. Saeb Arekat, le chef de la diplomatie israélienne "tente de réécrire la feuille de route pour qu’elle s’accorde àson agenda, caractérisé par le refus d’évacuer les implantations, et de négocier sur les questions clé".

Coté américain, on a réagi au discours de Lieberman en réaffirmant le ferme engagement du président Barack Obama "d’agir de façon intensive pour assurer aux Palestiniens un Etat indépendant, démocratique, et vivant en paix aux côtés d’Israë l".

Dans l’entourage du Premier ministre israélien, on assurait que Benjamin Netanyahou avait l’intention de reprendre les négociations avec les Palestiniens, "selon trois axes parallèles : politique, économique et sécuritaire (...) pour faire progresser la paix dans la région".

Diplomatie

Franc virage à droite

Le nouveau ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a prononcé mercredi un premier discours, annonçant clairement que la nouvelle administration ne se voyait pas engagée par le processus d'Annapolis, ni conséquemment, par la solution des "deux Etats pour deux peuples".

Selon lui : "Celui qui veut la paix, doit se préparer à la guerre, doit être fort. Il n'y a aucun pays au monde ayant fait des concessions comme Israël en a fait. Nous avons rendu depuis 1967, des territoires qui font trois fois l'étendue d'Israël. Nous avons prouvé notre bonne volonté. "Oslo" a débuté en 1993, et jusqu'à ce jour je ne vois pas que nous soyons arrivés à la paix. A quel moment Israël a-t-il été populaire dans le monde ? Après la victoire de la guerre des six jours, et non après les 1er, 2e 3e et 4e accords d'Oslo. A Rome, nous devons nous conduire comme de Romains !"

Le chef de la diplomatie israélienne a ensuite précisé que l'Etat Hébreu respectait une "continuité du pouvoir" mais que le seul accord qui engageait Israël était "la feuille de route", autrement dit la résolution 1515 du Conseil de sécurité de l'ONU, le processus d'Annapolis n'ayant jamais, selon lui, fait l'objet d'une quelconque validation officielle par un gouvernement israélien.

Concernant l'Egypte, Avigdor Lieberman - qui avait appelé par le passé le Président Hosni Moubarak à "aller au diable" s'il ne voulait pas venir en Israël - a assuré qu'il se rendrait avec plaisir au Caire, mais qu'il aimerait que le ministre égyptien des Affaires étrangères vienne, lui aussi, en visite à Jérusalem. "Je respecte les autres, et désire être respecté d'eux. Je suis pour le principe de réciprocité" a-t-il encore assuré.

Répondant à la question d'un journaliste sur les pourparlers de paix avec la Syrie, le chef de la diplomatie a affirmé n'avoir "aucun problème à négocier la paix contre la paix, et non en en contrepartie de concessions territoriales".


Défense

Violation de l'espace aérien du Liban

L'armée libanaise a accusé Israël d'avoir violé son espace aérien qui a été survolé, mercredi dans la soirée durant plus d'une heure, par 16 appareils de combat de Tsahal.
Selon Beyrouth, dix avions israéliens ont poussé jusqu'au nord du Liban, alors que six autres survolaient la méditerranée dans la région de Sidon. Jérusalem n'a pas encore réagi à ces accusations.


Guilad Shalit

"Sans quoi, il sera trop tard"

Alors que le nouveau gouvernement hérite du dossier Guilad Shalit, détenu depuis près de trois ans par les terroristes islamistes de Gaza, Noam Shalit, le père de l’otage franco-israélien, a déclaré qu’à son "grand malheur" la négociation s’est transformée en "commerce de bestiaux", au lieu d’être "une priorité nationale absolue".

"Au lieu de s’occuper sérieusement de cette question de façon continue, on entendait régulièrement parler de durcissement ou changement de position" a-t-il ajouté, accusant Olmert d’avoir "étiré comme un chewing-gum" cette affaire pendant trois ans, et estimant aussi que ce dernier était "incapable prendre des décisions dures, et de trancher".

Concernant ses attentes de Benjamin Netanyahou, Noam Shalit a formulé la prière que son fils soit très vite libéré, et déclaré : "Mon message au nouveau gouvernement est qu’il faut agir, immédiatement, sans quoi il sera trop tard. Ce gouvernement n’a pas 100 jours de grâce. Chaque journée supplémentaire que Guilad passe en captivité le met en danger. Nous allons suivre la conduite du Premier ministre pendant les jours qui viennent avant de décider de la suite de nos actions".


Politique

Passation de pouvoirs officielle

La cérémonie de passation de pouvoirs entre l’ancien Premier ministre, Ehud Olmert, et le nouveau chef du gouvernement, Benjamin Netanyahou, s’est tenue ce mercredi matin à la résidence présidentielle de Shimon Pérès à Jérusalem, à laquelle participaient anciens et nouveaux ministres.

Ehud Olmert qui a détaillé dans son discours plusieurs des actions positives de son gouvernement, a cependant déploré n’avoir pas réussi «à réaliser mon rêve d’aboutir à une paix réelle avec nos voisins». «Nous avons beaucoup progressé, sans pouvoir néanmoins finaliser cette tâche» a ajouté l’ancien Premier Ministre.

Il a également confié que l’un des moments les plus durs de son mandat avait été de voir couler les larmes de Karnit Goldwasser, lors du retour des dépouilles d’Eldad Réguev et d’Ehud Goldwasser, assassinés par le Hezbollah, et exprimé son empathie face à la douleur et à la déception de la famille Shalit, dont le fils Guilad est toujours otage des terroristes islamistes de Gaza.


Autorité palestinienne

Arafat empoisonné par Israël ?

Près de cinq ans après sa mort, un congrès de médecins arabes se tiendra ce jeudi en Jordanie pour enquêter officiellement sur les raisons du décès du leader palestinien Yasser Arafat, et notamment pour vérifier l'éventuel bien-fondé des accusations d'empoisonnement formulées alors contre Israël.

Rappelons qu'Arafat, âgé de 75 ans, était tombé gravement malade en octobre 2004, et transporté en urgence, deux semaine plus tard, dans un grand hôpital parisien. Les médecins français avaient attribué sa mort, survenue peu de temps après, à une grave hémorragie cérébrale, mais la femme du défunt, Souha Arafat, avait refusé que soit pratiquée une autopsie.

Très vite, l'Etat hébreu avait été accusé d'avoir empoisonné le Raïs, alors que d'autres thèses évoquaient la maladie du Sida, ou encore le cancer.


Economie

Fermeture et transfert de la production en Chine

Le fabricant israélien d'équipements pour semi-conducteurs, Kulicke & Soffa, implanté dans la région industrielle de Yoknéam, a annoncé la fermeture de son usine de production, "Micro Swiss", qu'elle compte commencer à transférer en Chine dans 3 mois, et fermer définitivement 15 mois plus tard.

170 des 250 employés que compte cette société en en Israël, seront licenciés, seul le service de développement continuant d'y être assuré.

L'impact de la crise mondiale sur cette compagnie, également implantée à l'international, est important, puisqu'elle a déjà licencié 75 de ses employés israéliens en novembre dernier, et qu'elle a l'intention de revendre l'immeuble dans lequel elle est actuellement installée.


Nouvelles brèves

Israël, le 01/04/09

PROCESSUS DE PAIX : L'envoyé spécial au Moyen-Orient du Quartet, Tony Blair, a déclaré que le Premier ministre Netanyahou doit s'engager "maintenant" à faire avancer la solution des "deux Etats pour deux peuples", sans quoi le processus de paix est "menacé d'un grand danger".

AUTORITE PALESTINIENNE : Le premier ministre palestinien Salem Fayyad a déclaré qu'il resterait à son poste, pendant les négociations de réconciliation entre Fatah et Hamas, malgré sa démission donnée le 7 mars, avec, pour date butoir, le 31 du même mois.

DIPLOMATIE : "Celui qui pense que des concessions amènent la considération et la paix, se trompe. C'est le contraire, elles amèneront encore des guerres" a affirmé le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman.

EDUCATION : Un jeune adolescent de 15 ans a été surpris dans le bureau du directeur de son lycée, après les cours. Il a avoué avoir au l’intention de récupérer de l’ordinateur de ce dernier, les épreuves des prochaines interrogations.

SECURITE : 18 Palestiniens recherchés par Tsahal ont été arrêtés au cours de la nuit, à Djénine, Ramallah, Betlehem, et Tulkarem.

SOCIETE : La police a arrêté un responsable de la mairie de Tel-Aviv, soupçonné avoir "inventé" des travailleurs, et récupéré "leurs" salaires.

POLITIQUE : La Commission des Finances de la Knesset a entériné la nomination de Me Dan Landau, au poste de directeur général de la Knesset, un proche de Réouven Rivlin, qui en est le nouveau président.

SOCIETE : La police de Tel-Aviv a arrêté 3 personnes soupçonnées avoir vendu un terrain qui ne leur appartenait pas, dans la région de Guedéra, pour 3,8 millions de shekels.

AUTORITE PALESTINIENNE : Selon Mahmoud Abbas, le dirigeant israélien Benjamin Netanyahou «ne croit pas au processus de paix».


Nouvelles brèves, International

Monde, le 01/04/09

AFGHANISTAN : Un porte parole Taliban a qualifié "d'idée folle" la proposition de Washington d'une "réconciliation honorable" avec les Talibans modérés, précisant que la seule façon de mettre fin au conflit était de retirer les forces étrangères de l'Afghanistan.

AUSTRALIE : «MS City of Rayville», le premier navire américain coulé lors de la 2e guerre mondiale, a été retrouvé dans les profondeurs des eaux australiennes face aux plages sud du pays.

USA : Le volcan Redoubt en Alaska est de nouveau en éruption avec des nuages de fumée qui s’élèvent à 7,260 mètres.

COREE DU NORD : Pyongyang a menacé d’abattre tout avion espion américain qui s’aventurerait à violer son espace aérien, alors que la Corée du Nord a prévu d’envoyer un présumé satellite de communication dans les jours à venir, ce tir étant soupçonné être un essai de missile de longue portée qui pourrait atteindre le nord des Etats-Unis.

PAKISTAN : Au moins douze personnes ont été tuées lors de tirs de missiles, par un avion américain sans pilote, contre un fief de miliciens armés, au nord-ouest du Pakistan, à proximité de la frontière afghane.

FRANCE : Edouard de Rothschild, qui détient 38,8% du capital du quotidien Libération, a été promu président de son conseil de surveillance.


Médias et Internet

Un défi: se débarrasser des insurgés afghans

© LE TEMPS - Richard Werly
La conférence internationale de La Haye s’est achevée mardi sur un constat sans cesse réitéré à Kaboul: gagner la guerre militairement ne suffira pas. Explications.
«Promouvoir la bonne gouvernance, consolider le développement économique, mieux combattre le trafic de drogue».

Réunis mardi à La Haye, les représentants des 80 pays et organisations conviés au chevet de l’Afghanistan ont calqué leurs conclusions sur un adage sans cesse entendu à Kaboul: gagner militairement la guerre ne suffira pas pour rétablir une paix durable et venir à bout de l’insurrection.

«Nous manquons terriblement d’une stratégie civile coordonnée, confirmait-on hier dans l’entourage du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Or le défi de 2009 est en priorité politique.» Dans le collimateur? Les élections générales du 20 août et les accusations de corruption portées contre le président sortant Hamid Karzaï, candidat et jugé grand favori, malgré ses relations tendues avec la nouvelle administration américaine et son émissaire pour l’Afghanistan et le Pakistan, Richard Holbrooke. «Plus que jamais, notre objectif doit être de rendre les clés aux Afghans en laissant derrière nous un Etat stable», juge Pierre Lellouche, représentant spécial français. «Ce qu’il faut, c’est déraciner les talibans», complète le porte-parole de l’ONU à Kaboul, Adrian Edwards.

La réunion de La Haye devait moins accoucher de décisions que de recommandations pour la coalition, après la révision de la stratégie américaine et l’envoi de renforts supplémentaires annoncés par Barack Obama le 27 mars, et avant le sommet de l’OTAN des 3 et 4 avril à Strasbourg-Kehl. Quatre priorités en résultent: l’intensification de la formation de l’armée nationale afghane (ANA), la reprise en main de la police (lire ci-dessous), la nécessité d’une approche régionale et le grand retour de l’aide civile et humanitaire, trop délaissée au profit du déploiement des 70 000 soldats de la Force internationale d’assistance et de sécurité (ISAF) et de l’opération «Liberté immuable» de lutte contre les talibans et Al-Qaida.

Le chantier de l’armée est désormais la priorité de l’OTAN. Avec, sans le dire, un nouveau partage des rôles: «A la coalition de former et d’encadrer les militaires afghans explique un officier de l’ISAF. Aux Américains, aidés de quelques pays volontaires, la contre-insurrection.» Le secrétaire général de l’Alliance, Jaap de Hoop Scheffer, a demandé à La Haye la création d’un fonds pour la formation de l’ANA, qui doit passer de 80 000 soldats actuellement à près de 140 000. Cette mission repose pour l’essentiel sur les Operating and Mentoring Liaison Teams (OMLT), équipes d’instructeurs intégrées aux bataillons afghans. L’OTAN estime son coût à 2 milliards de dollars par an.

L’autre acquis de La Haye est la prise en compte de la dimension régionale. Le président Barack Obama a consacré cette priorité le 27 mars, en annonçant – sous condition – un triplement de l’aide américaine au Pakistan, à 1,5 milliard de dollars par an d’ici à 2014. Les présidents afghan et pakistanais se rencontreront ce mercredi à Istanbul, sous l’égide de la Turquie. Mais une nouvelle équation s’est ajoutée à La Haye: celle de l’Iran, invité pour la première fois à un tel sommet. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères y a affirmé que son pays était «prêt à participer à la reconstruction», en évoquant la nécessité d’un départ des troupes étrangères et d’une «afghanisation». Une rencontre «fortuite» a eu lieu avec Richard Holbrooke. «Or discuter avec Téhéran, cela veut dire préparer le futur», estime un diplomate.
Le retour aux réalités semble enfin s’imposer dans le domaine de l’aide civile, alors qu’Oxfam et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) tirent le signal d’alarme sur la «vulnérabilité des populations». Plus d’un million d’enfants, selon Oxfam, seraient menacés de malnutrition. Le soutien à l’agriculture et la reconstruction des infrastructures étaient à l’agenda de La Haye. Mais «l’efficacité de l’aide» qui doit être «améliorée», selon le communiqué final, demeure le point noir: «Les structures militaires et civiles se superposent», déplore-t-on à l’ONU. Où l’on reconnaît un problème majeur: difficile de réorganiser l’assistance internationale, ou d’imposer des conditions trop strictes, tant que les élections d’août n’auront pas eu lieu.

© LE TEMPS - Richard Werly