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Les pays Arabes font part aux Occidentaux de craintes sur l’Iran
Le Point | Reuters
Article mis en ligne le 9 novembre 2008

Les pays arabes modérés se sont ouverts aux Etats-Unis et àl’Union européenne de leurs inquiétudes concernant l’influence croissante de l’Iran au Moyen-Orient. Cet échange a eu lieu àCharm el Cheikh en marge d’une réunion du "quartet" des médiateurs internationaux pour le Proche-Orient visant àfaire le point du processus de paix israélo-palestinien un an après la conférence d’Annapolis.

Ont participé àla discussion sur l’Iran les ministres des Affaires étrangères d’Egypte, des Emirats arabes unis, de Bahreïn, du Maroc et de Jordanie ainsi que la secrétaire d’Etat américaine Condoleeza Rice, l’émissaire diplomatique européen Javier Solana et Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, dont le pays préside l’UE.

Solana a déclaré aux participants que les négociations des grandes puissances avec l’Iran sur son programme nucléaire étaient "dans une impasse" et qu’il attendait une réponse de son interlocuteur iranien Saeed Jalili àsa proposition de le rencontrer ànouveau, pour la première fois depuis juillet.

Selon un participant àcet échange de vues qui souhaite garder l’anonymat, le chef de la diplomatie jordanienne a surpris par sa vigueur en soulignant que, si le dossier du nucléaire iranien était devenu un problème pour les Occidentaux, "la quête hégémonique de l’Iran" dans la région constituait depuis longtemps aux yeux des Arabes la véritable "crise".

Il a notamment dénoncé l’accroissement de l’influence du régime théocratique de Téhéran en Irak, au Liban, en Syrie et auprès de groupes radicaux palestiniens comme le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza.

LE MINISTRE RUSSE ABSENT

Selon le même participant, Solana et Kouchner ont semblé surpris de la franchise et de la véhémence des ministres arabes dans la formulation de leurs griefs.

Un responsable américain a pour sa part déclaré que Rice avait pris note de la crainte de la part des pays arabes modérés que l’Occident, et particulièrement les Européens, négligent leurs préoccupations face aux appétits régionaux prêtés àl’Iran chiite.

Selon Solana, cette réunion avec les ministres arabes s’est tenue àleur propre demande àla faveur de la présence dans la station balnéaire égyptienne de la mer Rouge des membres occidentaux du "quartet" de médiateurs pour le Proche-Orient.

Celui-ci est composé des Etats-Unis, de l’Union européenne, de la Russie et des Nations unies. Mais le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui participé àla réunion du "quartet" n’a pas pris part àcelle avec les ministres arabes.

Face àTéhéran, Solana représente six puissances - France, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, Chine et Russie - qui pressent l’Iran de cesser ses activités nucléaires sensibles sous peine de nouvelles sanctions, auxquelles Pékin et Moscou se montrent toutefois réticents.

Lors de sa première conférence de presse depuis son élection àla présidence américaine, Barack Obama a jugé vendredi "inacceptable" la mise au point éventuelle par l’Iran de l’arme nucléaire et exhorté la communauté internationale àl’empêcher.

Le président du parlement iranien, Ali Larijani, lui a répondu en l’invitant à"un changement changement fondamental" d’attitude, soulignant que "réitérer les objections au programme nucléaire iranien serait accomplir un pas dans la mauvaise direction".

Lors de sa campagne électorale Obama n’a pas exclu de discuter directement avec les dirigeants iraniens, y compris du dossier nucléaire.