Plus jamais ça !  » : le slogan a pour lui l’évidence de l’indignation morale, et il est inévitable qu’il surgisse lorsqu’un désastre survient dont on se sait d’une manière ou d’une autre responsable. N’est-elle pas intolérable, cette horreur-là , celle qui nous saisit actuellement et avec laquelle on se débat, comme c’est le cas aujourd’hui à Gaza ? Mais quelle répétition ou quel retour conjure-t-on ? L’expression, on le sait bien, fait signe vers la Shoah. Mais la référence est d’autant plus efficace qu’elle reste implicite, distendue. L’horreur a beau avoir ses degrés, on entend dire que lutter contre relève d’un impératif moral universel, qui ne supporte pas la discrimination. Le ça de « Plus jamais ça !  » recouvrira tous les massacres de façon indistincte, et verra son acuité s’évanouir.
Plus jamais ça !
K
Article mis en ligne le 6 mars 2024