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Chronique de Michaë l Bar-Zvi | Zaïn Be Adar bet 5776 -17 mars 2016
Article mis en ligne le 16 mars 2016
dernière modification le 17 mars 2016

Boker tov amis auditeurs de Radio J. Vladimir Poutine vient encore de nous donner une leçon de géopolitique et nous a rappelés qu’il est maintenant le patron dans la région. L’annonce du retrait des troupes soviétiques de Syrie est un message clair et fort non seulement àBachar el Assad mais surtout àTéhéran, car la stratégie de l’alliance Syrie-Iran-Hezbollah consiste àsanctuariser le conflit afin qu’il dure le plus longtemps possible. L’objectif de cette coalition n’est pas de combattre les djihadistes, mais de neutraliser les opposants au régime en place àDamas.

Poutine a rejeté la demande des Iraniens de continuer la guerre àtout prix, et non de parvenir un accord de cessez-le-feu. La décision du président russe de se joindre au processus d’accalmie proposé par les Américains ne signifie pas encore que Poutine est en train de lâcher Assad, car les bases aériennes et maritimes russes vont rester en fonction, en revanche elle a pour but de faire comprendre àAssad que son destin est entre ses mains et non entre celles de Rohani ou d’Obama.

Comme on l’a vu ces dernières semaines Poutine a une manière très délicate d’expliquer les choses et ne lésine pas, comme on dit, sur les moyens « pédagogiques  » qu’il met en Å“uvre pour atteindre ses objectifs. Il a identifié les énormes failles et la faiblesse endémique de la politique étrangère américaine et en parfait joueur d’échecs il a placé ses pions. En l’espace de quelques mois, il a redessiné les contours du Proche-Orient, et est en train de faire imploser la stratégie de l’OTAN, fondée sur une alliance entre les pays occidentaux, la Turquie et l’Arabie saoudite.

Il a exigé le retrait des avions saoudiens de Turquie en échange du retrait de ses troupes. Le régime d’Ankara fait face àune vague de terrorisme meurtrier qui répond coup par coup àla violence d’Erdogan, le neutralisant ainsi comme partenaire d’un règlement futur. L’impéritie d’Obama, et les mièvreries de l’Union européenne face aux débordements d’Erdogan, et àl’instauration d’un pouvoir tyrannique animée d’une idéologie proche de celle des Frères musulmans sont en train de mettre en pièces l’unique grand pays démocrate musulman.

Poutine a compris qu’il fallait remettre àsa place le mégalomane effronté d’Ankara. Même s’il a tenu Israë l au courant de sa décision de retrait, le président russe a affirmé lors d’une rencontre avec son homologue israélien Reuven Rivlin qu’il entendait maintenir un dialogue permanent avec le gouvernement de Jérusalem sur les questions sécuritaires. Malgré les divergences qui existent entre la Russie et Israë l sur de nombreux sujets, les liens ne sont pas rompus et les échanges économiques n’ont jamais été aussi importants.

Personne en Russie ne manifeste àla sortie des supermarchés pour appeler au boycott des produits israéliens ou procéder àun étiquetage de denrées en provenance de Judée-Samarie ou du Golan.

Poutine a bien sà»r saisi qu’Obama, dans la dernière ligne droite, se concentre uniquement sur l’amélioration de son image post-présidentielle et n’a aucune intention de la mettre en danger en engageant les Etats-Unis dans une nouvelle stratégie, dont les enjeux ne sont pas exempts de risques et de dangers.

Poutine a bien fait comprendre au locataire de la Maison Blanche que c’est lui qui possédait les clés d’une solution. Le seul problème pour Israë l c’est que le seul trophée qui pourrait encore orner le palmarès d’Obama avant la fin de son mandat serait de faire pression sur Netanyahou pour régler ses comptes ouverts avec lui depuis plus de sept ans. Nouveau bras de fer en perspective.