Self-righteous, dit-on en anglais. Plus qu’hypocrite et moralisateur, plus que bien-pensant : le self-righteous est un Socrate qui, contrairement à l’autre, saurait qu’il sait tout. La réalité, chanceux qu’il est, ne porte à ses yeux aucune ombre. Et forcé une fois de temps en temps de partager la condition des « mauvais  », que ces derniers connaissent le doute ou fassent preuve d’un dogmatisme contraire au sien, forcé donc de retourner dans la Caverne parce qu’après tout il est quand même humain et doit bien se nourrir, gagner sa vie, copuler, aller à la salle de sport, briller en société, il se taira alors, gratifiant au mieux ses semblables d’un petit sourire en coin qui veut dire « Je sais  » et dispense de tout débat avec cette plèbe – ou bien leur hurlera dessus parce qu’il a raison, oui, parfaitement raison, et que quand on a raison, on a le droit non seulement de mépriser ceux qui ont tort, mais encore de les terroriser. Tel est le secret de BDS.
BDS ou la self-righteous unanimité - Les ravages de la campagne BDS aux Etats-Unis.
David Isaac Haziza | La Règle du Jeu
Article mis en ligne le 26 décembre 2015