« M. le rédacteur en chef, je ne voudrais surtout pas vous manquer de respect, mais en ma qualité de représentant du gouvernement de l’État d’Israë l, je suis en charge non seulement de la sécurité de mes concitoyens, mais encore de leur dignité. Vous venez de publier, à quatre reprises, des lettres anonymes émanant, paraît-il, de soldats israéliens qui confesseraient des manquements au droit de la guerre. L’un d’eux avoue même avoir eu du plaisir à tirer sur des civils. Je m’interroge sur la sincérité d’un individu qui non seulement aurait éprouvé ce honteux plaisir, mais encore en tirerait profit pour rejeter la faute sur son armée. Je m’interroge encore davantage sur l’honnêteté d’une organisation qui se propose bruyamment de « rompre le silence  » avec des méthodes aussi peu fiables tout en acceptant de recevoir des subsides arabes.
A Monsieur le Rédacteur en chef d’un journal crépusculaire
Gilles William Goldnadel
Article mis en ligne le 14 mai 2015