Ce qui est survenu dimanche dans l’installation nucléaire illicite de l’Iran à Parchin n’est pas encore clair. Selon des sources iraniennes, il y a eu une grosse explosion qui a ébranlé la zone dans un rayon de 15 km autour de l’installation. Deux personnes auraient été blessées. Selon l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) et Israë l, l’installation de Parchin est une composante clé du programme militaire nucléaire suspect de l’Iran. C’est à Parchin que l’Iran construirait un engin nucléaire explosif – à savoir une tête nucléaire militaire.
Le moment de l’explosion est remarquable. Dans la nuit de lundi, une délégation de l’AIEA a atterri à Téhéran pour un nouvel épisode de pourparlers programmé mardi. L’exigence de l’ONU d’inspecter Parchin était censée être l’un des principaux éléments des pourparlers. Selon ce timing, il est sà »rement possible que les Iraniens aient mis en oeuvre cette explosion eux-mêmes comme moyen d’empêcher l’AIEA d’obtenir l’accès.
Mais supposons vraie hypothèse automatique largement soutenue qu’Israë l fà »t derrière l’explosion à Parchin. Le fait est que de manière à détruire le programme d’armes nucléaires de l’Iran, ou pour retarder sérieusement son achèvement, des dizaines, si ce n’est des centaines de cibles supplémentaires doivent être frappées et détruites.
L’Iran a mis en sécurité son programme nucléaire illicite en dispersant et en répliquant des installations nucléaires à travers le pays. Si la bombe de Parchin est l’œuvre d’Israë l, elle doit être considérée seulement comme une autre frappe dans la campagne présumée d’Israë l – et sinueuse si c’est vrai – de destruction de la capacité de l’Iran de développer des armes nucléaires.
Au rythme sporadique de la campagne hypothétique où progresse Israë l, nous ne pourrions avoir que peu de confiance en de telles explosions isolées pour qu’Israë l soit en mesure d’empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires dans un futur proche.
L’une des principales raisons pour lesquelles les présumées frappes d’Israë l sur l’Iran ont été aussi léthargiques, c’est parce que les USA s’y opposent. Comme nous l’avons observé ces dernières années, le gouvernement Obama a été une passoire d’informations vers les media au sujet des frappes secrètes d’Israë l en Iran. Pour neutraliser avec succès les installations nucléaires de l’Iran par des actes de sabotage, Israë l a besoin de dissimuler ses efforts aussi bien aux USA qu’à l’Iran.
A la lumière de ces contraintes, Israë l doit envisager d’étendre l’objectif de sa politique à l’égard de l’Iran, passant d’un simple affaiblissement du projet nucléaire de l’Iran à l’arrêt complet de celui-ci, en renversant le régime. Il y a beaucoup de raisons pour croire que le renversement du régime est une option réaliste.
D’abord et avant tout, face au choc et à l’étonnement du monde entier, après les élections présidentielles en Iran volées en 2009, le « Mouvement Vert  » s’est levé spontanément et était proche de renverser le régime. Des millions d’Iraniens de toutes origines ethniques et de tout le pays se sont levés contre le régime. Ils ont manifesté autour des candidats présidentiels Seyyed Mir-Hossein Mousavi et Mehdi Karroubi et exigé que la mollacratie soit remplacée par une démocratie.
Si le gouvernement Obama avait soutenu le Peuple iranien plutôt que le régime, il est probable que le Corps des Gardes de la Révolution Iranienne (CGRI) et le dictateur suprême Ali Khamenei auraient achevé il y a six ans leur programme nucléaire et leur réseau terroriste mondial.
Le Dr. Michael Ledeen, chercheur à la Fondation pour la défense des démocraties basée à Washington, a suivi de près le régime iranien depuis qu’il a servi le gouvernement Reagan dans les années 1980. En 2009, il a mis en avant que même sans l’assistance des USA, si Israë l avait voulu aidé le « Mouvement Vert  » avec peu d’efforts, il aurait conféré assez de force à l’opposition pour renverser le régime. Cette semaine dans un entretien, Ledeen déclara qu’Israë l a encore la capacité d’apporter aux forces d’opposition les outils pour renverser le régime.
Aujourd’hui, avec un Khamenei présumé gravement malade, le consensus dominant est que l’Iran est déjà au milieu d’une crise de succession. Comme le voit Ledeen, les ayatollahs radicaux se tournent vers l’IRGC et la famille de Khamenei pour lui succéder. Le président Hussein Rouhani cherche aussi à conquérir le trône tout puissant de Khamenei. Dans le même temps, alors que l’Iran entre dans cette période d’incertitude politique, le régime lui-même est plus impopulaire que jamais. Rouhani a été élu l’an dernier sur la base de sa promesse d’étendre les libertés en Iran. Depuis qu’il est en poste, la répression, et pas la liberté, s’est étendue.
Au cours de l’année passé, le nombre d’exécutions et d’arrestations de masse par le régime est monté en flèche. De même, le nombre de prisonniers politiques iraniens soumis à la torture a augmenté. Malgré la promesse de Rouhani de les libérer, Moussavi et Karroubi, placés en état d’arrestation à domicile en 2011, n’ont pas été libérés.
La semaine dernière, la famille de l’ayatollah Hossein Kazemeyni Boroujerdi a annoncé que le chef religieux a été informé qu’il est sur le point d’être exécuté par le régime. Boroudjerdi a déjà fait 8 ans de prison sur 11 pour avoir rejeté la légitimité religieuse du régime, et exigé, en s’en tenant à la jurisprudence shiite, son renversement et son remplacement par une démocratie séparant la mosquée de l’Etat. Boroujerdi jouit d’un soutien massif en Iran. Sa bravoure face à la répression du régime est à couper le souffle. Depuis son arrestation, Boroujerdi a été soumis à des tortures barbares. Et pourtant, plutôt que de renoncer, comme le régime l’exige, il a fait passer en, contrebande des lettres vers le monde hors de la prison démontrant l’état lamentable des droits de l’homme en Iran, et l’hérésie au cœur du régime.
Ledeen déclare qu’une campagne israélienne pour souligner la souffrance des prisonniers politiques et des dissidents iraniens qui comprendrait des condamnations publiques constantes du régime, des appels à la libération des prisonniers politiques et le soutien à davantage de liberté, en particulier pour les femmes, aurait un impact majeur aussi bien dans le monde qu’en Iran.
Si une telle campagne était couplée à la fourniture de matériel de communication à l’opposition, pour permettre à ses dirigeants et à ses partisans de passer au travers des pare-feu du régime et de communiquer librement les uns avec les autres, ses chances de succès augmenteraient. De même, l’apport de soutien financier et autre aux syndicats iraniens comprenant un soutien international pour le rejet du régime et la diffusion d’informations exactes, en étendant, entre autres choses, le temps de diffusion dédié au service en persan de « Voice of Israë l  », cela renforcerait les opposants au régime.
Ledeen se rit du souci que le soutien israélien aux opposants au régime reviendrait en boomerang contre eux et renforcerait le soutien public au régime. Comme il dit : « Des opposants au régime sont toujours accusés d’être de mèche avec Israë l et les USA, aussi obtenir leur soutien ne modifie pas le risque, et en fait les renforcera… L’opposition est sà »rement étonnée de ne pas avoir d’aide de la part d’Israë l  ». La stratégie de Ledeen implique un soutien israélien politique et financier aux opposants au régime.
Une stratégie différente de renversement du régime a été mise en avant par Nicholas Saidel dans un article publié le mois dernier par le magazine en ligne ‘Mida’. Saidel recommandait à Israë l d’adopter une politique plus impliquée de soutien direct aux mouvements de libération opérant à l’intérieur de l’Iran. Saidel remarquait que des minorités irrédentistes opprimées – dont les Azéris, les Kurdes, les Arabes Ahwazi et les Baloutches, constituent ensemble plus d’un tiers de la population de l’Iran. Il suggère de renverser le régime et de découper l’Iran en un nombre de plus petits Etats qui seront trop faibles pour menacer Israë l.
Saidel note que ces quatre minorités ont coopéré avec Israë l par le passé. Certaines se sont prononcées ouvertement en faveur d’Israë l qui a les moyens selon lui de les aider aujourd’hui de manière significative, ce qui au minimum affaiblira le régime et limitera sa capacité à nuire à Israë l.
Entre les deux options, l’inconvénient potentiel de Saidel est bien plus élevé. Le spectre de forces jihadistes petites et puissantes le long des limites de l’Etat Islamique avec les Taliban installés au pouvoir en Iran Glick dixit est troublant. Mais même dans ce cas, la récompense de la destruction du régime et donc de l’arrêt du programme nucléaire de l’Iran et de son parrainage du Hezbollah, du Hamas et d’autres groupes terroristes jihadistes serait énorme.
Sans égard à la façon dont on évalue le risque de chaque stratégie politique de soutien aux opposants au régime, étant donné le risque qu’un Iran doté de l’arme nucléaire constitue pour Israë l, la préférence évidente du gouvernement Obama pour un Iran nucléaire disposant de l’arme nucléaire par rapport à une frappe israélienne contre les installations nucléaires de l’Iran, et les menaces sans cesse croissantes posées par les substituts terroristes de l’Iran, il apparaît que les risques associés soit à l’adoption de l’approche de Ledeen, soit à celle de Saidel, ou aux deux, sont bien plus faibles que le risque de laisser l’Iran devenir membre du club nucléaire.
Hélas, les “grosses légumes†de la sécurité d’Israë l semblent totalement dépourvus d’une pensée créative ou même d’une pensée tridimensionnelle concernant l’Iran. Dans un entretien dans le Ma’ariv publié vendredi dernier, le Chef d’Etat Major de Tsahal, le Lt-Général Benny Gantz a déclaré que les sanctions internationales ont convaincu l’Iran que son projet nucléaire nuisait à son régime.
Ce dont les sanctions les ont vraiment convaincus, c’est que cela valait vraiment la peine de prétendre être intéressés par un accord nucléaire de façon à assouplir ou mettre fin aux sanctions. Agir ainsi ne les empêchera pas d’acquérir des armes nucléaires mais restaurera la viabilité économique de l’Iran.
Au cours de la décennie passée, des tentatives pour obtenir de la part des chefs militaires israéliens d’envisager seulement un programme d’assistance aux opposants au régime sont restées sans effet. Le temps est venu de reconsidérer ce refus. Dans ses remarques publiques récentes sur l’Iran, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a mis en avant de façon répétée et avec raison que le régime iranien est plus dangereux pour la sécurité mondiale que l’Etat Islamique. Mais il s’est abstenu de mentionner que le régime iranien est aussi dangereux que ceux vivant sous sa botte ainsi que l’Etat Islamique l’est pour ceux qui passent sous sa férule.
Si Netanyahou avait relevé la promesse de Boroujerdi dans son discours à l’ONU, Boroujerdi ne serait plus en danger comme il l’est déjà . De même, les sept jeunes Iraniens condamnés le mois dernier à des peines de prison avec sursis et à 91 coups de fouet pour avoir osé mettre en ligne une vidéo sur Internet les montrant en train de chanter la chanson de Pharrell Williams « Happy  », ne seront plus malheureux et opprimés si des dirigeants israéliens se levaient pour leur droit au bonheur.
Ledeen notait : « J’ai rarement vu une politique qui soit à la fois stratégiquement et moralement impérative, mais [soutenir les opposants intérieurs au régime iranien] est sà »rement l’une d’elles  ».
Nous pourrions ne jamais savoir ce qui s’est vraiment passé dimanche soir à Parchin. Mais nous savons sà »rement qu’il faudra des centaines d’explosions mystérieuses supplémentaires pour les empêcher d’obtenir la bombe. Et même si de telles explosions avaient lieu, aussi longtemps que le régime restera en place, il y a toute raison de penser que ces réalisations resteront sans signification à long terme.
L’Iran est le plus grand ennemi d’Israë l. Entre son soutien au Hezbollah et au Hamas et son programme nucléaire, elle menace Israë l plus gravement que tout autre Etat aujourd’hui. La meilleure manière de mettre fin à ces menaces, ce n’est pas de nous battre encore une fois avec ses substituts. Il faut aller à la source du problème.
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