La presse israélienne a consacré cette semaine une place importante à l’éventualité d’une relance prochaine des négociations israélo-palestiniennes, dans le contexte de la visite du secrétaire d’Etat américain John Kerry dans la région. John Kerry a entamé sa tournée diplomatique par un entretien avec le Premier ministre Benyamin Netanyahou, jeudi 27 juin à Jérusalem. Le lendemain, il devait rencontrer le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Amman, puis retourner éventuellement à Jérusalem pour un deuxième entretien avec Netanyahou, le même jour, avant de repartir en Jordanie.
Lors d’une conférence de presse au Koweït tenue à la veille de son arrivée en Israë l, Kerry a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de fixer une date butoir inflexible à la reprise des pourparlers, mais qu’il comptait néanmoins marquer une avancée dans le processus avant l’Assemblée générale des Nations Unis, en septembre prochain.
Auparavant, et durant toute la semaine, la presse israélienne abondait d’informations, parfois contradictoires, sur les conditions et le déroulé de la reprise des négociations.
Selon certaines sources, Mahmoud Abbas aurait pour la première fois, sous la pression américaine, accepté de renoncer à l’une de ses conditions préalables pour la reprise des négociations, à savoir, que les pourparlers se tiennent sur la base des lignes de 1967 et que les frontières de l’Etat palestinien soient essentiellement déterminées avant même l’ouverture des discussions.
Selon d’autres informations publiées plus tard dans la semaine, Abbas n’exige effectivement plus que Netanyahou lui remette une carte avec les frontières de l’Etat palestinien avant le début des négociations, mais serait prêt à se contenter d’un engagement de Kerry (ou d’une déclaration israélienne, selon une autre version) l’assurant que les Etats-Unis considèrent que les frontières de l’Etat palestinien doivent se baser sur les lignes de 1967 avec échange de territoires.
De même, Abbas n’exigerait plus que Netanyahou annonce publiquement le gel des constructions dans les colonies, et accepterait un gel officieux de la colonisation, ce qui est effectivement le cas depuis trois mois. De son côté, Netanyahou serait désormais prêt à céder à la demande d’Abbas de libérer 120 prisonniers incarcérés en Israë l depuis plus de 20 ans.
Toutefois, et malgré ce qui semble être un rapprochement entre les positions israélienne et palestinienne, la presse n’est pas optimiste quant aux chances pour que la tournée actuelle de John Kerry aboutisse à la relance des pourparlers. Les commentateurs estiment en effet que les deux parties n’aspirent pas sincèrement à la reprise du processus, mais cherchent à faire porter à la partie adverse la responsabilité de son échec, Abbas prévoyant de s’adresser unilatéralement à l’ONU pour obtenir la reconnaissance de son Etat dès que cet échec aura été entériné. La presse considère que le maximum que puisse obtenir John Kerry serait l’organisation d’une rencontre tripartite au sommet avec Netanyahou et Abbas, à Amman. A l’heure actuelle, les chances qu’une telle évolution voit le jour demeure cependant très faibles.