« Le bras de fer entre la Russie et l’Occident risque de mettre le feu au Moyen-Orient  », titrait mercredi le quotidien de centre droite Maariv au surlendemain de la décision de l’Union européenne de lever l’embargo d’armes vers la rébellion syrienne et de l’annonce par Moscou de la livraison de batteries antiaériennes de type S-300 au régime alaouite.
Les journaux rapportent la déclaration du ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, qui accuse l’Europe de s’ingérer dans le conflit. De leur côté, les Britanniques ont précisé que la levée de l’embargo ne signifiait pas qu’ils avaient l’intention, dans l’immédiat, d’armer les rebelles dans l’immédiat. Cité par le Yediot sous couvert de l’anonymat, un diplomate britannique a fustigé le soutien de Moscou au régime d’Assad, alors que Washington a de son côté salué la décision de l’UE et exprimé son étonnement suite aux déclarations russes. 2 Les médias israéliens, qui réservent depuis plusieurs semaines un traitement particulier à l’actualité syrienne, restent toutefois assez neutre, bien qu’inquiets, dans la couverture des événements, alors que les autorités israéliennes semblent ne pas vouloir non plus se prononcer en faveur des insurgés ou du régime Assad.
La radio israélienne annonçait ainsi que le Premier ministre Benyamin Nétanyahou avaient ordonné à ses ministres de ne pas s’exprimer sur le dossier syrien pour tenter d’apaiser les tensions avec la Russie et la Syrie. Ce mot d’ordre intervient après que le ministre de la défense israélien, Moshé Yaalon, a affirmé qu’Israë l « saurait quoi faire  » si les missiles russes arrivaient à destination. Le ministre des Affaires stratégiques, Youval Steinitz, avait auparavant estimé que les armes russes livrées au régime syrien n’étaient pas « simplement défensives  ». Le ministre israélien de l’Eau et de l’Energie, Silvan Shalom, a pour sa part déclaré jeudi qu’Israë l ne voulait pas provoquer « d’escalade  » militaire avec la Syrie mais ne permettra pas le transfert d’armes « stratégiques  ».
Ces déclarations font suite à une interview du Président syrien Bachar Al-Assad à la chaîne de télévision libanaise du Hezbollah, dans laquelle il reconnaît implicitement avoir reçu de la Russie le système de missiles russe S300, et se déclare prêt à « ouvrir un front de la résistance au Golan  ». Cependant, malgré les déclarations du Président syrien, les autorités israéliennes estiment que la Syrie n’a pas encore reçu la première batterie de missiles S300.
Par ailleurs, le Maariv de ce jour livre que lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine, Netanyahou aurait mis en garde Poutine contre la livraison de S300 à la Syrie, lui faisant comprendre qu’Israë l les détruirait en cas de livraison. Selon le journal, Netanyahou essaie de dissuader Poutine de la livraison des S300 en s’appuyant sur la logique suivante : (1) Si les missiles sont livrés, Israë l devra attaquer et une guerre éclatera entre lui et la Syrie (2) cela entraînerait la chute du régime d’Assad (3) la Russie comme Israë l ne veulent pas la chute d’Assad. Conclusion : il ne faut pas livrer les S300 à Assad.