Cette semaine a vu un tournant dans les tractations en vue de la formation du nouveau gouvernement. Face à la fermeté sans faille de l’alliance entre Naftali Bennet et Yaïr Lapid, il semble que Binyamin Netanyahu et son équipe de négociateurs aient enfin intériorisé le fait qu’in fine, le Likoud-Beiténou n’aura pas d’autre choix que de former une coalition avec Yesh Atid et le Foyer Juif, sans les ultra-orthodoxes.
Les négociations entre le Likoud-Beiténou et ces deux partis ont donc repris de plus belle, alors que le temps légal de 28 jours pour la formation du nouveau gouvernement s’épuisera samedi. Netanyahu sera obligé alors de demander au président de l’État Shimon Pérès la rallonge légale de 14 jours – qu’il obtiendra sans doute, comme le veut la tradition. Dans ce contexte, il faut noter que des responsables américains ont fait savoir à leurs homologues israéliens qu’en l’absence d’annonce d’une nouvelle coalition avant le 16 mars, la visite de président Obama en Israë l sera annulée – perspective inquiétante pour le gouvernement israélien.
Des négociations entre le Likoud-Beiténou et Yesh Atid, il ressort que ce dernier s’est donné pour objectif de mener à la formation d’un gouvernement excluant les partis ultraorthodoxes, avec ou sans un accord sur la conscription pour tous. En effet, Yesh Atid explique que des désaccords profonds entre lui et les ultra-orthodoxes, non seulement sur la question de leurs conscription et intégration sur le marché du travail, mais également sur celle de l’introduction des matières fondamentales (anglais et mathématiques) dans leur système éducatif ainsi que d’autres pommes de discorde, empêchent leur cohabitation au sein d’un même gouvernement.
Sans doute, Lapid cherche à satisfaire son électorat, qui souhaite de tous ses vœux voir la fin de la mainmise des ultra-orthodoxes sur d’importants budgets qu’ils ont obtenus au fil des années grâce à leur rôle de fléau de la balance entre la gauche et la droite. Le Likoud-Beiténou a proposé pour sa part aux ultra-orthodoxes de rejoindre le gouvernement dans un deuxième temps, lorsque la question de la conscription aura été réglée ; or les ultra-orthodoxes rejettent du tout au tout cette solution, puisque la question de l’égalité des charges est essentielle pour eux, et que d’ici là , tous les portefeuilles qui leur sont chers (le Logement, l’Intérieur, les Cultes, l’industrie et le Commerce & l’Emploi) auront été distribués.
Le Foyer Juif a pour sa part exigé de revoir l’accord signé la semaine dernière entre le Likoud-Beiténou et Hatnua de Tzipi Livni, notamment afin de retirer à Mme Livni certaines de ses compétences exclusives pour la gestion du processus de paix israélo-palestinien. Faute de choix, cette demande du Foyer Juif aurait été acceptée par le Likoud-Beiténou.
Par ailleurs, au milieu de cette semaine le Likoud-Beiténou essayait encore de convaincre le parti travailliste de rejoindre sa coalition, ce qui lui aurait permis de former un gouvernement sans Bennet & Lapid et avec les ultra-orthodoxes.
Selon la presse, Netanyahu serait allé jusqu’à proposer au PTI les Finances, l’Industrie, le Commerce & l’Emploi ainsi que les Affaires sociales, tout en garantissant à Binyamin Ben Eliezer la présidence de l’État après Pérès. Malgré cette offre particulièrement généreuse, Shelly Yechimovitch insiste pour rester dans l’opposition, soutenant que les différends idéologiques avec le Likoud sont trop importants. Le sondage du Haaretz du 1er mars confirme la montée en puissance de Yesh Atid aux dépens du Likoud-Beiténou, du parti travailliste et de Hatnua
Le sondage du Haaretz du 1er mars confirme la montée en puissance de Yesh Atid aux dépens du Likoud-Beiténou, du parti travailliste et de Hatnua
