M. Ron Prosor ambassadeur d’Israël à l’ONU a tiré la sonnette d’alarme devant la menace de l’Iran qui s’efforce de construire une arme nucléaire. C’est « la plus grande menace à la sécurité du monde entier », a-t-il dit. L’Iran a annoncé qu’il allait enrichir l’uranium à 20% dans ses installations nucléaires de Qom, a-t-il rappelé, estimant qu’il n’y a pas d’explication civile possible à cette activité.
« Tous les Membres de l’ONU devraient en perdre le sommeil  », s’est-il exclamé. Il s’est toutefois félicité des mesures prises récemment par les États-Unis et l’Union européenne à cet égard, avant d’appeler le reste de la communauté internationale à se joindre à ces efforts.
Faisant ensuite référence à une année de troubles au Moyen-Orient, M. Prosor a constaté que les peuples exigent leur dignité après des années d’oppression. Il a cependant regretté que les droits de l’homme continuent à être foulés aux pieds. Il s’est donc étonné que la question la plus pressante ce mois-ci au Conseil de sécurité soit celle « des permis de construire  » en Cisjordanie. Le nombre de tués au Moyen-Orient n’a même pas été mentionné lors des deux derniers exposés devant le Conseil de sécurité sur la région, a-t-il remarqué.
S’il a jugé important le règlement du conflit israélo-palestinien, il a estimé que le temps et l’énergie qu’y consacre le Conseil de sécurité érodent sa crédibilité. On a longtemps dit que ce conflit était le conflit central du Moyen-Orient et que son règlement entrainerait celui des autres conflits de la région. Mais aujourd’hui, a-t-il observé, il est évident que le Yémen, la Syrie, l’Égypte, le Bahreïn et les autres conflits au Moyen-Orient n’ont rien à voir avec Israë l.
L’obstacle principal à la paix n’est pas les activités de peuplement, a-t-il aussi affirmé, estimant que c’est plutôt l’insistance des Palestiniens à revendiquer le droit au retour. Les représentants palestiniens ne parlent jamais de « deux États pour deux peuples  », a-t-il souligné, mais ils insistent pour un État palestinien indépendant et pour que leur peuple retourne dans l’État juif, ce qui signifie la destruction d’Israë l, a-t-il expliqué. M. Prosor a prévenu que son pays n’acceptera jamais de voir des millions de Palestiniens envahir Israë l.
Il a signalé les résultats d’un sondage qui révèle que 90% des Palestiniens n’ont pas l’intention de renoncer à revendiquer le droit au retour, alors que c’est le principal obstacle à la paix. Vous avez la responsabilité de dire que cette revendication est une idée qui ne portera pas, a-t-il martelé.
Le refus des Palestiniens de reconnaître le droit d’Israë l d’exister en tant qu’État juif est confirmé par la culture véhiculée dans les mosquées, les écoles et les médias, a-t-il dénoncé. Il a regretté qu’on apprenne aux enfants à poursuivre la violence et à déshumaniser les Israéliens et les Juifs, mentionnant non seulement le Hamas à Gaza mais aussi l’Autorité palestinienne en Cisjordanie.
À cet égard, M. Prosor a signalé une émission de télévision de l’Autorité palestinienne, le 9 janvier, à l’occasion du quarante-septième anniversaire du Fatah, dans laquelle on présentait le meurtre de Juifs comme un objectif sacré pour tous les Musulmans. Il s’est offusqué du silence des dirigeants palestiniens qui n’ont pas condamné ce message.
La communauté internationale doit dire aux Palestiniens que l’unilatéralisme est une impasse, a poursuivi le représentant, qui a dit souhaiter que les Israéliens et les Palestiniens avancent ensemble en menant des négociations directes. « Il faut arrêter de parler des pourparlers  », a-t-il demandé.
M. Prosor s’est aussi plaint du Hamas, « organisation terroriste financée par le Gouvernement iranien  ». Il a souhaité que le Hamas renonce à la violence et reconnaisse Israë l, tout en constatant qu’il refuse les négociations. Le Hamas continue ses violences contre Israë l, a-t-il dit, précisant que 700 roquettes ont été tirées l’an dernier sur Israë l. Le représentant a jugé très grave la situation à Gaza et s’est étonné que le Conseil de sécurité n’ait pas condamné ces attaques.
Rappelant que le Secrétaire général doit se rendre en Israë l un peu plus tard dans le mois, il a espéré que cela apporterait de nouvelles perspectives. Il a aussi demandé au Conseil de sécurité de faire face à ses responsabilités et de faire preuve de leadership.