Le gouvernement américain exerce de lourdes pressions sur Israë l afin qu’il présente des excuses au gouvernement turc pour l’affaire du Marmara et stabilise au plus vite les relations entre les deux pays. Des diplomates israéliens en poste aux Etats-Unis ont adressé récemment un télégramme diplomatique à Jérusalem dans lequel ils évoquent des messages clairs du Département d’Etat américain, y compris de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton en personne, selon lesquels la détérioration des relations entre Israë l et la Turquie porte préjudice aux intérêts américains dans la région.
En effet, pour faire face à la crise en Syrie, le gouvernement américain souhaite resserrer ses relations avec le gouvernement turc. Ces deux pays ont un objectif commun : mettre fin à la présidence de Bachar Assad et permettre à un dirigeant plus modéré de prendre le pouvoir tout en rétablissant la stabilité en Syrie. En échange de ce resserrement des liens, les Etats-Unis souhaitent offrir aux Turcs une « dot  », l’acceptation israélienne de présenter des excuses pour les événements de la flottille.
Ces messages, le ministre de la Défense, Ehud Barak, les a entendus de la bouche d’Hillary Clinton lors de sa visite à Washington il y a trois semaines. La secrétaire d’Etat a demandé à Israë l de tout faire pour mettre fin à la crise israélo-turque qui nuit directement aux intérêts américains dans la région.
A trois jours de la publication du rapport Palmer sur les événements de la flottille, la pression américaine s’accentue. Selon des diplomates israéliens à Washington, certains responsables du Département d’Etat ont même laissé entendre officieusement que les Etats-Unis auront du mal à convaincre des pays amis de modifier leur vote à l’assemblée générale des Nations Unies concernant la demande palestinienne en septembre si Israë l a « du mal  » à accéder à la demande américaine concernant la Turquie.
Entre temps, la Turquie, bien consciente des pressions que subit Israë l, fait elle-même pression sur la commission Palmer afin que la publication du rapport soit reportée jusqu’à ce qu’Israë l présente des excuses. Lors de la dernière réunion du Forum des huit à ce sujet, en fin de semaine dernière, aucune décision n’a été prise ce qui pourrait indiquer que le Premier ministre Netanyahu préfère lui que le rapport soit publié et qu’ensuite seulement, Israë l décide de l’attitude à adopter.