Près d’un millier de soldats et de policiers égyptiens, accompagnés de chars et de véhicules blindés, ont commencé à se déployer en fin de semaine dans le nord du Sinaï. L’objectif des forces égyptiennes est de lancer une grande opération afin de « nettoyer  » la péninsule des terroristes, dont la présence s’est nettement renforcée depuis la chute du président Moubarak, et protéger le gazoduc à destination d’Israë l et de la Jordanie.
Ce déploiement de forces, qui a été coordonné avec Israë l, intervient après une série d’attentats qui ont visé le gazoduc au cours des derniers mois et après qu’Israë l et les Etats-Unis se sont adressés au Conseil supérieur des forces armées au pouvoir en Egypte, lui demandant d’intervenir pour empêcher d’autres actes de sabotage et mettre fin à l’activité d’organisations islamiques radicales qui se présentent sous le nom d’« al-Qaïda du Sinaï  ».
Ce déploiement et les opérations qui devraient débuter dans les prochains jours visent aussi à adresser un message clair : L’Egypte considère la protection du gazoduc comme partie intégrante de son accord de vente de gaz à Israë l. Et cela, malgré le débat politique et public que suscitent en Egypte cet accord et le prix peu élevé auquel le gaz est vendu. Dans des interviews accordées ces dernières semaines à la presse locale, de hauts responsables égyptiens ont souligné que si l’Egypte a le droit de renégocier le prix du gaz, il n’est pas question d’annuler cet accord ou tout autre accord conclu avec Israë l.
Il y a quelques semaines, après la quatrième explosion du gazoduc en quelques mois, l’Egypte en a nettement renforcé la surveillance. A présent, il semble que les autorités aient décidé d’agir en profondeur pour éradiquer des organisations extrémistes, parfois armées, et reprendre le contrôle d’une région qui, depuis la révolution, était devenue une sorte de no man’s land. Toutefois dès hier on a appris que des dizaines de terroristes recherchés s’étaient enfuis vers la région de Jebel al-Hala, dans le centre du Sinaï, un secteur dont les forces égyptiennes n’étaient pas parvenues à prendre le contrôle lors de précédentes opérations et qui est devenu un refuge pour les terroristes.