La seule embarcation qui soit parvenue à quitter la Grèce et à approcher des côtes de Gaza a été arrêtée hier par la marine, sans que cela rappelle en rien les événements du Marmara.
L’assaut en pleine mer s’est passé cette fois sans complications : Les bâtiments de la marine ont encerclé le yacht venu de Grèce et ont demandé au capitaine du Karama quelle est sa destination. « Nous faisons route vers le port de Gaza  », a-t-il répondu et il lui a immédiatement été indiqué qu’il ne pourrait pas poursuivre son chemin. Le capitaine a rejeté l’ordre de la marine israélienne affirmant que les militants ont pris le contrôle du bateau. C’est alors que les commandos marine, venus à bord de canots, sont montés à bord du yacht. En quelques minutes, ils ont pris le contrôle du bateau, sans se heurter à la moindre résistance de la part des passagers.
Les soldats se sont ensuite assurés que tous les passagers étaient en bonne santé avant de les embarquer à bord des corvettes de la marine. D’autres soldats ont perquisitionné à l’intérieur du yacht et ont constaté qu’il ne transportait aucune arme mais aucune aide humanitaire non plus. Le Karama a été remorqué vers le port d’Ashdod où la police s’était préparée à d’éventuelles troubles.
Comme lors de la flottille l’année dernière, des dispositifs de brouillage ont empêché la diffusion d’images en direct à partir du bateau, malgré la présence à bord d’une équipe d’al-Jazira. En revanche, cette fois-ci, les autorités israéliennes ont rapidement diffusé des images.
« La prise de contrôle du bateau s’est faite avec contrôle et retenue. Nous avons surmonté la plupart des défis, mais il y a encore des bateaux qui veulent arriver. C’est une bataille permanente qui n’est pas seulement celle de la marine et de Tsahal mais une bataille politique et diplomatique  », a déclaré le vice-amiral Rani Ben-Yehouda.
Une fois le Karama à Ashdod, le Premier ministre Netanyahu a téléphoné au chef d’état-major pour le féliciter de cette opération rapide et non violente « Le gouvernement, grâce a une action diplomatique systématique, a neutralisé la flottille. Israë l continuera à permettre l’introduction de marchandises et de nourriture dans la bande de Gaza, mais fera respecter le blocus maritime afin d’empêcher la contrebande d’armes et de roquettes qui sont tirées presque quotidiennement sur les citoyens d’Israë l par le régime du Hamas  », a indiqué le Premier ministre.
Le gouvernement français s’est adressé hier à Israë l pour lui demander de permettre le retour rapide des onze ressortissants français qui étaient à bord du bateau. « La France a déconseillé à plusieurs reprises à ses ressortissants de participer à la flottille. De telles flottilles ne peuvent que renforcer les tensions dans la région  », est-il indiqué dans le communiqué publié par le gouvernement français. Les Français soulignent toutefois dans le communiqué leur position vis-à -vis du blocus maritime : « Israë l doit permettre l’acheminement de l’aide humanitaire internationale à Gaza. Il faut lever le blocus et permettre aux visiteurs étrangers de se rendre dans les territoires palestiniens  ».
Dans ces territoires palestiniens, l’interception du yacht français n’a soulevé que peu d’intérêt. Le gouvernement du Hamas a lui condamné cet « acte de piraterie  » et a appelé l’ONU et la communauté internationale à protéger ceux qui s’identifient avec le peuple palestinien et à permettre aux bateaux d’atteindre les côtes de la bande de Gaza.