Grave crise diplomatique entre Israë l et la Jordanie autour du pont des Maghrébins. Selon des sources israéliennes, les deux pays ont mené pendant plusieurs semaines des négociations confidentielles concernant la démolition de l’instable pont provisoire et la construction d’un nouveau pont permanent et sont parvenus en fin de compte à un accord selon lequel le pont serait démoli dès la semaine prochaine. Les Jordaniens se sont eux engagés à ne pas intervenir contre Israë l à l’UNESCO.
Mais le jour même de la signature de cet accord, les Israéliens ont été stupéfaits de découvrir que la Jordanie a déposé à la commission du patrimoine mondial de l’UNESCO – avec l’Egypte, l’Irak et le Bahreïn – une demande de condamnation sévère, appelant Israë l à annuler la construction du pont. Les Jordaniens réclament aussi qu’Israë l soit condamné pour les fouilles qu’il effectue dans la vieille ville et qu’une délégation de l’UNESCO soit dépêchée pour s’assurer de l’arrêt des travaux. Dans sa demande, la Jordanie « fait part de son inquiétude quant à la décision de la commission régionale de planification et de construction de Jérusalem relative au projet municipal de la rampe des Maghrébins  ».
Cette démarche a provoqué la colère d’Israë l qui a immédiatement engagé une campagne diplomatique pour tenter de la déjouer. De leur côté, les Jordaniens ont tout d’abord démenti avoir signé un accord avec Israë l concernant la construction du pont mais, pressés par les Américains, ont fini par l’admettre. Ils ont eu, bien sà »r, du mal à expliquer ensuite les raisons de leur demande à l’UNESCO.
« Les Jordaniens se sont fait prendre en train de mentir aux Américains et à d’autres pays. Ce n’est pas seulement une crise de confiance, ils se tirent une balle dans le pied  », a déclaré hier un haut responsable israélien. Suite à cela, on espère en Israë l que la proposition ne passera pas lors du vote aujourd’hui à Paris. Il semble toutefois que cet imbroglio diplomatique entraînera un report du projet. Il faut savoir aussi que la police s’oppose à la démolition du pont des Maghrébins par crainte que cela n’entraîne des émeutes. Selon des personnes impliquées dans le dossier, le Premier ministre Netanyahu craint lui aussi de lancer les travaux mais la mairie de Jérusalem exerce de lourdes pressions pour tenter de le convaincre.