Bandeau
DESINFOS.COM
Slogan du site

Depuis Septembre 2000, DESINFOS.com est libre d’accès et gratuit
pour vous donner une véritable information indépendante sur Israël

Droit ou opportunité ?
Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international
Article mis en ligne le 30 juin 2010

Le Centre d’actualités de l’ONU a rappelé ànotre bon souvenir le Rapporteur spécial de l’ONU, Richard Falk, choisi par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU « pour surveiller la situation des Droits de l’homme dans les Territoires palestiniens occupés depuis 1967  » Cela faisait, en effet quelque temps, qu’on n’avait pas entendu de nouvelles élucubrations de cet universitaire, certes de talent, mais qui comme Noam Chomsky ou Richard Goldstone ont du mal àassumer leurs origines et qui se croient obligés de témoigner d’une « haine de soi  ».

Aujourd’hui c’est àpropos du projet municipal de démolir 22 bâtiments dans le quartier de Silwan de Jérusalem et du retrait envisagé du droit de résidence de quatre membres du Conseil législatif palestinien que cet « expert  » considère que « Ces mesures, si elles sont prises, violeraient le droit international, et certaines pourraient être considérées comme des crimes de guerre selon le droit international humanitaire  » (souligné par nous).

Or, manifestement, cet universitaire, qui met ses compétences techniques au service d’une idéologie dévoyée confond inopportunité et illégalité.

Certes, on peut se demander si le projet d’aménagement d’un parc archéologique àJérusalem présente un caractère d’urgence et même d’opportunité, surtout s’il met en cause des habitations palestiniennes.

D’ailleurs, le ministre Ehoud Barak a lui-même soulevé l’inopportunité de ce projet.

Ceci dit, il n’est nullement contesté que ces 22 habitations ont été construites sans autorisation.

Mais alors, pourquoi les autorités israéliennes ne sont-elles pas intervenues pour faire respecter les règles d’urbanisme plus tôt, car, bien évidemment, ces 22 maisons ne sont pas « sorties de terre  », ensemble, au même moment ?

On aimerait, d’ailleurs, que les constructions juives illégales soient traitées de la même façon en Israë l et surtout dans les Territoires.

Faire respecter la loi ne constitue pas une infraction même pas au droit international auto-proclamé.

Mais, nous ne nous souvenons pas d’un même souci de faire respecter la loi internationale, àl’époque de l’annexion (quasi-unanimement contestée) de Jérusalem-Est par la Jordanie et par l’utilisation de certaines pierres des ruines du Temple pour y construire des latrines àl’intention des troupes jordaniennes.

Et il faut même rappeler le silence des Nations Unies lors des attaques dirigées contre la population juive de Jérusalem durant la guerre d’indépendance….

Mais apparemment il n’y a pas que « les Français, qui ont la mémoire courte  » (même si cette « vérité première  » a été prononcée par l’infâme Pétain en 1941).

Et làil y avait effectivement « crimes de guerre  », même si on n’en a pas parlé àl’époque, ni même depuis.

Et pour en revenir aux inepties de Richard Falk, il est évident que le projet (car il ne s’agit pour l’instant que d’une annonce) d’Israë l de retirer àd’anciens ou d’actuels membres du Conseil législatif palestinien le droit de résider àJérusalem ne constitue nullement un « crime de guerre  ».

Il est d’autant moins vraisemblable que cette mesure soit mise àexécution que, comme le signale Richard Falk lui-même, « la Haute court de justice israélienne a prévu d’examiner leur cas le 6 septembre  » (orthographe respectée).

D’après le communiqué diffusé par le service d’information des Nations Unies, le Rapporteur « jugerait particulièrement choquant qu’Israë l semble prêt àtransférer de force ces individus en raison de leur absence présumée de loyauté àl’égard de l’Etat d’Israë l  ». Selon Richard Falk, « Israë l, en tant que force occupante, a l’interdiction de transférer des personnes civiles de Jérusalem-Est, et a l’interdiction de forcer des Palestiniens àprêter allégeance ou affirmer leur loyauté àl’égard de l’Etat d’Israë l  »,

Or, il ne faut pas confondre « proférer des paroles hostiles, voire des menaces  » et « prêter allégeance ou affirmer leur loyauté àl’égard de l’Etat d’Israë l  ».

Il ne semble pas – car ce serait tout àfait insensé – que l’on traite d’anciens ou d’actuels membres Conseil législatif palestinien comme certains voudraient – àjuste titre – que l’on traite certains membres de la Knesset.

En tout état de cause, Richard Falk semble oublier que même si l’on considère Israë l comme « force occupante  » (le statut de Jérusalem n’ayant pas encore été arrêté sur le plan du droit international), il n’en demeure pas moins qu’Israë l a le droit et même le devoir de faire respecter l’ordre public.

Et, àce titre, sous réserve précisément de s’expliquer devant la Cour suprême, Israë l a parfaitement le droit, voire le devoir, de ne pas tolérer àJérusalem la présence de trublions.

Il faut « appeler un chat, un chat  » et cesser de dévoyer la terminologie juridique, spécialement quand Israë l est en cause.

Il est déjàconsternant de constater un tel dévoiement pour la terminologie « ordinaire  » (sic) et entendre parler de « massacre  » àpropos des pertes en vies humaines provoquées par des islamistes camouflés en humanitaires, alors qu’ils s’étaient préparés àen découdre avec des barres de fer et des couteaux et certains d’entre eux ayant, même, manifesté leur intention de mourir en « martyrs  ».