La trêve entre Israë l et le Hamas, la tahadiya, est entrée en vigueur ce matin à 6 heures. Pour l’heure, écrit le Haaretz, les forces israéliennes stationnées autour de la bande de Gaza ont reçu l’ordre de faire preuve de retenue et de s’abstenir de toue activité offensive.
De nouvelles règles d’engagement, adaptées à la nouvelle situation le long de la clôture avec la bande de Gaza, n’ont cependant pas été communiquées et la conduite à adopter face à des hommes armés qui se trouveraient du côté palestinien de la clôture devrait être définie dans les prochains jours.
Des responsables du Hamas ont fait savoir que l’organisation n’a pas l’intention de déployer des forces le long de la frontière pour empêcher les attaques contre Israë l. Toutefois, selon eux, la décision de mettre fin aux hostilités a été prise par l’ensemble des factions et ce sera à elles de la faire respecter. Les Brigades Azzedine el-Qassam du Hamas ont d’ores et déjà annoncé qu’elles respecteraient le cessez-le-feu, quant au Jihad islamique, il a déclaré qu’il ne s’y opposerait pas.
Amos Guilad, directeur des affaires politiques au ministère israélien de la Défense, a déclaré que le tir d’un seul Qassam par une faction quelconque sera une violation du cessez-le-feu. Pour le général Guilad, le Hamas est capable d’imposer aux autres organisations un cessez-le-feu total et «  ce n’est qu’une question de volonté  ».
Amos Guilad a ajouté qu’une grande partie des entretiens qu’il a eus avant-hier au Caire ont été consacrés aux négociations pour la libération du soldat israélien Guilad Shalit. Selon un haut responsable, ces négociations devraient reprendre mardi prochain en Egypte où se rendra le négociateur israélien Ofer Dekel.
Le Premier ministre Ehud Olmert a déclaré hier : «  Nous ne nous faisons pas d’illusions, la trêve est très fragile et pourrait être de courte durée  ». M. Olmert a ajouté que l’ordre avait été donné à Tsahal de se préparer à lancer toute opération nécessaire en cas d’échec de la trêve. Evoquant Guilad Shalit, le Premier ministre s’est dit convaincu que «  grâce à certaines des ententes qui ont permis la trêve, nous pourrons aussi faire avancer son retour à la maison  ».
Les responsables militaires israéliens, ajoute le Maariv, doivent se réunir aujourd’hui en vue de la prochaine étape de la trêve et notamment de l’allègement du blocus de la bande de Gaza. La première mesure devrait être de permettre le passage de quatre-vingt-dix camions de marchandises par jour à destination de la bande de Gaza au lieu de soixante actuellement. Les livraisons de matériaux de construction et de papier devraient également reprendre.
Hier, à la veille de l’entrée en vigueur de la trêve, ont été tirées vingt-neuf roquettes Qassam et dix obus de mortier vers les localités israéliennes limitrophes de la bande de Gaza. Une de ces roquettes a touché une maison à Sdérot et une femme a été légèrement blessée en courant s’abriter.
Noam Shalit accuse le gouvernement d’avoir délaissé son fils
Les journaux se font l’écho d’une lettre virulente qu’ont adressée hier, par le biais de leurs avocats, les parents du soldat Guilad Shalit au Premier ministre, Ehud Olmert, au ministre de la Défense, Ehud Barak, et à la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni. Les avocats de Noam et Aviva Shalit accusent les trois responsables israéliens d’avoir violé toutes les promesses qui avaient été faites à la famille Shalit, selon lesquelles la libération de Guilad Shalit serait incluse dans tout accord de trêve avec le Hamas.
Selon le Yediot Aharonot, Noam et Aviva Shalit menacent dans cette lettre d’engager, dimanche prochain, un recours devant la Cour suprême contre l’accord de trêve avec le Hamas, si les trois dirigeants israéliens ne déclarent pas au cours des quarante-huit prochaines heures qu’Israë l n’appliquera pas l’accord avec le Hamas et n’ouvrira pas les points de passage entre Israë l et la bande de Gaza si la libération de Guilad Shalit n’est pas garantie.
Toujours selon les avocats de la famille Shalit, l’accord de trêve conclu avec le Hamas met en péril la vie de leur fils, et Israë l prend le risque que l’ouverture du poste-frontière de Rafah permette à ses ravisseurs de le sortir de la bande de Gaza et de le transférer vers un pays tiers, ce qui pourrait prolonger, voire pérenniser, sa période de captivité.
Les avocats ajoutent que lorsque l’accord de trêve a été soumis à l’approbation du comité ministériel chargé de la défense, le Premier ministre Olmert a assuré à ce comité que la libération de Guilad Shalit faisait partie intégrante de l’accord, et que c’est sur la base de cette information que l’accord a été approuvé. Selon eux, le Premier ministre a trompé la commission, ce qui rend l’accord illégal.
Les cabinets de MM. Olmert et Barak et de Mme Livni, écrit le Yediot Aharonot, ont préféré ne pas entamer une discussion avec la famille Shalit par médias interposés, et n’ont pas réagi à ces accusations.
Régional
Un échange avec le Hezbollah serait imminent
Selon un responsable militaire israélien cité par le Maariv, un échange de prisonniers avec le Hezbollah pourrait avoir lieu d’un moment à l’autre. Selon ce responsable, le Hezbollah a déjà accepté le marché et on n’attend plus que la décision officielle du gouvernement israélien.
Hier, les familles d’Ehud Goldwasser et Eldad Réguev, les deux soldats enlevés par le Hezbollah le 12 juillet 2006, se sont entretenues avec le négociateur israélien Ofer Dekel. Celui-ci vient de rentrer d’Europe où il a notamment rencontré le médiateur allemand, Konrad Gerhard. Les proches des deux soldats ont souligné que M. Dekel informe régulièrement les familles des avancées dans les négociations et qu’il ne s’agit donc pas d’une rencontre exceptionnelle.
Des responsables politiques affirmaient hier qu’Ehud Olmert n’a pas encore approuvé l’accord avec le Hezbollah et que, quoi qu’il en soit, tout échange devra aussi être approuvé par le cabinet restreint de sécurité.
Image de la France
Dessins pour la paix
Le Haaretz consacre un article à la rencontre «  Dessins pour la Paix  » qui s’est close hier au musée de la Caricature et de la Bande dessinée de Holon. Pendant trois jours, des caricaturistes israéliens, palestiniens, algériens, égyptiens, turcs, japonais, américains, suisses et français se sont réunis à Jérusalem, Ramallah et Bethléem. Rama Yade, secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme, était également présente à cet événement. «  Dessins pour la Paix  » est une initiative lancée en 2006 par le dessinateur Plantu, en collaboration avec l’ONU./.