Après le récent propos de Guillaume Meurice, beaucoup se sont récriés, à juste titre, devant l’usage du qualificatif « nazi  » pour parler de Benyamin Netanyahou. La nazification d’Israë l et de proche en proche des juifs eux-mêmes est en effet une seconde mort ajoutée à la première – « blesser la blessure  » disait Hugo pour caractériser la cruauté exercée sur « l’envers de la peau  » souffrante (Levinas). La conséquence politique de cette nazification des juifs est d’annuler la première mort, massive et impitoyable, par une neutralisation qui prend la forme d’un confortable négationnisme sans négation. S’ils sont eux-mêmes aujourd’hui des nazis, alors il n’y a pas lieu de s’offusquer du traitement qui hier leur fut infligé. Se comporter comme un nazi avec des nazis n’est peut-être pas très recommandable, mais c’est bien compréhensible.
Coupés coupables
Gérard Bensussan - La règle du jeu
Article mis en ligne le 3 juin 2024