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Se battre toujours pour la même guerre

Jonathan Tobin | Jerusalem Post - Adaptation française de Sentinelle 5768 ©

dimanche 11 mai 2008
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Dans le cadre d’un long essai publié dans la revue “The Atlantic”, l’écrivain Jeffrey Goldberg mentionne une rencontre qu’il a eue avec un imam de Gaza nommé Ibrahim Mudeiris, qui venait de faire un sermon dans lequel il décrivait les Juifs comme les « fils de singes et de porcs ».

Mudeiris résumait l’impasse actuelle entre Israël et le mouvement Hamas qui dirige aujourd’hui Gaza en disant : « Ce que font les Juifs n’importe pas. Nous ne les laisserons pas en paix ».

Il poursuivait en décrivant succinctement la futilité suivant laquelle des générations d’Israéliens ont cherché un accord avec les Palestiniens : « Ils peuvent être agréables avec nous ou ils peuvent nous tuer, cela n’importe pas. Si nous avons un cessez-le-feu avec les Juifs, c’est seulement pour que nous puissions nous préparer à la bataille finale ». Que peuvent faire les Israéliens confrontés à une parelle intransigeance ?

Les longues et inquiétantes ruminations de Goldberg sur cette question ne procurent pas de réponse facile, mais la question en tête de son article, « Israël est-il fini ? » provoque un sentiment fermement opposé à la réjouissance, dans un article publié lors du 60ème anniversaire de la naissance d’Israël.

Le premier ministre Ehud Olmert traverse l’histoire de Goldberg comme un personnage défensif, irascible, clairement mal à l’aise de se trouver dans le réticule de critiques bruyants comme le romancier David Grossman, qui a perdu un fils pendant la désastreuse guerre du Liban du premier ministre. Il est aussi difficile de contester qu’il « n’est pas le plus profond penseur d’Israël ».

Mais vous devez accorder de la sympathie à Olmert lors de son entretien quand il exprime de l’impatience sur l’intérêt concentré de Goldberg sur les « failles dans l’exécution du programme sioniste ». Parlant des nombreuses réussites d’Israël, il demande un peu de perspective historique.

Et pour cela, les lecteurs ne peuvent pas faire mieux que d’aller vers une nouvelle source autorisée sur les commencements de l’Etat, le livre de Benny Morris « 1948 : une histoire de la Première Guerre israélo-arabe ». Ceux qui le feront en arriveront à la conclusion inévitable qu’il n’y a rien de nouveau dans le dilemme d’Olmert.

Morris est le plus connu et sûrement le meilleur des présumés « nouveaux historiens », qui se sont dressés dans les années 1980 pour mettre en question la vision romantique du sionisme qui avait jusqu’alors prévalu dans la narration de l’histoire juive.

L’exploitation diligente par l’auteur des archives de l’Etat a résulté en un travail qui a scandalisé beaucoup d’Israéliens. Mais aucune histoire nationale n’est aussi univoque.

Certains Juifs s’expriment comme si le droit d’Israël à l’existence était en question sauf si tous les Israéliens étaient et sont sans défaut, bien que cela soit une notion absurde en elle-même et le reflet de l’héritage de la délégitimation antisémite des Juifs.

Ainsi, des lecteurs de « 1948 » hurleront au scandale du fait que Morris reconnaît qu’il y a eu des atrocités commises par les Israéliens au cours de leur sanglante Guerre d’Indépendance.

D’autres seront mal à l’aise avec sa présentation du fait que, en certains points du conflit, les Israéliens ont dominé les Arabes, bien que les quelques centaines de milliers de Juifs dans le pays furent largement dépassés en nombre par les dizaines de millions d’Arabes et de Musulmans de la région qui leur étaient opposés.

Mais la portée générale de la narration est indéniable. La guerre était inévitable, non pas parce que les sionistes étaient imparfaits ou voulaient un Etat juif plus grand que la province tronquée offerte par différents plans de partition, mais parce que les Arabes n’ont jamais envisagé une seule fois de faire la paix avec les Juifs sous aucune condition.

« La guerre de 1948, du point de vue des Arabes, était une guerre de religion autant sinon plus qu’une guerre nationaliste pour un territoire » écrit Morris. « En d’autres termes, le territoire était sacré, sa violation par des infidèles [juifs] étaient une base suffisante pour lancer une guerre sainte, et sa conquête ou sa reconquête une nécessité ordonnée par D.ieu... Les preuves abondent clairement que beaucoup, si ce n’est la plus grande partie du monde arabe considérait la guerre essentiellement comme une guerre sainte ».

A l’opposé de narrations populaires telles le « Ô Jerusalem ! » de Larry Collins et Dominique Lapierre, si familier aux lecteurs sur le sujet, on ne peut s’échapper du général au particulier et au personnel par des anecdotes. Sans les angles des intérêts humains, tout ce qui reste dans ce volume exhaustif et clairement écrit, ce sont les résultats de l’impitoyable érudition de Morris.

Morris a refusé autrefois de servir dans Tsahal du fait de son opposition à la présence israélienne dans les territoires, et il est toujours vilipendé par beaucoup de gens de Droite. Mais au cours des années récentes, il a parlé du besoin d’Israël d’agir pour faire cesser la menace d’une attaque nucléaire de l’Iran.

Il a aussi ruminé en public que, David ben Gourion, le premier Premier Ministre d’Israël, aurait pu se tromper ne faisant pas ce dont les opposants de l’Etat juif l’ont accusé : chercher activement à chasser tous les Arabes hors du pays.

Il n’y a rien là-dessus dans “1948”, mais ce qui y passe est une absence d’illusions sur les objectifs de guerre des Arabes, sans considérer les intentions des juifs.

Si le nombre d’atrocités arabes contre les Juifs furent peu nombreuses (quoique terrifiantes), il remarque que c’est seulement parce qu’ils ont perdu la plupart des batailles et ont donc eu moins d’opportunités de commettre des crimes.

De même la tragédie des réfugiés palestiniens, bien qu’il n’ait aucune illusion sur le désir de beaucoup d’Israéliens d’avoir moins d’arabes sur le territoire sous leur contrôle, Morris en vient droit au point de leur responsabilité dans leur souffrance. « Le problème des réfugiés a été créé par la guerre - que les Arabes ont lancée », affirme-t-il.

Et avec sa réputation de critique d’Israël, Morris souligne aussi quelque chose dans sa conclusion que même le gouvernement israélien est souvent réticent à dire : qu’il y a eu deux ensembles de réfugiés provoqués par la guerre, puisque presque autant de Juifs furent obligés de fuir les pays arabes que d’Arabes qui s’enfuirent d’Israël.

Soixante ans après avoir remporté une guerre brutale dans laquelle il y eut beaucoup de malignité des deux côtés, le problème d’Israël reste le même. Malgré la volonté d’Israël de faire la paix et de partager la terre, les Arabes continuent refuser de procéder ainsi, que les Juifs soient agréables ou pas, comme l’imam Mudeiris le dit.

« 1948 a hanté, et hante encore, le monde arabe aux niveaux les plus profonds de l’identité, de l’ego et de l’orgueil. La guerre fut une humiliation dont ce monde doit encore guérir », écrit Morris.

Malgré un processus de paix et certains traités, il comprend que « le monde arabe - l’homme de la rue, l’intellectuel dans sa position, le soldat dans son refuge - refusent encore de reconnaître ou d’accepter ce qui est advenu. Ce fut une injustice cosmique ».

« L’impulsion jihadiste » est plus que jamais, le motif dominant de la vie islamique, et rien de ce que les Israéliens ne pourront faire ou dire ne changera cela. Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est ce qu’ils ont fait en 1948, vaincre et survivre, et espérer qu’il se produira un changement au cœur de leurs ennemis.

Mais comme le note Morris dans son paragraphe final, le défi de l’Iran et ses alliés terroristes nous laisse toujours comprendre que « 1948 ait été un caprice passager ou gravé en permanence dans la région, demeurent à voir ».


L’auteur est rédacteur en chef du « Jewish Exponent » à Philadelphia.


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