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Allocution de Francis Lentschner, Président du 
Mouvement Juif Libéral de France - Yom HaShoah 5768

MJLF

jeudi 1er mai 2008
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Il y a presque trois mois, le 17 février, je suis retourné en pèlerinage à Auschwitz, avec un groupe de 100 personnes du MJLF, aux côtés du rabbin Daniel Farhi et du rabbin Célia Surget. Je ne devrais pas avoir l’impudeur de dire ma tristesse et mon désespoir devant vous, mes amis, fils et filles des déportés juifs de France, qui avez eu la douleur de vivre sans parents et le courage de vous reconstruire.

Je ne devrais pas avoir l’indécence d’évoquer mes sentiments et ma peine, devant vous, mes amis anciens déportés, mes camarades de combat aux côtés de Serge et Beate Klarsfeld, qui avez connu la faim, le froid et les coups dans l’horreur des camps.

Et pourtant, ce 4e voyage à Auschwitz a été différent, car mon fils de 18 ans a tenu à m’y accompagner. J’ai vu dans ses yeux l’incompréhension que Auschwitz ait pu exister et que des hommes aient pu se conduire comme des bêtes avec d’autres hommes. Il m’a confié avoir été très ému par Ginette Kolinka, l’ancienne déportée qui nous accompagnait, car elle avait eu le courage de refaire ce voyage pour enseigner et transmettre, mais surtout elle avait eu la volonté de recommencer une vie, de se marier et de donner la vie.

A Birkenau, je n’ai pas rencontré 6 millions de morts, chiffre inconcevable. Mais j’ai entendu les sanglots d’un enfant qui criait sa peur. J’ai vu le visage d’une mère qui hurlait le nom du bébé qu’on lui avait arraché. J’ai vu le corps nu de ce vieillard humilié. Et j’ai ressenti une fois de plus l’obligation morale de dire leur nom pour que soit connue leur souffrance et que chacun se souvienne qu’ils étaient un seul homme et une seule femme.

Je fais partie de cette génération d’hommes et de femmes nés après la guerre, mais qui ont été marqués par la Shoah comme leurs aînés. Je suis le fils d’une femme qui a vécu toute sa vie avec le sentiment de culpabilité de n’avoir pu empêcher la déportation de son père, mon grand-père Haïm Leiba, dont je dirai le nom cette nuit. Je suis le neveu de Madeleine Leiba qui a été déportée à l’âge de 20 ans et dont je dirai le nom demain après-midi. Je suis le neveu par alliance de Ajdla Edelsztejn déportée le 23 juin 1943 et qui est heureusement avec nous ce soir. Connaître mon passé m’impose des devoirs.

Lire le nom des déportés juifs de France, comme nous allons le faire pendant 24 heures, c’est évidemment rendre leur identité à ceux qui n’étaient plus que des numéros. Lire leurs noms, c’est entretenir leur souvenir. Lire ces noms, c’est dire que nous sommes vivants et que nous avons donc l’obligation d’être les garants de leur histoire.

Lire ces 75 721 noms, c’est un acte de fidélité et de responsabilité initié en 1990 par le rabbin Daniel Farhi et le Mouvement Juif Libéral de France. C’est un engagement de transmettre leur mémoire que nous renouvelons chaque année. Après avoir vu la réaction de mon fils à Auschwitz, j’ai la conviction que nos enfants reprendront cet engagement à leur compte, et que la mémoire de notre mémoire sera à jamais préservée.


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