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Terroristes et ministres égyptiens sous un même toit à Ramallah

Par Sami el-Soudi © Metula News Agency

mardi 27 janvier 2004
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A peine ai-je entendu ce matin, sur les programmes en langue arabe de la radio officielle israélienne, que des chefs terroristes seraient cachés par Arafat à la Moukata de Ramallah, que je me suis mis au travail afin de corroborer les faits. Il aurait pu s’agir, en effet, d’un coup de propagande de la part du gouvernement israélien afin de torpiller les nombreuses initiatives internationales qui se mettent en place et d’isoler encore un peu plus le chef de l’Autorité Palestinienne

A la Moukata, il régnait, tôt ce matin, une ambiance pour le moins tendue. On y attendait des hôtes de marque, en les personnes du Ministre égyptien des Affaires Etrangères et du chef des services secrets du Caire, monsieur Omar Suleiman. L’une des raisons de la fébrilité dominante consistait en la vive contraction qui prédomine dans les relations entre la Moukata et la Présidence égyptienne, après l’incident dont a été victime Ahmed Maher sur l’esplanade des mosquées. Ca n’est guère un secret pour personne que Hosni Moubarak a perdu toute confiance dans son homologue palestinien et que la quasi-totalité des communications entre les deux cours se fait sur le ton des menaces égyptiennes. Les envoyés du grand raïs sont venus arracher deux concessions de la part du Vieux : Premièrement, le Caire exige la mise en place d’une Houdna absolue et illimitée dans le temps de la part des éléments palestiniens armés et il possède la certitude que l’Autorité Palestinienne dispose de la capacité d’imposer cette trêve, mais pas de la volonté de le faire. Le Premier ministre placardé Ahmed Qureï partage en privé l’avis des Egyptiens mais il est soumis au silence que lui impose Abou Ammar.

Deuxièmement, Ahmed Maher est venu chercher l’assentiment officiel de Yasser Arafat pour lancer l’initiative saoudienne, sur ses conditions d’ouverture. Moubarak et le Président Bush ont déjà réussi à faire plier Ariel Sharon, obtenant de ce dernier que « si un cessez-le-feu quasi absolu était observé de la part des organisations terroristes, Israël accepterait d’entrer en matière sur la nouvelle proposition ». Autre concession dont Maher était venu quérir la confirmation lors de sa dernière visite à Jérusalem, le Premier ministre israélien a assuré son interlocuteur « que si les actes de terreur et les provocations cessaient, côté palestinien, les neutralisations ciblées menées par Tsahal s’espaceraient au point de cesser complètement dès l’entame des pourparlers ».

Le premier message des Egyptiens à Arafat, pour faire passer la pilule, c’est de lui faire comprendre que les concessions obtenues de Sharon à leur initiative remplacent de facto l’exigence du Quartet envers l’Autorité Palestinienne de la voir, selon les provisions préliminaires de la Carte Routière, désarmer les organisations terroristes. Selon monsieur Maher, il a également acquis des Israéliens une sorte de moratoire concernant une offensive israélienne tous azimuts contre les chefs terroristes. Un moratoire visant à laisser aux Egyptiens le temps d’essayer d’instaurer une Hudna crédible. Ce moratoire, c’est aussi la menace tangible que Maher agite à l’encontre d’Arafat et des leaders du Hamas, du Jihad et des Brigades des Martyrs d’Al-Aksa : soit vous cessez-le-feu, soit Sharon va vous éliminer. Ce qu’il y a de significatif, peut-être, à ce moment politique, consiste en ce que la menace indirecte des Israéliens s’accompagne cette fois d’un avertissement de Moubarak, applicable si ses ambassadeurs revenaient bredouilles. Dans ce cas, le raïs annonce qu’il étoufferait l’Intifada en coupant l’approvisionnement qui passe par les tunnels de Rafah. Il est vrai, cependant, que le Sphinx a très souvent intimidé Arafat mais qu’il n’a jamais mis ses avertissements à exécution. Cela aussi, Arafat l’a retenu.

La tâche des deux ambassadeurs n’a rien d’une sinécure, surtout en ce qui concerne l’initiative saoudienne. Imaginez que selon cette démarche, la Palestine ne négocierait pas seule la résolution de son différend avec l’Etat hébreu mais que c’est une délégation arabe unifiée - les dirigeants arabes ne jugent pas qu’Arafat soit à même de mener une telle négociation - qui discuterait avec le gouvernement de Jérusalem. Plus difficile encore à avaler pour le petit raïs, se basant sur des relevés démographiques et économiques, les Etats arabes initiateurs de la nouvelle base de propositions, sans consulter le reclus de la Moukata, ont défini non seulement qu’il n’y aurait pas de droit au retour des réfugiés de 48 en Israël mais en plus, que seuls deux millions de Palestiniens de l’étranger seraient autorisés à s’installer dans l’Etat arabe de Palestine. Les autres devront être assimilés et absorbés par les pays dans lesquels ils vivent actuellement. Le dessein à long terme d’Arafat d’éradiquer l’Etat hébreu en prend aussi un sacré coup dans l’aile avec le projet saoudien, puisque celui-ci proposera aux Israéliens une normalisation des relations de tous les Etats arabes avec eux, y compris l’échange d’ambassadeurs et l’installation de rapports de commerce.

En écrivant ces lignes, j’imagine les cris et les injures qui ne manquent pas de fuser en ce moment à la Moukata, tant l’ultimatum panarabe que Maher et Suleiman sont en train de soumettre à Arafat va dans la direction opposée à celle des constantes de sa révélation prophétique. Et Arafat, don l’état de santé n’a de cesse de se détériorer, ne possède plus que la force de s’asseoir sur le couvercle de la marmite bouillante de Palestine. Sa préoccupation principale, qu’écris-je, sa hantise, c’est de faire en sorte que rien ne change dans l’ordre lupanarien et suicidaire qu’il a imposé à son peuple.

Même si les Israéliens on partialement réalisé un coup médiatique - non que l’information qu’ils ont diffusée soit inexacte mais parce qu’ils la connaissaient depuis longtemps et qu’ils ont attendu le jour de l’arrivée des deux Egyptiens pour la rendre publique - il est clair que Moubarak n’appréciera pas ce que ses envoyés découvriront à Ramallah. Ca n’est pas seulement qu’Arafat ne fait absolument rien contre les terroristes, il sabote en fait les efforts du Président cairote en les abritant dans sa propre résidence. D’après les informations fraîches que j’ai recueillies, ils seraient vingt-sept fugitifs à avoir rejoint la Moukata. Vingt-sept terroristes du haut de la casserole, à avoir préparé et ou perpétré des assassinats collectifs de civils en Israël et des mitraillages de colons et de soldats dans les territoires. Parmi les hôtes du Vieux, de nombreux membres de l’organisation de tueurs des Brigades des Martyrs d’Al-Aksa, l’une des branches terroristes du Fath et des personnalités telle Kamal Ghanem, qui s’est illustré en envoyant des Shahids se faire sauter chez les Juifs.

Arafat expliquera aux Egyptiens que « l’étau des commandos de l’ennemi se resserrait autour de ces patriotes et qu’il ne pouvait pas les laisser appréhender ou massacrer ». Les ambassadeurs rétorqueront qu’il y a grand péril à se moquer sans arrêt de la communauté internationale et qu’à coups de bravades, on finit par rester tout seul, déconsidéré et sans plus aucune carte à jouer. C’est pour cela, d’ailleurs, que le Fond Monétaire International n’apprécie pas la disparition de 900’000 Euros de l’aide qu’il a fournie à l’Autorité Palestinienne. Même l’Office Européen de Lutte Anti-Fraude, l’OLAF, est en passe de s’intéresser à l’usage qu’a fait Arafat de l’argent de l’Union Européenne. Il faut dire qu’autour du roi des mafieux, les salaires se paient toujours de la main à la main. Le système compte de nombreux avantages, dont celui de laisser peu de traces. Mais surtout, cette méthode raffermit l’autorité des chefs de bandes sur leurs exécutants. La rémunération dépend ainsi exclusivement du bon vouloir et de la satisfaction d’un supérieur et pas d’une comptabilité publique. Et la rémunération du supérieur dépend du bon vouloir de son propre chef, qui dépend du bien plaire de son chef, qui dépend du contentement de Yasser Arafat.

En Sicile, il paraît que cela fonctionne relativement bien, quant à construire un Etat libre et indépendant sur ces coutumes, c’est une tout autre affaire, bien entendu.


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