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En flagrant délit d’inhumanité et partant, d’échec

Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

lundi 26 janvier 2004
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Ce ne sera pas jour de fête, lorsque Yokhanan Tannenbaum ainsi que les dépouilles des trois soldats assassinés par le Hezbollah sur les contreforts du Mont Hermon, atterriront en Israël cette semaine.

La raison principale de cette retenue, c’est que, jusqu’à l’annonce faite par les entremetteurs allemands il y a quelques jours, les familles des soldats Benny Avraham, Adi Avitan et Omar Suwad conservaient l’espoir un peu fou de les revoir en vie. Les autorités israéliennes les donnaient pour morts depuis plusieurs mois mais l’incertitude faisait office d’espoir. D’autre part, le public israélien considère que les quelques quatre cents trente-cinq prisonniers arabo-musulmans condamnés pour terrorisme et détenus dans ses prisons, constituent un prix de troc très élevé pour le brigadier général de réserve Tannenbaum. Pour saisir le sentiment des Israéliens, on rappellera que Tannenbaum n’est pas tombé dans les mains de l’ennemi alors qu’il était en service commandé. Cela faisait, au contraire, un temps qu’il fricotait avec le clan mafieux des Obeïd, de la ville arabe-israélienne de Taïbé. Ce véritable gang s’était spécialisé dans différents trafics avec le Hezbollah et avec des membres de l’establishment palestinien. Ces trafics allant de la vente d’informations sensibles à celle de la drogue.

Tannenbaum était donc tombé dans le piège que lui avait tendu le Hezbollah, de sa propre initiative, pensant faire un coup financier, dont il avait urgemment besoin afin de redresser le cours catastrophique de ses affaires. Qu’avait-il à vendre aux pires ennemis de son pays ? C’est en tous cas la première question que lui poseront les enquêteurs de l’armée, juste après qu’ils lui auront permis de retrouver sa famille et de recevoir les soins médicaux dont il a besoin.

Pourtant, en dépit des arrière-pensées pesant sur l’échange de cet officier de réserve, y compris la possibilité que nous soyons en train d’échanger un traître contre des terroristes, une majorité, quoique étriquée, des Israéliens et de leurs ministres soutiennent l’accord conclu avec le Hezbollah. A cet acquiescement, je vois trois raisons majeures et je vous les livre dans un ordre indifférent : Premièrement, du côté des Services de Sécurité Généraux, les célèbres Shaba’’k, on voulait absolument connaître les détails de la transaction que Tannenbaum entendait effectuer avec (chez ?) l’ennemi. On veut également savoir si elle n’a pas eu lieu à moitié, entendant par là, que l’Israélien aurait pu réaliser sa part du deal sans être payé de retour. Bref, chez les chouchous (terme français utilisé en Israël pour définir les membres des services spéciaux), on compte savoir exactement ce que l’ex-brigadier général transformé en businessman borgne a livré aux terroristes des secrets qu’ils connaissait, en étant déjà persuadé que, sous la torture, Tanennbaum a vraisemblablement dit tout ce qu’il savait.

La seconde raison ayant justifié l’échange procède d’une conception fondamentale de Tsahal, qui a, au fil des années et par capillarité, gagné l’ensemble de la société israélienne : On n’abandonne jamais, ni ses blessés, ni ses prisonniers, ni ses morts aux mains de l’ennemi et ce, quel que soit le prix douloureux dont il faille s’acquitter pour pérenniser cet habitude. Suivant cette seconde raison, il fallait rapatrier Tannenbaum et les corps des soldats, car le fait qu’ils étaient détenus par des adversaires fanatiques et barbares était tout simplement insupportable à l’ensemble des sociétés civile et militaire en Israël.

La troisième raison procède de l’existence semi-officielle et partiellement dévoilée de volets à venir dans cet accord contre-nature entre un Etat démocratique et une meute d’islamistes, adorateurs des pilotes-assassins-suicides des Twin Towers de New York. Et ces annexes à l’échange en voie de réalisation concernent le navigateur Ron Arad. Inutile d’expliquer que le sort de ce pilote, éjecté le seize octobre 1986 au-dessus du Liban de son Phantom F-4 en proie à des difficultés techniques, est regardé d’une manière totalement différente par le public israélien de celui de Tannenbaum. Ron Arad est un vrai martyr aux yeux d’Israël, fait prisonnier dans l’exercice de son devoir et détenu depuis dix-sept ans, trois mois et dix jours par des cannibales se prétendant de règles morales supérieures, avec lesquelles ils entendent asservir le monde. Or, l’accord préparé par les intermédiaires allemands prévoit des dispositions relativement au champion des Hébreux ; dans un premier temps, après la réalisation de l’échange en cours, on devrait libérer d’autres prisonniers - notamment Samir Kuntar, un terroriste libanais qui avait assassiné les membres de la famille Haran, en 1979, dans la ville frontalière de Naharya - contre des informations tangibles et vérifiables quant au destin de Ron Arad.

Lors d’une troisième phase, si le navigateur et localisé et qu’il n’a pas été exécuté par ses geôliers durant sa captivité, il sera procédé à un échange encore plus important de terroristes contre le lieutenant-colonel de l’armée de l’air. Cet autre troc impliquera sûrement une quantité importante de prisonniers arabes, parmi les quelques six mille détenus toujours en Israël mais aussi d’autres terroristes enfermés dans divers pays occidentaux. Ainsi, l’Iran a fait savoir aux négociateurs allemands, par exécutants du Hezbollah interposés, que Ron Arad ne serait en aucun cas relâché si les trois terroristes ayant assassiné un dissident iranien en 1992 dans un restaurant de Berlin ne feront pas partie de la transaction. De plus, les Ayatollahs, qui dirigent effectivement le cours des discussions côté musulman (les Iraniens ne sont pas des Arabes), exigent également qu’Israël leur fournisse, dans le cadre des négociations, des informations sur le sort de quatre diplomates iraniens disparus de Beyrouth en 1982, lors de l’assaut de la capitale libanaise par Tsahal. D’après ce que nous en savons, ces diplomates ont probablement été liquidés par le chef chrétien Elie Hobeika, à la faveur du désordre ambiant. De fait, cette hypothèse sera difficile à vérifier, puisque Hobeika a été, à son tour, neutralisé par les Shu’bat al-Mukhabarat al-’Askariyya - les services syriens - en janvier 2002.

Au-delà des dates, des chiffres et de la relation des négociations en cours et de leurs résultats probables, il est important de ne pas perdre le fil des conclusions humaines et pédagogique de cette situation. Pendant qu’à Beyrouth on entre dans une semaine de festivités à l’occasion de la libération des prisonniers arabes, pendant que le Président Emile Lahoud assistera aux manifestations en hôte, dans l’ombre du cheikh Nasrallah, qui est effectivement l’homme le plus important du Liban, pendant qu’à Ramallah on rit jaune ne n’avoir été consulté par personne dans le cadre de ces négociations, à Métula, on procède à des comptes d’une toute autre nature. On y comprend que d’un côté du monde, on va relâcher les corps de trois soldats, kidnappés sur une frontière internationale, alors qu’ils effectuaient une patrouille de routine, ainsi qu’un homme d’affaire égaré, qui se rendait dans un Etat arabe pour y faire du business. De l’autre côté du monde, on va libérer 400 Palestiniens, 23 Libanais ainsi que 12 ressortissants d’autres nationalités et 59 corps de terroristes, qui ont tous participé à une action violente, ayant pour objectif ultime l’assassinat de personnes en vertu uniquement de leur nationalité et de leur origine.

Voilà une statistique assurément significative, au contraire du bilan indicible des morts de l’Intifada, que l’AFP impose à ses abonnés lors de ses dépêches. Voilà de l’information.

Dans le cas de Ron Arad, les choses sont plus significatives encore. Quels pays, quelle caste, quelle religion peuvent-ils justifier l’infliction de dix-sept ans de supplices à un ennemi en uniforme, capturé alors qu’il servait son pays ? Quelle racaille de sous-hommes peut-elle priver un officier du traitement qui lui revient en application des conventions de Genève ? Quel bénéfice a-t-elle pu tirer, cette racaille, en empêchant durant dix-sept ans les visites de la Croix Rouge au lieutenant-colonel Arad et en lui refusant la possibilité de communiquer avec sa famille ?

La réponse qui s’impose à ces questions c’est la haine. La haine gratuite. Matérialisation de l’aveu d’échec le plus indiscutable de certaines idéologies : l’absence d’humanité. C’est l’aveu d’échec le plus indélébile d’une philosophie qui promettait au (à l’homme) musulman qu’il était le seigneur de la terre et que tous les autres hommes étaient ses inférieurs. Mais ce seigneur est si nu, qu’il veut se faire payer, pour relâcher le seul prisonnier de guerre qu’il ait réussi à saisir, de la libération de milliers de soi-disant seigneurs, pris en train de faire ce que les sous-civilisations de toutes les époques ont toujours su faire le mieux : assassiner et détruire.

Cette semaine, pour commencer, on échangerait un homme d’affaire marron, appartenant aux peuples des vassaux de l’islam, contre 435 seigneurs du monde. Nassrallah (et les chefs d’Etats qui le fréquentent), le gouvernement libanais, la Syrie et l’Iran ont-ils vraiment une seule raison valable de se réjouir ?


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