Depuis Septembre 2000, DESINFOS.com est libre d’accès et gratuit pour vous donner une véritable information indépendante sur Israël
Personnalisé
Inscription gratuite à la Newsletter - cliquer ici
-
Accueil > Les textes > La mémoire qui flanche

La mémoire qui flanche

Jean-Paul de Belmont © Primo,

samedi 16 février 2008
- Lire la version pour téléphone mobile (iPhone, smartphone, etc.) -


Partager  | Autres liens

Faire porter à chaque enfant de 10 ans le souvenir d’une petite victime juive de la Shoah.On peut être pour ou contre cette proposition. On peut tout aussi bien être partagé tant les arguments des uns et des autres peuvent être pertinents et respectables.On ne peut cependant qu’être effaré par la violence de la plupart des réactions entendues sur les ondes après la suggestion de Nicolas Sarkozy au dîner du CRIF.

« Vous avez la parole » est devenue l’expression-phare de la vie participative chère à l’ancienne prétendante à la magistrature suprême.

Parlons-en de cette liberté. Elle est parfois l’occasion de libérer les chevaux sauvages qui sommeillent en chacun de nous. Entre les « Ça commence à bien faire ! », les « Y’en a marre de la Shoah ! » et autres « Les Juifs ! Toujours les Juifs ! », les réactions des auditeurs, voire de certains commentateurs, le vendredi 15 février 2008, ont été révélatrices d’une tragique réalité : la France de Vichy n’est pas encore enterrée.

À n’en pas douter, elle ressurgira sous une autre forme si une force suffisamment influente et coercitive impose un jour de nouveau à la France de se débarrasser de ses Juifs.

La seconde Intifada a représenté une aubaine pour bien des antisémites. Elle a été l’occasion pour eux de vociférer leur haine des Juifs sous couvert d’antisionisme, venant au secours d’un « peuple palestinien opprimé » dont ils se seraient soucié comme d’une guigne s’il avait été confronté à un peuple non-juif. Jean-Marie Le Pen avait déclaré qu’il avait été l’un des seuls hommes politiques français à dénoncer « l’extermination » des Palestiniens. C’était quelques jours avant sa propre « extermination » lors du scrutin présidentiel.

Ce débat sur la Shoah est une nouvelle opportunité pour le déversement de bile antijuive. Il ne s’agit plus de protéger le peuple palestinien mais de soustraire nos chères têtes blondes au traumatisme psychologique que représenterait cette nouvelle charge, qualifiée de mortifère par certains, de pédagogique par d’autres.

Nos enfants, c’est bien connu, ne peuvent être élevés que dans un univers Bisounours. L’Histoire enseignée ne doit se résumer qu’à ces frises de bas de page, illustrées par quelques anecdotes au-dessus où l’on raconte le processus allant de la récolte du blé à la confection du pain dans la France prérévolutionnaire.

En aucun cas cet enfant ne doit se sentir impliqué, ne doit comprendre à quel point il est lui-même inscrit dans cette chaîne historique, combien il est investi d’une responsabilité collective à défaut d’être individuelle.

Ce qui est vrai pour la Révolution, pour les heures glorieuses de la France, pour la conquête de la citoyenneté de chacun, ne saurait s’appliquer pour les pages sombres et honteuses de notre pays. Non, celles-ci doivent être sciemment occultées, balayées sous le lit avec la poussière de la défaite de 1940 et de la collaboration.

Il s’agit aussi et surtout d’en finir avec cette « prétendue » responsabilité collective européenne dans la Shoah, cette culpabilité non assumée. Quand on visite Auschwitz, on ne peut pourtant qu’être frappé par un tableau occupant un mur entier, ressemblant à une araignée avec sa toile. Il montre l’implication des réseaux de chemin de fer de toute l’Europe pour l’acheminement des victimes juives dans les camps. Sans la complicité de l’Europe entière, jamais l’Allemagne nazie ne serait parvenue à ses fins, du moins à cette échelle.

Pour parvenir plus aisément à évacuer cette fichue Shoah de notre mémoire collective, on sortira les arguments fallacieux les plus éhontés : « Et pourquoi pas l’esclavage ? Et la colonisation ? Et les Algériens noyés dans la Seine de Maurice Papon ? ».

Qu’importe la spécificité tragique de la Shoah. Qu’importe qu’elle fût la première, et unique jusqu’à ce jour, entreprise d’extermination d’un peuple sur un mode industriel. Tout mort est un mort, victime ou bourreau, petite fille israélienne mitraillée alors qu’elle se cache sous son lit pour échapper à ses agresseurs ou djihadiste se faisant exploser au milieu de civils dans un rêve érotique où il est question de 72 vierges.

Tout se vaut. Tout est pareil.

Et puis, foutez-nous la paix : « Tiens, v’là la Star Ac’ qui commence... ».


Soumettez vos réactions - Imprimer la page - {id_article}

Chaque matin recevez la Newsletter de Des Infos.com
Cliquez pour vous inscrire gratuitement

Inscription  gratuite à la Newsletter de



Informations , services  et publicité sélectionnés gratuitement par Desinfos.com











IDC

 





Docteurinfo.com la santé par la connaissance


Avis d'utilisation |     | Accueil | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Contact | Mentions légales | Espace privé |     | SPIP | squelette