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Les Juifs et les mouches

"moi je suis toujours de gauche mais c’est la gauche qui ne

Publié par Pilar Rahola | CONFERENCE A L’UNESCO PARIS

lundi 3 décembre 2007
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Il y a trois choses qu’Allah n’aurait jamais du créer : « les Perses, les juifs et les mouches ». Ainsi lue, c’est cette phrase que Saddam Hussein obligeait les enfants d’Irak à répéter. Elle semble grotesque et bien entendu barbare. Dans notre Europe arrogante et civilisée, jamais nous ne dirions quelque chose de ce genre : nous n’avons rien contre les Perses, ni contre les mouches.

Je dirais plus, les mouches sont agaçantes, mais s’inscrivent de telle manière dans le paysage méditerranéen qu’elles ont fini par devenir bien acceptées. Et, bien entendu, les Perses nous sont sympathiques. De sorte que nous pouvons respirer tranquillement. Seule la haine des juifs nous unit à Saddam Hussein. Serait-ce cette haine qui a conduit tant de manifestants à brûler les drapeaux frappés de l’étoile de David pendant qu’on hurlait des slogans en faveur de Saddam ? La judéophobie serait-elle le lieu symbolique commun où Arabes et Européens se rencontrent, se reconnaissent et s’aiment ? Et, est-ce cette même judéophobie, celle qui convertit un despote corrompu et violent comme Arafat en un résistant romantique ? Serait-ce toujours elle qui transforme le nihilisme terroriste palestinien en une sorte de poésie épique libératrice ?

Je soutiens maintenant et aujourd’hui, pour le malheur de notre continent contradictoire capable de créer pour le monde les bases de la démocratie et en même temps de créer les termites les plus actifs qui tentèrent de le détruire, le stalinisme et le fascisme, je soutiens que nous sommes en train de revenir vers les vieux démons qui nous sont propres : de nos jours, sur les fondements du vieil antisémitisme exterminateur qui forme notre pensée collective la plus profonde, nous sommes en train de construire un nouvel antisémitisme actif et pervers. « Un antisémitisme sans juifs ».

Le phénomène est en train de s’élaborer en parallèle avec deux attitudes complémentaires, les deux également suicidaires : l’anti-américanisme et l’indifférence face à l’apparition et l’installation d’un nouveau totalitarisme : l’intégrisme islamique. Telles sont les flèches tirées dans une même direction préoccupante : l’apparition du conformisme de la pensée européenne capable de mobiliser les rues et les consciences d’Europe et qui se fonde sur des piliers qui portent le germe de la destruction.

Selon moi, ce qu’il y a de plus grave, et à la lumière de mon propre militantisme progressiste, est que cette pensée unique est de gauche. De gauche le nouvel antisémitisme européen maquillé en anti-sionisme, de gauche le panarabisme romantique qui en arrive à minimiser le terrorisme ; et partagé avec une certaine droite, c’est à la gauche qu’appartient l’anti-américanisme farouche dont nous souffrons. Si nous sommes d’accord pour admettre que c’est la gauche qui modèle les idées les plus prestigieuses de notre société et que les intellectuels de gauche sont les défenseurs du progrès, alors nous tomberons d’accord sur le grave problème qui est le nôtre. Parlons de celui-ci, du nouvel antisémitisme et des deux pattes velues qui l’accompagnent.

Les nouveaux antisémites ne se reconnaissent pas comme tels. L’antisémitisme est une expression classique de l’extrême droite et pour autant la gauche le déteste et le récuse. Néanmoins le parapluie de l’anti-sionisme ou directement de l’anti-israélisme est beaucoup plus facile à porter. Il protège bien de la pluie de la critique et permet de porter un masque dont on peut se nourrir intellectuellement.

C’est Martin Luther King qui écrivit cette phrase à un ami anti-sioniste : « Les temps ne permettent plus de manifester ouvertement une impopulaire haine des juifs ; ceci étant, l’antisémite cherche de nouvelles formes et de nouveaux forums où il pourra distiller son venin. Maintenant, il le cache derrière un nouveau masque, maintenant il ne déteste plus les juifs, il est seulement anti-sioniste ».

Trente-six ans après, cette phrase est plus d’actualité que jamais, de sorte que l’anti-sionisme et la démonisation féroce d’Israel se sont converties en un passage obligé pour la pensée de gauche. Comme si dans le catéchisme non écrit de la gauche il existait un dogme inébranlable : ou tu es anti-sioniste, ou tu n’es pas de gauche. Moi-même, dans mon pays, je suis expulsée du paradis de la gauche par certains gourous du dogme chaque fois que je ne pratique pas le tir intellectuel contre le juif, pardon, contre le sioniste, pardon, contre l’Israélien. Mais tout cela n’a-t-il pas le même sens dans la grammaire antis ?mite ?

Le résultat est celui qui s’offre à nos yeux dans sa forme la plus tangible : la douloureuse agression que subissent les communautés juives dans divers pays. Depuis des vetos personnalisés - ce qui permettrait d’expliquer des situations durcies en Espagne - jusqu’à la violence physique qu’eurent à subir les juifs pacifistes dans la célèbre manifestation. Mais l’enracinement le plus profond du nouvel antisémitisme se situe au coeur de la Terre sainte et on tire sur Israél comme on tire aux pigeons. Israel est actuellement une authentique obsession pour la gauche européenne et l’exemple le plus remarquable des tics fascistes que la gauche peut présenter.

Voici quelles sont mes accusations.

· manipulation informative

· criminalisation de la légitimité de l’Etat d’Israel

· minimisation des victimes juives

· banalisation de la Shoah

· et indifférence, lorsqu’il n’y a pas applaudissement, devant les ravages terroristes de l’intégrisme.

D’abord, j’accuse la gauche d’assassiner l’information à coup de propagande

La manipulation de l’information de ce qui se passe au Moyen-Orient est si grossière et excessive qu’elle passera dans les annales du journalisme comme exemple d’intoxication de masse.

Combien de principes du journalisme font faillite dans l’information que sert la majorité des media européens : absence de contrôle des sources, interprétation tendancieuse et manipulation des faits, ridiculisation du principe d’objectivité, indifférence devant ce qui devrait être le désir ardent de tout informateur : la vérité.

Je sais qu’on me dira que l’objectivité n’existe pas, et encore moins dans le journalisme, mais entre l’objectivité pure et la subjectivité militante, il y a un large fossé qu’un journalisme sérieux pourrait combler, et qu’il ne comble pas dès qu’il s’agit du Moyen-Orient. La grammaire de ce nouveau journalisme se soumet au jour le jour à la presse influente d’Europe occidentale, et cette dernière est si puissante que la grammaire en question ne saurait même se déprendre de la célèbre et mythifiée BBC.

Cette grammaire a ses règles précises :

il ne saurait être question de terroristes mais de miliciens.

il n’y a jamais de victimes juives

toute action palestinienne est naturellement bonne et a priori défensive

toute action israélienne est entachée de criminalité

il n’existe pas de bourreaux palestiniens

il n’existe pas d’ingérence internationale

la corruption d’Arafat n’existe pas

et comme elle n’existe pas, son passé violent n’existe pas davantage

et, évidemment, la démocratie isra ?lienne n’existe pas.

L’attentat quotidien que l’information subit du fait de la propagande, avec la plus totale impunité, n’est ni fortuit, ni spontané. J’accuse donc la presse européenne de manipuler, de mentir et de changer les règles de l’information au Moyen-Orient. Sa neutralité est sans aucun doute une neutralité pro-palestinienne.

En second lieu, j’accuse la gauche de banaliser la Shoah, fait qu’on ne peut considérer en aucun cas comme mineur. L’attitude de nombreux collectifs activistes parfaitement repérables dans les manifestations pacifistes de ces derniers jours, tout comme l’action de nombreux intellectuels de gauche qui se sont servis de la tragédie de l’Holocauste comme d’une arme contre Israel, tout cela restera inscrit sur les murs de la honte européenne.

Le point culminant de ce mépris profondément cruel, à savoir utiliser contre les victimes de la Shoah leur propre martyre est une manière de les tuer deux fois. Et c’est le cas des déclarations de Saramago à Djénine. A ce propos, voilà ce que j’ai à dire. Saramago constitue l’exemple le plus emblématique d’une affirmation innommable - quelqu’un peut écrire de façon angélique et penser de manière démoniaque.

En 1884, Auguste Bébel avait déjà appelé cela « le socialisme des imbéciles ». Mais cela n’est pas seulement une imbécillité. Le hasard, si étonnamment poétique parfois, fait que j’écris ces lignes alors que je suis encore sous le choc de la visite du musée de l’Holocauste à Washington. Comme le dit ce grand bâtisseur de la mémoire qu’est Claude Lanzmann, la Shoah est « la mort de l’âme humaine ». Face à son souvenir, aucun citoyen du monde ne peut rester indifférent, mais par dessus tout, aucun Européen ne peut être étranger à cet événement.

L’Europe a créé cette pensée totalitaire du christianisme qui convertit tout un peuple en déicide (après avoir entendu les âneries de Mel Gibson je suppose qu’on n’ira jamais plus le voir au cinéma).

L’Europe, ce fut l’Inquisition espagnole, ce fut Luther qui tenait les juifs comme une plaie au coeur de la terre.

L’Europe, ce fut la démonisation, la persécution, la culpabilisation de la mort de ce qu’elle avait de meilleur dans son propre corps : son âme juive.

L’Europe, ce fut le Vatican et ses collaborateurs avec les nazis.

Auschwitz n’est pas une contingence tragique de l’histoire, une espèce d’erreur perverse. Auschwitz est la dernière étape d’un long processus de destruction, et en cela, il n’est pas exagéré d’affirmer que l’Europe si profondément juive, se détruisit elle-même avec la Shoah. Ce qui reste aujourd’hui de l’Europe, ce sont les restes du naufrage, un continent séquestré par ses propres démons et qui a perdu sa dignité. C’est pourquoi banaliser la Shoah est quelque chose de bestial et de pervers. Et qui plus est, que ce soit la gauche qui en soit responsable, elle qui a pour vocation d’être la gardienne la plus fidèle de la justice et de la liberté, est un acte de trahison, de trahison à la mémoire tragique de l’Europe. Est-ce là le symptôme du nouvel antisémitisme ?

Sans doute aucun : en minimisant l’Holocauste, on en réduit la dimension tragique, on relativise la faute de l’Europe et le juif redevient soupçonnable, puissant et dangereux. La victime juive n’existe plus, seul existe le soldat israélien qui tue des enfants ? Belle, métaphore moderne du juif médiéval qui buvait le sang des enfants chrétiens. Ce lien entre le juif médiéval maudit et le soldat israélien maudit vient bien heureusement pour disculper la faute de l’Europe.

La gauche établit cette relation, même de façon inconsciente, de sorte que nous pouvons dire que l’orthodoxie chrétienne et la gauche orthodoxe cohabitent avec bonheur sur le territoire inhospitalier de l’antisémitisme.

J’accuse donc la gauche d’avoir trahi la mémoire tragique de l’Europe.

Troisièmement, j’accuse la gauche de minimiser, de justifier, voire de célébrer un nouveau totalitarisme qui menace gravement la liberté : le nihilisme terroriste islamique. Les exemples sont scandaleux : indifférence devant des attentats aussi graves que la bombe de Amia en Argentine ou l’attentat contre les tours jumelles considéré d’une certaine manière par la gauche comme relevant de la responsabilité américaine à cause de sa politique extérieure, à laquelle il faut associer la faute juive.

L’exaltation du terrorisme palestinien comme formule de lutte légitime a une conséquence : considérer comme légitime d’inculquer à la société palestinienne, et globalement à de nombreuses sociétés islamiques, une culture fataliste de la haine et de la mort, culture à l’évidence totalitaire. Le bon ami Marcos Aguinis appelle cela « la régression de la gauche vers l’anti-modernité ».

Pendant qu’elle pardonne les bombes du Hamas ou se répand dans les rues contre l’intervention américaine en Irak, cette même gauche ne s’est jamais manifestée contre l’intégrisme qui a tué plus de quatre mille personnes à New York ou contre celui qui est responsable d’un million de morts dans sa guerre au Soudan. Je n’ai jamais vu non plus une ONG qui voudrait envoyer des boucliers humains dans les cafétérias de Tel-Aviv. Il y a une solidarité sélective dérivée d’un manichéisme pervers qui convertit les terroristes en victimes et les victimes en coupables.

L’intégrisme islamique est l’héritier naturel des grands totalitarismes de l’humanité a connus : le nazisme et le stalinisme. Comme eux, ils sont fondamentalement antisémites et comme eux, présentent un corps doctrinal basé sur la terreur, la récusation de tout principe de liberté et l’expansionnisme sanglant. Comme eux aussi, il agit dans l’indifférence ou la complicité européennes.

De ce fait, j’accuse la gauche de trahir la démocratie, laissant libre cours au nihilisme terroriste. Néanmoins rien de neuf sous le soleil en ce qui concerne une gauche qui s’est amourachée de nombreux dictateurs que l’histoire a fournis : Staline, Pol Pot, Fidel et maintenant Arafat. Dépourvue d’épopées qui lui soient propres, déconcertée et traînant avec elle une valise pleine de rêves brisés, la gauche regarde le monde arabe, à la recherche des échos de Lawrence d’Arabie.

La gauche s’amourache des guerres totales, des chants tribaux de la révolution, peut-être convaincue qu’entre la « révolution ou la mort du Che » et le « vive la mort » du Hamas, il n’y a pas grande différence. La gauche cherche Lawrence d’Arabie pour le plus grand malheur de tous, sans s’apercevoir que ce qu’elle a découvert, c’est Ben Laden et Arafat, autre vieux dictateur corrompu et sanglant.

J’accuse donc la gauche de ne pas tenir compte des victimes du terrorisme, de ne pas comprendre la menace que constitue le nihilisme et de trahir par son aveuglement la démocratie. Je l’accuse de pleurer seulement avec l’oeil gauche... un oeil gauche qui, à présent est délibérément antisémite.

Puis-je avancer le bel exemple du forum de Porto Alegre ou de Durban ? Les résidus des révolutions frustrées du monde firent là-bas leur beau sabbat. Et l’objet de la fête ? Bien évidemment les juifs. En effet, la faute aux juifs se vend toujours très bien sur les marchés de la démagogie.

Alors, est-ce qu’aujourd’hui l’Europe est plus antisémite qu’avant ? Est-ce le cas de la France ? Aujourd’hui, l’Europe et la France sont en train de réinventer l’antisémitisme. Il est réinventé par quelques populismes de droite avec des assises catholiques. Il est réinventé par la gauche qui donne brio et prestige à ce qui n’était autrefois qu’une pure rhétorique d’extrême droite.

Ce nouvel antisémitisme s’emploie efficacement à faire oublier et à banaliser la Shoah, sachant que l’oubli est toujours un choix. De fait, oublier, c’est avoir une bonne mémoire. Sans aucun doute, la gauche européenne a une très bonne mauvaise mémoire. Et avec l’oubli bien ancré dans l’idéologie, la gauche oublie également les origines de la création de l’Etat d’Israél. La gauche jette le soupçon sur sa légitimité et criminalise ses actes. Israel est sans doute un des Etats dont la création a plus de fondement moral que la plupart des Etats existants, et pourtant c’est l’unique Etat au monde qui, chaque jour, doit demander pardon d’exister.

Sans doute aucun donc, j’accuse la gauche de mettre en question la légitimité de l’Etat d’Israél, ce qui a pour conséquence de tenir toutes ses actions pour naturellement coupables. Ne peut-on voir un lien entre cette attitude et l’aveuglement du parlement européen, indifférent à l’usage que l’ALP fait de l’argent public européen ?

Au nom de la démocratie, je me demande comment il se fait que ce soit de l’argent européen qui finance les écoles de la haine où les enfants palestiniens sont endoctrinés en vue d’un fanatisme suicidaire. En étant indifférents, nous sommes irrévocablement responsables de séquestrer la tolérance et la modernité et de permettre que s’enclenche une spirale de haine d’impuissance, de vengeance destinée à des générations entières de Palestiniens.

Nous le permettons, nous le finançons et nous allons même jusqu’à le justifier. Ce qui nous ramène à nouveau à l’Histoire. Que l’on se souvienne d’Hermann Broch ! L’indifférence, cette forme de violence. Et tout cela parce que la haine des juifs n’a pas donné des boutons à la délicate peau de l’Europe. Tout est permis aux catholiques, aux protestants, aux homosexuels, aux citoyens noirs, mais aux juifs...

EST UN NOUVEL ANTISEMITE :

  • celui qui n’est pas horrifié que le Mein kampf d’Hitler et les abominables Protocoles des Sages de Sion soient des best sellers dans le monde arabe.
  • celui qui répète les vieilles antiennes qui font des juifs des êtres démoniaques, et spécialement à partir d’énoncés intellectuels.
  • celui qui s’amourache de la poésie épique du terrorisme palestinien et qui, porté par un anti-américanisme pathologique, refuse de voir les dangers de l’intégrisme islamique.
  • celui qui a fait d’Israel un nouveau parapluie pour un vieux démon.

J’en termine avec cette conviction : le puzzle de l’antisémitisme retrouve une nouvelle vigueur. Et en voici les pièces :

La première pièce est le subconscient européen résistant aux leçons de l’histoire et insensible aux vaccins qui tentent de tuer définitivement le virus antisémite. L’Europe s’est débarrassée de sa peau juive, mais elle n’a pu se défaire de sa vieille haine.

La deuxième pièce est un néo-catholicisme populiste plus ou moins extrêmiste qui s’enracine dans la judéophobie.

La troisième pièce est une pensée de gauche qui, sans avoir liquidé son passé totalitaire, s’amourache de nouvelles épopées, elles aussi totalitaires. Elle crée ainsi les fondements d’un antisémitisme plus dangereux parce que la gauche lui donne du prestige, lui offre une couverture intellectuelle et lui donne des armes idéologiques.

La quatrième pièce est l’anti-américanisme européen issu d’un double complexe que traîne l’Europe : un grand complexe de supériorité - ce n’est pas en vain qu’elle est le trouver une solution à une seule de ses propres tragédies. Bien évidemment l’anti-américanisme est par définition anti-sioniste.

La cinquième pièce est l’intégrisme islamiste, idéologie totalitaire et nihiliste, ouvertement ennemi de la modernité et dont le fondement est l’antisémitisme. Il faut admettre que berceau ]de la modernité - un énorme complexe d’infériorité car elle est incapable de l’existence d’un million deux cent mille musulmans dans des tyrannies théocratiques ne facilite en rien la lutte contre la judéophobie.

Territoire commun de plus d’un dogmatisme manichéen, la judéophobie actuelle trouve de nouveaux camouflages ; elle croit et prospère. Aujourd’hui ici, devant l’UNESCO, protégée par cet exemple d’héroïque ténacité et de dignité que constitue le centre Simon Wiesenthal, j’accuse la gauche européenne, ma gauche, de servir de couverture intellectuelle au nouvel antisémitisme qui existe en Europe, une gauche qui s’est trahie elle-même en trahissant la démocratie.

A nouveau, en Europe, il est difficile d’être juif, alors que l’Europe la plus européenne qui ait jamais existé n’a jamais été l’Europe juive. Notre tendance au suicide est malheureusement pathologique. Je l’affirme parce que je suis européenne, et comme telle, je me sens juive face à l’antisémitisme, seule position morale qui puisse rédimer un Européen de son passé honteux.

Merci pour m’avoir invitée.

Shalom


Pilar Rahola, est écrivain, ex-députée du Parti Socialiste Espagnol


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