Depuis Septembre 2000, DESINFOS.com est libre d’accès et gratuit pour vous donner une véritable information indépendante sur Israël
Personnalisé
Inscription gratuite à la Newsletter - cliquer ici
-
Accueil > Les textes > Nicolas Sarkozy ferait-il des mules ?

Nicolas Sarkozy ferait-il des mules ?

par David Ruzi, professeur mrite des universits, spcialiste de droit international

vendredi 17 août 2007
- Lire la version pour téléphone mobile (iPhone, smartphone, etc.) -


Partager  | Autres liens

C’est la question que l’on est en droit de se poser depuis qu’il y a quelques jours le quotidien isralien Haaretz a rvl que le nouveau prsident Shimon Prs avait soumis un plan de paix au premier ministre Ehoud Olmert. Certes, le rgime politique isralien se rapproche plus du systme parlementaire de la IVme Rpublique que du systme mis en place par la Constitution de la Vme Rpublique.

Et si, à l’heure actuelle, en France, c’est le nouveau Président de la République qui, s’éloignant de la lettre de la Constitution de 1958, pratiquement, « détermine et conduit la politique de la nation », il ne peut en être de même en Israël, où en l’absence de Constitution, les Lois fondamentales ne reconnaissent au Chef de l’Etat qu’une magistrature morale, ses fonctions étant principalement représentatives.

Ce qui ne signifie nullement que le Président d’Israël doive se cantonner, suivant, la formule française à « inaugurer les chrysanthèmes » et qu’il ne puisse pas, lui aussi, faire connaître son point de vue sur les questions vitales concernant le pays.

Et du fait de son autorité morale, ses vues méritent considération.

Aussi, Shimon Pérès n’a-t-il pas, à notre avis, dépassé les limites des pouvoirs, qui lui sont reconnus, en proposant dans un plan, transmis à Ehoud Olmert, quelques jours après son entrée en fonction, la création d’un Etat palestinien sur l’ensemble de la bande de Gaza ainsi que sur 95% de la Cisjordanie, tandis que les 5% restants, où sont situés les grands blocs d’implantations, relèveraient de la souveraineté d’Israël.

Mais, bien évidemment, il y aurait lieu de déterminer quels seraient les territoires d’une superficie équivalente qui seraient reconnus aux Palestiniens, ce qui devrait être l’objet de négociations entre les parties (v. le communiqué du service de presse de l’ambassade de France en Israël, relayant le quotidien israélien sur www.desinfos.com/impression.php?id_article=7920).

Ce n’est pas la première fois qu’une telle solution est évoquée, mais, c’est à notre connaissance, la première fois qu’elle émane du Chef de l’Etat israélien.

L’originalité du plan mis en avant par Shimon Pérès réside, notamment, dans le fait qu’il envisage, comme l’une des solutions pour l’échange de territoires, que celui-ci porte sur des localités arabes israéliennes, sous réserve d’obtenir tout d’abord l’accord de leurs habitants.

S’il est vrai que les Arabes israéliens ont jusqu’à présent, généralement proclamé qu’ils n’entendaient pas quitter le giron israélien, il n’en demeure pas moins vraisemblable que la plupart d’entre eux accepteraient l’idée mise en avant par Shimon Pérès, dès lors que ce transfert serait de nature à faciliter la « coopération à grande échelle entre Israël et la Palestine, avec l’aide de la communauté internationale, pour la reconstruction des territoires palestiniens ».

Après tout, cela clarifierait la situation, car il faut bien reconnaître que, pratiquement, comme en témoignent certaines prises de position de parlementaires arabes israéliens, les Arabes palestiniens se sentent, souvent, mal à l’aise dans la situation actuelle.

D’ailleurs, selon Haaretz , les conseillers de Mahmoud Abbas auraient adhéré à ce plan.

Reste, évidemment, à obtenir le consensus de la classe politique israélienne.

Outre le fait qu’Ehoud Olmert n’aurait pas rejeté les principes de ce plan, d’après le journal israélien, un tel accord, s’il était soumis à la Knesset, bénéficierait, semble-t-il, du soutien d’au moins soixante-dix des cent vingt députés.

Il ne nous paraît pas que le comportement récent - totalement illégal, voire scandaleux - de quelques dizaines de colons irréductibles à Hébron, puisse refléter l’opinion publique majoritaire en Israël.

Pas plus d’ailleurs que les gestes violents de ceux qui s’opposèrent voici deux ans à l’évacuation de la Bande de Gaza.

Certes, le déferlement, depuis la mise en œuvre de cette décision, de roquettes sur les localités israéliennes donne, apparemment, raison à ce refus d’obéir aux ordres d’un gouvernement bénéficiant du soutien d’une majorité à la Knesset, démocratiquement élue.

Mais, ce n’est qu’une apparence, même si les souffrances des habitants de Sderot, notamment, constituent une triste et dure réalité.

De fait, la décision prise par Ariel Sharon était dictée par le bon sens et la nécessité, au même titre que le retrait opéré du sud-Liban, quelques années auparavant, même si ce retrait avait enhardi l’opposition d’Arafat à toute solution pacifique et l’avait conduit à initier le déclenchement de la seconde Intifada .

Ce n’est pas parce que, tant du côté palestinien que du côté israélien, une minorité se refuse à envisager des compromis de nature à aboutir à un règlement du conflit qu’il faut désespérer d’y parvenir.

L’avantage c’est que du côté israélien, les autorités disposent, effectivement, et heureusement, des moyens de faire respecter la loi et l’ordre, alors que du côté palestinien, on attend encore que l’Autorité palestinienne mérite, enfin, son appellation.

Mais, il n’y pas lieu de désespérer.

Rappelons-nous que le 19 février 2005, Ariel Sharon, pourtant considéré comme un « faucon » se déclarait prêt à des « concessions douloureuses » pour une paix authentique avec les Palestiniens, sous réserve de la sécurité des Israéliens.

C’est au titre de ces « concessions douloureuses » qu’il faut également ranger la proposition faite, plus récemment, par Shimon Pérès - et rapportée par Maariv de libérer des prisonniers palestiniens pour relancer le processus de paix (www.desinfos.com/impression.php?id_...).

Il est évident que la libération récente de 256 prisonniers palestiniens ne peut constituer qu’une amorce modeste dans cette voie.

Mais Shimon Pérès a pris soin, en soulignant d’ailleurs qu’il n’avait aucune intention, (nous ajouterons « lui ») d’empiéter sur le domaine du gouvernement, de préciser que son action se fait en concertation avec celui-ci et avec le Premier ministre Olmert.

Et surtout il a conditionné la mise en œuvre d’une libération massive (2 000 prisonniers par an sur 5 ans) à la prise et (et nous ajouterons, modestement) surtout à la tenue d’engagements précis par l’Autorité palestinienne concernant la réforme de ses forces de l’ordre et la lutte contre le terrorisme.

Il est évident qu’on en est encore loin, mais le fait que des propositions d’apaisement soient faites du côté israélien devraient inciter les dirigeants palestiniens à se doter des moyens d’y parvenir, et ce avec l’aide la communauté internationale, qui, jusqu’à présent, n’a pourtant pas lésiné sur ce point,

Mais, depuis 1993, date du début d’une normalisation des rapports entre Israéliens et Palestiniens, les dirigeants de ceux-ci ont - et le cas d’Arafat en est la preuve éclatante - été davantage intéressés par les avantages matériels qu’ils pouvaient en retirer plus que par le souci de contribuer au bien-être de la population.

Nous avons souvent répété - ici même - que suivant l’adage « ventre affamé n’a pas d’oreilles » (ou plutôt risque d’être attiré par les mauvais génies) que seule une amélioration du niveau de vie de la population palestinienne serait de nature à atténuer le sentiment anti-israélien, hélas majoritaire au sein de la population, surtout parmi les jeunes.

N’oublions pas - mais ce n’est qu’une explication et non une excuse - que c’est la crise économique du début des années 30, qui a favorisé l’avènement du nazisme en Allemagne.

De même, le terrorisme et les idéologues islamistes qui l’instrumentalisent, trouvent un terreau favorable dans le sous-développement de la Bande de Gaza, et dans une moindre mesure, en Cisjordanie.

Et cela relève de la responsabilité de l’Autorité (sic) palestinienne.

Tel est le message que la communauté internationale se doit de faire passer, plutôt que de persévérer à distribuer aux deux parties des cartons jaunes, voire rouges.


Soumettez vos réactions - Imprimer la page - {id_article}

Chaque matin recevez la Newsletter de Des Infos.com
Cliquez pour vous inscrire gratuitement

Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


Inscription  gratuite à la Newsletter de



Informations , services  et publicité sélectionnés gratuitement par Desinfos.com











IDC

 





Docteurinfo.com la santé par la connaissance


Avis d'utilisation |     | Accueil | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Contact | Mentions légales | Espace privé |     | SPIP | squelette