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Trois tats en Palestine

Par Jacob Savage, membre du Centre Shalem Jrusalem. Traduit par Artus pour www.nuitdorient.com

jeudi 2 août 2007
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Sparer Gaza de la Cisjordanie est plus raliste sur le plan historique que former une nation palestinienne unifie. La prise du pouvoir rcente Gaza par le Hamas a rvl de profondes fissures au sein de la cause palestinienne. Aussi bien les Amricains que les Israliens ou les Palestiniens, tout le monde voudrait croire que ces divisions sont temporaires, mais la ralit du terrain n’est pas aussi simple. En grande partie, les habitants de Gaza et de Cisjordanie sont des populations diffrents et l’ide d’une solution 3 tats tiendrait mieux compte de la ralit historique.

Au début du 19ème siècle, Gaza était dominée culturellement par l’Egypte voisine. Elle faisait partie de l’Empire Ottoman, mais la plupart de ses habitants étaient des Egyptiens qui avaient fui l’instabilité politique en Egypte.

D’un autre côté, depuis la naissance du royaume hashémite de Transjordanie en 1921, la Cisjordanie était culturellement et économiquement liée à lui. Et contrairement à Gaza, la Cisjordanie a toujours eu une minorité chrétienne prospère, qui avait une influence modératrice.

Depuis la renaissance de l’état d’Israël en 1948, ces 2 entités vécurent des expériences différentes. En 1950, la Transjordanie annexa la Cisjordanie, pour devenir la Jordanie et accorda à ses habitants la citoyenneté, créant une administration et une infrastructure légale favorisant les liens de cette région avec le reste du monde arabe.

A contrario, l’occupation simultanée de Gaza par l’Egypte était bâclée et brutale. Les habitants de cette entité restèrent sans citoyenneté et ne pouvaient quitter les lieux. L’Egypte n’a jamais créé une administration locale, et les Egyptiens ont occupé tous les postes civils et militaires.

Aujourd’hui encore les économies de ces 2 entités sont totalement déconnectées. Gaza baigne dans une pauvreté telle qu’elle s’est radicalisée sur le plan religieux et politique. En 2006, le chômage était supérieur à 35%, comparé aux 18% de la Cisjordanie. En dehors des subsides étrangers et du parapluie politique de l’Autorité Palestinienne, il n’y a rien d’autre de commun entre ces 2 entités.

Pourtant la différence la plus importante concerne la manière dont les réfugiés ont été intégrés. Plus d’un million de réfugiés et leurs descendants vivent dans la bande de Gaza, représentant 84% de la population locale et la moitié d’entre eux vivent encore dans des camps gérés par les Nations Unies. La Cisjordanie a mieux intégré ses réfugiés sur un territoire plus grand. Les réfugiés ne représentent plus que 10% de la population locale et un quart d’entre eux seulement sont encore dans des camps. Plus intégrés sur le plan familial et sur le plan économique ces réfugiés sont plus ouverts à un éventuel compromis. Il est concevable ainsi que les Palestiniens de Cisjordanie acceptent de renoncer au droit au retour contre des concessions territoriales. Ce qui est impensable de la part des réfugiés de Gaza dont plusieurs générations n’ont eu comme seul horizon que des camps.

Croire que les identités nationales sont figées est une fiction du 20ème siècle. L’identité nationale palestinienne a évolué depuis l’empire ottoman, et il n’y a aucune raison de croire qu’elle restera gelée. Ainsi les Palestiniens de Cisjordanie qui ont obtenu une citoyenneté en 1950 se considèrent comme Jordaniens. Après la Guerre des 6 jours de 1967, ils ont adopté une identité pan-palestinienne et il a suffi d’une seule génération séparée des institutions jordaniennes pour qu’il en soit ainsi (1). La division entre Gaza et la Cisjordanie s’est poursuivie sous tutelle israélienne et toute une génération d’habitants de Gaza ne connait rien de la Cisjordanie et réciproquement.

A la lumière du récent schisme entre le Hamas à Gaza et le Farah en Cisjordanie, la vision d’Arafat d’une Palestine unie est devenue plus lointaine que jamais, et il est temps de considérer une solution à 3 états.

Dans cette configuration, Israël pourrait alors traiter Gaza comme un état pariah et répondre librement à ses attaques de missiles Qassam. Israël pourrait attendre que Gaza s’enfonce de plus en plus dans le chaos et la quarantaine ou qu’un dirigeant plus modéré, mais improbable, prenne le pouvoir.

Les Cisjordaniens seraient les premiers à profiter d’un tel arrangement. En effet, Israël envisage déjà de restituer au Fatah les taxes retenues, soit un demi milliard $. Une fois détaché de Gaza, les dirigeants en Cisjordanie obtiendront vraisemblablement l’allègement des postes de contrôles et l’évacuation de certaines implantations. Selon une logique perverse, même les résidents de Gaza profiteraient de cette situation, puisque libérés de l’hégémonie du Fatah, ils pourront pratiquer en toute quiétude la contre-utopie islamiste qu’ils auront choisie.

Ainsi la Palestine divisée facilitera en fin de compte une solution temporaire au conflit, paix entre Israël et la Cisjordanie, lutte sporadique de Gaza avec Israël. C’est une solution partielle, il faut en convenir, mais meilleure que le statu quo sans aucune solution.

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Note

(1) Ayant perçu que ses anciens sujets palestiniens ne se sentaient plus jordaniens, le roi Hussein a renoncé à toute revendication sur la Cisjordanie dès 1988.


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