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Abécédaire des relations publiques

Par Alan M. Dershowitz

mercredi 10 décembre 2003
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Jerusalem Post - Edition française - 9 décembre, 2003
Il faudrait créer en Israël une cellule de réflexion neutre et non partisane chargée de réfléchir à des moyens de présenter de manière plus efficace l’argument du consensus israélien... Sa tâche consisterait tout simplement à dire la vérité, mais à la dire de façon plus efficace et plus pénétrante.

A force d’être déçu par l’inefficacité des Israéliens dans leur présentation des arguments en faveur de leur pays, j’ai décidé d’écrire The Case for Israel [Plaidoyer pour Israël]. En effet, les Israéliens sont si occupés à se disputer et à débattre entre eux des différentes manières de faire la paix et de garantir la sécurité du pays que rares sont ceux qui parviennent à marquer un temps d’arrêt pour réfléchir à l’impact de ces chamailleries internes sur la réputation d’Israël dans le monde.

Ces défenseurs de l’Etat juif qui représentent le gouvernement israélien se doivent de mettre en avant des arguments en faveur de la politique de ce dernier plutôt qu’en faveur d’Israël en général. Les adversaires israéliens de la politique du gouvernement en exercice passent le plus clair de leur temps à critiquer ce qu’ils considèrent comme des erreurs ou des mauvais calculs.

La vérité est que la grande majorité des Israéliens est d’accord avec l’argument fondamental selon lequel Israël a le droit d’exister en tant qu’Etat juif dans des frontières sûres et défendables, et qu’il peut se défendre contre le terrorisme en employant des moyens raisonnables et proportionnés.

La grande majorité des Israéliens s’accordent également à reconnaître que la raison pour laquelle il n’y a pas d’Etat palestinien est que depuis le début du conflit, les dirigeants palestiniens sont davantage préoccupés par le fantasme de détruire l’Etat hébreu que par l’idée de créer leur propre pays.

Tous, ou presque, reconnaissent qu’Arafat, de même que son prédécesseur Hadj Amin al-Husseini, n’a pour ainsi dire jamais « manqué une occasion de manquer une occasion » (expression empruntée à Abba Eban), et n’a jamais su comment réagir quand la réponse à ses doléances était « oui ».
La vaste majorité des Israéliens convient aussi que malgré les imperfections de leur Etat en matière de droits de l’homme, aucun pays au monde confronté à de tels dangers et menaces n’a fait autant d’efforts pour exister tout en respectant l’autorité de la loi. Ils s’accordent aussi à reconnaître qu’Israël est le pays le plus démocratique du Moyen-Orient et celui dont la liberté de la presse, de culte, d’expression et d’opinion est la plus respectée de la région.

Et pour finir, ils reconnaissent aussi que, bien que la situation des Arabes israéliens pourrait et devrait être sérieusement améliorée, elle est nettement meilleure - qu’il s’agisse des critères de longévité, d’éducation, de liberté ou du système de santé de la population - que celle des minorités des autres pays du Moyen-Orient et du reste du monde.

Mais malgré ces réalités, les Israéliens ne mettent que rarement en avant cet argument du consensus ou de l’accord général au sein de leur population.

Il existe heureusement quelques grandes exceptions, mais dans leur majorité, les Israéliens avancent des arguments soit en faveur de la politique du gouvernement, soit contre cette politique, et oublient d’exprimer ce qui à leurs yeux est évident, mais ce qui aux yeux du monde n’est souvent pas compris : presque tous sont d’accord avec l’argument de base en faveur Israël.

Au cours d’une récente réunion de professeurs de Harvard tout particulièrement concernés par le sort d’Israël, bien que souvent critiques à l’égard de la politique du gouvernement actuel, j’ai suggéré qu’ils adoptent l’approche suivante lors des débats et forums organisés sur les campus universitaires : avant de s’étendre sur les 10% de la politique israélienne auxquels ils s’opposent, ils devront exposer les grandes lignes des 90% avec lesquels ils sont d’accord, eux et quasiment toutes les personnes raisonnables qui se soucient d’Israël.

Je leur ai vivement recommandé de ne pas oublier que l’auditoire estudiantin devant lequel ils s’adressaient n’avait souvent entendu parler que des 10% et qu’ils ignoraient le consensus des 90%. Et je pense qu’il en va de même pour les Israéliens qui soutiennent leur pays.

Il va de soi que seuls très peu d’Israéliens s’opposent fondamentalement au droit d’Israël à exister en tant qu’Etat juif. Ces citoyens partagent les opinions absurdes et grotesques de Noam Chomsky, d’Edward Said et de Tony Judt, appelant à un Etat unique et binational.

Cette solution a déjà été appliquée au Liban, en ex-Yougoslavie et en Inde pré-pakistanaise. Elle a à chaque fois abouti à un désastre et souvent à un génocide.

Dans le cas d’Israël, c’est également une recette pour générer catastrophes et effusions de sang. Pourtant, certains universitaires israéliens n’ont pas hésité à prendre en marche le train pour l’enfer. Il y a aussi certains universitaires israéliens qui ne sont pas d’accord avec les 90% du consensus et qui considèrent l’établissement d’Israël en soi comme une entreprise colonialiste. Ces universitaires fourvoyés sont tout à fait en droit d’exprimer leurs opinions, en dépit du fait que leur statut d’Israéliens leur serve de porte-voix pour leurs positions dissidentes.

Il nous est régulièrement donné d’entendre des arguments du type : « Même un Israélien comme [je vous laisse deviner de qui il s’agit] estime qu’Israël n’a pas le droit d’exister, et par conséquent, cela doit être vrai. »

Les critiques et les dénigrements de ces universitaires, qui bénéficient d’une attention très disproportionnée par rapport à leur nombre, finissent par induire le monde en erreur en lui faisant croire que ces points de vue sont courants dans le pays. Le fait que la grande majorité des Israéliens progressistes et compatissants rejettent ces allégations est souvent méconnu du reste monde.

Que faire ? Il faudrait créer en Israël une cellule de réflexion neutre et non partisane chargée de réfléchir à des moyens de présenter de manière plus efficace l’argument du consensus israélien. Ce groupe devrait être libre de toute ingérence du gouvernement en exercice et ne devrait pas se sentir obligé de défendre les politiques de ce gouvernement quelles qu’elles soient. Il serait mandaté pour avancer l’argument du consensus et de l’opinion générale en faveur d’Israël. Sa tâche ne relèverait ni du domaine des relations publiques, ni de celui de la propagande ou de la hasbara [communication]. Sa tâche consisterait tout simplement à dire la vérité, mais à la dire de façon plus efficace et plus pénétrante.


L’auteur de cet article enseigne le droit à Harvard. Son ouvrage le plus récent est The Case for Israel [Plaidoyer pour Israël] (en anglais).


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