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Le Hamas, terrorisme et charité

Par Léonard Vincent -TF1 - LCI

vendredi 5 décembre 2003
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La branche palestinienne des Frères musulmans veut être le bastion de la résistance à tout compromis avec Israël. Ses centres d’aide sociale et sa solide implantation locale en font la deuxième force politique dans les territoires palestiniens

Mis en ligne le 11 juin 2003

http://news.tf1.fr/news/monde/0,,1075043,00.html

« Je jure par Dieu que nous ne laisserons pas un seul juif en Palestine. Nous les combattrons avec tous les moyens dont nous disposons. Cette terre est la nôtre et pas la terre des Juifs. »
{{Déclaration d'Abdelaziz al-Ra ntissi, numéro deux du Hamas, depuis son lit d'hôpital après avoir été blessé par un raid israélien

L’un des obstacles majeurs que doivent surmonter Israéliens et Palestiniens pour parvenir à une paix négociée, c’est le Hamas. D’ailleurs, ces derniers jours, alors qu’Ariel Sharon et Mahmoud Abbas se sont engagés à mettre en œuvre la « feuille de route », une attaque meurtrière au barrage d’Erez a appelé une riposte violente des forces armées israéliennes contre le numéro deux du mouvement intégriste, Abdelaziz al-Rantissi. En réplique, une bombe humaine a actionné sa charge mercredi dans un autobus bondé circulant rue Jaffa, la plus grande artère du centre-ville de Jérusalem, provoquant un carnage parmi les civils.

Quelques jours plus tôt, la branche palestinienne des Frères musulmans avait de toutes façons catégoriquement refusé les conclusions du sommet d’Aqaba. Elle avait juré, conformément à sa charte fondatrice, de poursuivre la lutte armée jusqu’à la proclamation d’un Etat islamique dans une Palestine qui aurait rejeté les Juifs à la mer. Une fois de plus, le sang est venu séparer les deux peuples. Une fois de plus, le Hamas pose problème.

De l’aide sociale à l’action armée

A l’origine, « al-Mujamma al-Islami » (« Association islamique ») était une association d’aide sociale et de propagande religieuse, légalement enregistrée auprès des autorités israéliennes dans les années 70. Tandis que les vétérans de l’OLP étaient en exil au Liban, puis en Tunisie, le réseau de ce qui allait devenir le Hamas s’est fortement intégré dans la très surpeuplée bande de Gaza, tissant des liens solides au sein d’une société pauvre, clanique et opprimée. Car l’infrastructure du mouvement s’est implantée à l’écart de l’influence politique de l’OLP, enrichissant son prestige grâce à la conjugaison de sa capacité à améliorer les conditions de vie des Palestiniens des territoires et à lutter simultanément contre l’Etat d’Israël.

Cela dit, trop content de pouvoir contrer l’influence des hommes d’Arafat, les services secrets israéliens ont encouragé le développement des centres sociaux et des dispensaires du Hamas, dont le fondateur et directeur spirituel Cheikh Ahmed Yassine apparaissait comme un vieil imam impotent et aveugle, sans réelle puissance nuisible. Pour autant, le mouvement se militarisait peu à peu à travers les « Al-Majahadoun Al-Falestinioun » (« Les saints combattants de la Palestine »), dont l’objectif premier était de liquider ses rivaux.

Mais enfin, à la fin des années 80, l’Intifada surgit. Le Hamas publie alors sa profession de foi officielle, prend son nom actuel et, au fond, change de nature. D’association socio-religieuse infiltrée à tous les niveaux des quartiers arabes, le mouvement se pose en parti de la Jihad contre Israël et les nationalistes de l’OLP, qui s’efforçaient alors d’apparaître comme les seuls représentants légitimes des Palestiniens. En fidèle « Frère musulman », Cheikh Yassine bâtit alors une organisation semi-clandestine, instituant une branche armée chargée dans un premier temps de dénicher et d’exécuter les « collaborateurs » - ce qui vaut au vieux leader hémiplégique une condamnation à 15 ans de prison par la justice israélienne -, avant d’attaquer directement les soldats et les civils israéliens au début des années 90.

Meeting monstre à Gaza City

C’est ainsi que le Hamas est devenu l’un des mouvements terroristes les plus impitoyables du Moyen-Orient. Ayant perdu un peu de son influence à partir de la conférence de Madrid, puis des accords d’Oslo, l’échec du processus de paix, le déclenchement de la seconde Intifada et la corruption rendant quasi-impotente l’Autorité autonome lui ont redonné une place prépondérante dans les territoires. Désormais deuxième force politique palestinienne derrière le Fatah, le Hamas a rassemblé 40.000 personnes dans le centre de Gaza, en décembre 2002, à l’occasion de son quinzième anniversaire. Il ne cache pas le fait qu’il tente de faire de l’Université de Naplouse, où ses associations étudiantes sont puissantes, une « usine à martyrs ».


Le Hamas : « Harakat al-Muqawamah al-Islamiya », « Mouvement de résistance islamique » contracté en « Hamas », signifiant « Courage ». Fondé en 1987 par sept Frères musulmans de la bande de Gaza, dont Cheikh Ahmed Yassine et Abdelaziz al-Rantissi, dans le but de « libérer toute la Palestine » pour y instaurer un Etat islamique du Jourdain à la Méditerranée. Structuré en branche politique et militaire, le mouvement jouit d’une grande popularité parmi les Palestiniens, du fait de ses activités terroristes anti-israéliennes et de ses centres d’aide sociale, appuyés par une propagande grandiloquente et omniprésente, célébrant le culte du « martyr » de la Jihad. Estimant que sa lutte est de la « résistance » et non du « terrorisme », le Hamas est en principe opposé à tout compromis avec les Israéliens, Cheikh Yassine ayant même prédit la fin d’Israël aux alentours de 2025. Celui-ci, formé à l’université du Caire, estime d’ailleurs que la « mission » des Palestiniens est précisement d’éliminer les Juifs de Palestine. Financé par des capitaux saoudiens, des monarchies du Golfe et d’Iran, il pratique également la « zakat », « l’impot de solidarité islamique ».


Définitions dico de ’l’espace citoyen

FRÈRES MUSULMANS

Mouvement égyptien à la base, les Frères Musulmans vont s’implanter en Palestine dès 1945. L’organisation, qui réunit des volontaires, va soutenir les Palestiniens dès la guerre de 1948, qui oppose les Arabes à l’Etat d’Israël qui vient d’être fondé en Palestine. Elle lutte contre l’armée israélienne.

Suite à la guerre de 1967, Israël va occuper le reste de la Palestine, c’est-à-dire la Cisjordanie et Gaza. Les Frères Musulmans deviennent alors la Société des Frères Musulmans.

Le but de l’organisation est la libération de la Palestine, mais à cette époque, elle s’illustre principalement dans l’action non violente : elle crée un réseau important d’institutions sociales pour les Palestiniens (cliniques, bibliothèques,…), ainsi que de nombreuses mosquées. Certains Palestiniens vont se séparer de la Société pour se lancer dans l’action violente, en créant le Jihad islamique, en 1980. La Société elle-même créera quelques années plus tard (1987) le Hamas, qui se lancera aussi dans l’action violente et se radicalisera progressivement.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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