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10 morts, 140 blessés, la Palestine au bord de la guerre civile

Par Sami El Soudi © Metula News Agency

lundi 2 octobre 2006
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Les données sont claires : soit le Hamas opte pour l’un des deux choix qui lui sont présentés, soit tout va sauter...

Le problème actuel menant à la guerre civile possède au moins le mérite de la simplicité. Le 30 janvier dernier, 4 jours après la clôture des élections, j'écrivais : "Les salaires des 150'000 fonctionnaires ne seront pas payés et le chaos intégral s'instaurera." [relire "Le Hamas n'est pas une bande de joyeux campeurs". Ndlr].

 

Votre serviteur est-il un visionnaire ? Le nouveau Nostradamus ? Pas du tout ! Il n'y avait aucun besoin d'avoir des dons de voyant pour prédire ce qui allait se passer : que l'Ouest fermerait les robinets de son aide économique à un gouvernement constitué par des terroristes islamiques ; que les "frères de lutte" arabo-musulmans ne respecteraient pas leurs promesses de remplacer les précédents donateurs ; que les Israéliens cesseraient de reverser à notre administration les droits de douane qu'ils perçoivent pour elle ; que les islamistes empêcheraient, en commettant des attentats contre les points de passage en Israël, nos ouvriers de s'y rendre pour y gagner leur vie, et qu'à court terme, notre peuple n'aurait plus rien à manger.

 

J'avais écrit que le Hamas trouverait les fonds pour payer les 150'000 salaires de fonctionnaires du mois de février, ainsi qu'une partie des moyens pour verser ceux de mars. Bingo aussi !

 

Depuis plus rien. Près de la moitié des trois millions et demi de personnes que compte notre communauté dépendent, totalement ou partiellement, de cette manne pour vivre, or, depuis l'accession du Mouvement de la résistance islamique au pouvoir, ils sont contraints de subsister sur la base d'expédients.

 

Pour se maintenir, lorsque l'on ne dispose que de 500 millions de dollars sur les deux milliards qui sont nécessaires, annuellement, afin d'assurer les services publics minimums à la population que l'on gère, il faut choisir une solution. Le Hamas en possède deux qui soient praticables, en cela qu'elles amèneraient au renouvellement de l'aide économique internationale. La première solution consiste à céder sa place, à aller annoncer au président Mahmoud Abbas que le gouvernement Hamas est incapable de surseoir aux besoins des citoyens en l'état actuel des choses, et de présenter sa démission en bloc, afin de permettre la formation d'un cabinet Fatah.

 

La seconde solution apportant une solution à notre problème de survie consiste à former un gouvernement d'unité nationale avec l'Organisation pour la Libération de la Palestine (OLP, Fatah). Cette option a été ouverte au prix d'âpres négociations menées par le président Abbas avec les Occidentaux et les Israéliens. Encore ces Etats-interlocuteurs ont-ils formulé trois conditions afin de reprendre leur coopération si indispensable avec un cabinet d'entente nationale : a) Renoncer à la violence, b) reconnaître à Israël le droit de principe de posséder un Etat et c) se soumettre, sans condition, à tous les traités signés jusqu'à présent entre l'Autorité Palestinienne et l'Etat hébreu.

 

Voilà le problème qui nous a mené au bord d'une effusion de sang inter-palestinienne aux proportions incalculables : le Hamas refuse les deux solutions existantes et se montre absolument -parce qu'il n'en existe aucune autre - incapable d'en proposer une troisième.

 

Lors, la situation dans laquelle l'intransigeance du 1er ministre Ismaïl Hanya nous a placés est une situation de suicide collectif à l'échelle d'un peuple entier. Et si pour les plus fanatiques d'entre les islamistes, mourir pour la gloire d'Allah constitue le martyre suprême et enviable, c'est loin d'être le cas pour l'immense majorité des Palestiniens.

 

Loin des tendances morbides des leurs ministres, mes compatriotes désirent continuer d'exister et nourrir leurs enfants. D'autant que les deux alternatives qui se présentent au Hamas n'engendrent, ni l'une ni l'autre, un danger existentiel pour notre cause justifiant un tel sacrifice humain. Si le Fatah reçoit pour mission de constituer seul un gouvernement, c'est le mouvement qui a fondé notre combat qui gérerait à nouveaux nos affaires. Et si le Hamas acceptait les conditions de la communauté internationale pour la formation d'un cabinet de salut national, il ne ferait qu'entériner les choses qui existent déjà solidement dans la réalité.

 

Mais nous n'en sommes plus au débat d'idées ni à une controverse entre gentlemen : la vingt-cinquième heure à sonné. L'indécision des islamistes nous a plongé dans un climat de décomposition avancée. Devant le degré de rancoeur et de misère des fonctionnaires impayés, ce n'est plus qu'une question de temps jusqu'à ce que le baril de poudre ne saute complètement.

 

Ces deux derniers jours, nous avons vu ce qui nous attend si M. Hanya, ses compères et ses sponsors, ne se décident pas rapidement à revenir à la raison. Tout a commencé dimanche par une manifestation de fonctionnaires de police non payés devant les locaux de la Banque de Palestine, à Khan Younès, au sud de la bande de Gaza.

 

Rien de surprenant à ce rassemblement, dans la tension qui continue à croître, ce lundi après-midi, au moment où je compose ces lignes. Preuve en est que, de manière pratiquement simultanée à la manifestation des policiers, le président Abbas s'exprimait hier matin sur Al Jazeera, pour y prononcer le grave avertissement que voici : Abou Mazen s'est dit "prêt à négocier un gouvernement d'unité nationale avec le Hamas afin d'éviter le franchissement de la ligne rouge représentant la guerre civile palestinienne".

 

Plus tard, dans la même journée de dimanche, 10 morts et plus de 140 blessés plus tard, alors qu'il donnait l'ordre aux forces de sécurité nationales de se déployer dans Gaza et à celles du Hamas de rejoindre immédiatement leurs bases de départ, M. Abbas devait constater : "Ces confrontations ont traversé la ligne rouge, ce que nous avions évité de faire durant quatre décennies !".

 

Ce qui s'était passé entre-temps ?

 

- le ministre Hamas de l'Intérieur, M. Khaled Abou Halal, avait fait se déployer ses 3'500 miliciens dans les rues de Gaza City afin, officiellement, de contenir de possibles émeutes. Devant la Banque de Palestine, les milices intégristes tiraient en l'air pour disperser les policiers en grève. Au nord de Gaza, à quelques mètres de soldats israéliens surpris en pleine opération anti-Qassam, les premières fusillades inter-palestiniennes éclatèrent. D'autres fonctionnaires impayés, rassemblés devant le bâtiment du parlement à Gaza, se mirent à jeter des pierres sur les miliciens islamistes. Ceux-ci répliquèrent de manière "disproportionnée", à coups de matraques, mais aussi d'armes automatiques, de missiles antichars et de grenades...

 

Des forces fidèles au président Abbas ripostèrent alors le long des artères principales de la ville au moyen d'armes automatiques. Les combats se déroulèrent également de toits à toits.

 

Les irréguliers du Hamas accédèrent ainsi à la toiture du ministère de l'Agriculture, d'où ils ouvrirent le feu contre la propriété du président Abbas située dans les parages. Ils canardèrent la garde présidentielle à coups de grenades antichars et firent, en cette occasion, un mort dans ses rangs. Aux premières heures de ce lundi matin, en signe de représailles, le ministère de l'Agriculture a été partiellement incendié.

 

Plus tôt, dimanche, un membre des forces de la Sécurité Préventive de Mohammed Dahlan, circulant dans son véhicule personnel, tomba dans une embuscade intégriste et perdit également la vie. Dans le camp de réfugiés d'El Burej, une main islamiste jeta, à la faveur de l'obscurité, une grenade au milieu d'un rassemblement de supporters du Fatah, tuant un protestataire.

 

Hier, les fusillades et les affrontements violents ont gagné la Cisjordanie où le Fatah est majoritaire. A Ramallah, l'édifice dans lequel se tiennent les conseils des ministres a ainsi été saccagé. Des combats ont également eu lieu à Naplouse et à Hébron.

 

Dans le cours des événements, le Hamas a accepté l'ordre présidentiel de rappeler ses milices dans ses casernements. En cas de refus, la guerre civile aurait débuté hier. Mahmoud Abbas a fait fermer les commerces et les écoles privées à Ramallah, histoire de démontrer qu'il contrôle la situation. Pour sa part, le Hamas a décidé de l'interruption des services de tous les bureaux ministériels. Plus qu'un écho aux décisions du président, le Mouvement de la résistance islamique entend ainsi priver les fonctionnaires impayés de cibles contre lesquelles exprimer leur colère...

 

Ce lundi matin, la famille d'un tué des affrontements de la veille s'était fait accompagner par des miliciens armés du Fatah lorsqu'elle est allée réclamer le corps du défunt à l'hôpital Shifa de Gaza. Constatant que le Hamas occupait militairement l'établissement médical, les hommes de l'OLP ont ouvert le feu sur eux, générant un sauve-qui-peut général parmi les patients et le personnel soignant. La bataille dans l'hôpital aura duré environ vingt-cinq minutes, mais, par un véritable miracle, elle n'a pas fait de victimes supplémentaires.

 

De miracle, il en faudrait un encore plus gros pour empêcher l'embrasement général durant ces prochains jours. Deux forces armées aux objectifs inconciliables - l'une oeuvrant pour offrir un Etat à son peuple, l'autre, pour la révolution islamique mondiale - dans deux territoires grands comme un quart de confetti ; ajoutez à cela des gens qui ont faim et qui savent qu'il est possible, par une simple décision politique, d'obtenir ce qui leur manque, et vous obtenez le cocktail le plus explosif que l'on puisse imaginer. Les données sont claires : soit le Hamas opte pour l'un des deux choix qui lui sont présentés, soit tout va sauter...


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