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La guerre civile en Syrie est loin d’être finie

Chronique de Michaël Bar-Zvi | Kaf He Adar 5777 - 23 mars 2017

jeudi 23 mars 2017
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Boker tov amis auditeurs de Radio J. Elle continue chaque jour à fournir son lot de victimes. Avec le soutien de la Russie et de l’Iran Bachar el Assad se maintient au pouvoir à Damas, même si son pays est morcelé, exsangue et dévasté. Un accord entre les différents acteurs directs et indirects de ce conflit ne semble pas se dessiner à l’horizon pour l’heure.

Poutine a compris que ce conflit lui permettait de devenir le maître à jouer de la région, l’Iran sait qu’en fin de compte sa présence lui donnera la capacité de revenir sur l’échiquier politique international comme une puissance capable de faire rempart au djihadiste sunnite, l’Europe ne veut pas risquer une importation de cette guerre sur le continent, et la Turquie a, elle aussi, un intérêt immédiat à la poursuite d’une bataille dans laquelle les Kurdes paient le prix fort, car elle redoute la création d’un Etat kurde à ses frontières.

Israël n’est pas partie prenante dans le conflit et ne souhaite pas s’y immiscer, sinon sur le plan humanitaire. Pourtant à plusieurs reprises ces derniers mois, l’armée israélienne a dû intervenir.

La première raison pour empêcher le transfert d’armes lourdes vers le Hezbollah au Liban, en provenance d’Iran via la Syrie. Israël a indiqué qu’une modification de l’équilibre des forces, par l’introduction d’armes lourdes ou non conventionnelles constituait un franchissement inacceptable des accords signés au lendemain de la seconde guerre du Liban.

La seconde raison d’une intervention est le refus de voir s’installer des bases terroristes à proximité du Golan, qui pourraient servir de rampes de lancement pour des missiles ou des roquettes visant la population du nord d’Israël.

Enfin, à chaque fois qu’Assad remporte une bataille, il essaie de tester la détermination et la réactivité d’Israël sur le Golan. Cette tactique a été déjà été mise en application à plusieurs reprises et Israël a montré une grande fermeté et transmis un message clair.

Cependant ces dernières semaines, Israël, qui accomplit régulièrement des survols des zones de guerre pour recueillir des informations stratégiques qu’elle transmet aux Américains, s’est retrouvé non plus face à l’armée syrienne mais face à l’armée russe. Moscou a fait savoir à Jérusalem que désormais les incursions de l’aviation israélienne en Syrie devraient être coordonnées et validées par le Kremlin.

Poutine entend bien faire comprendre aux habitants de la région qu’il est désormais le shérif, et même si Israël dialogue avec la Russie, cette nouvelle donne inquiète les dirigeants israéliens, qui sont pris dans un véritable dilemme.

Il est clair d’un côté que les Russes ne portent pas le Hezbollah dans leur cœur et Israël peut, à cet égard, bénéficier d’un calme relatif à la frontière libanaise, mais d’un autre côté Poutine veut limiter le contrôle stratégique de la région par l’armée et les drones de surveillance israéliens.

Netanyahou et son ministre de la défense Liebermann, russophone, ont entamé d’intenses efforts diplomatiques pour trouver un mode de fonctionnement qui satisfasse à la fois les besoins sécuritaires d’Israël, l’alliance stratégique avec les Américains, et les intérêts russes dans la région. Cet équilibre est fragile et peut se briser au moindre incident, ou à la moindre provocation de part et d’autre.

Assad a tout intérêt à rompre cet équilibre, mais ne veut pas apparaître comme responsable d’une telle escalade. La destruction d’un missile syrien visant un chasseur israélien par l’antimissile Hetz 2 a failli entraîner une réaction russe violente, et l’ambassadeur israélien à Moscou a été convoqué à deux reprises pour une mise en garde, mais il est fort à craindre qu’un tel scénario se reproduise dans les semaines à venir.
Prudence est mère de sûreté.


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