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Amnesty International toujours égal à elle-même

par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

vendredi 25 août 2006
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Un récent rapport de cette ONG confirme son parti pris anti-israélien qu’avait, à peine, émoussé une déclaration faite, il y a quelques mois, selon laquelle les actes de terrorisme constituaient des crimes contre l’humanité.

Ce n’est qu’à la dernière page de ce document, qui en compte 20 (on trouvera un résumé, en français, et les références au texte, en anglais, sur www.amnestyinternational.be/doc/article8664.html) qu’Amnesty International appelle à une « enquête internationale » sur les « graves violations du droit humanitaire international » commises des deux côtés, au cours du conflit qui, dure de puis de nombreuses années, entre le Hezbollah et Israël.

Deux remarques préalables s’imposent.

Tout d’abord, il est curieux que l’on s’intéresse d’abord aux réactions de la partie agressée, avant de s’interroger sur le pourquoi de ces réactions et surtout les méthodes utilisées par l’agresseur.

D’autre part, quel crédit peut-on apporter à ce document établi de manière unilatérale par Amnesty International, alors que cette ONG demande elle-même une enquête internationale, c’est à dire impartiale ?

Certes, le titre du document se veut neutre (Israël/Liban - Destruction délibérée ou « dommage collatéral » ? - Les attaques israéliennes sur l’infrastructure civile).

Mais au fil des pages, l’orientation partisane du document ne fait aucun doute, en dépit de la référence faite à la méthode suivie : enquête sur le terrain, interviews (sic) de douzaines (sic) de victimes, déclarations officielles et comptes rendus de presse, discussions avec des officiels de l’ONU, de l’armée israélienne ( ?) et du gouvernement libanais, ainsi que des contacts avec des organisations non-gouvernementales israéliennes (sans doute Betselem et autres...) et libanaises.

Car, dès lors que l’on prend des faits bruts, sans les replacer dans leur contexte, il est évident que les destructions causées par l’armée israélienne apparaissent comme ayant frappé des cibles « civiles » et conduit tout naturellement les rédacteurs du document à retenir la première branche de l’alternative : « destruction délibérée ».

Par définition, les bases du Hezbollah n’étant jamais officiellement délimitées, après coup, il est évident que ce sont des bâtiments et installations civils qui semblent avoir été directement visés.

Nous passons sur la description apocalyptique des dégâts causés, alors que l’on n’a jamais eu une vue d’ensemble des destructions et qu’à en juger par le retour massif et rapide de la plupart des réfugiés, dans les jours qui ont suivi le cessez-le-feu, les destructions n’ont pas - heureusement - eu l’ampleur généralisée que le rapport veut bien présenter.

Qu’on se rappelle la « destruction massive » de Djénine, il y a quelques années, alors qu’il s’est avéré qu’une centaine de mètres carrés seulement du camp de réfugiés avaient été dévastés.

En admettant qu’effectivement, dans certains villages, dont on ignore, toutefois, l’importance de la population, les destructions ont pu atteindre jusqu’à 50 voire 80%, il ne faut pas oublier que le Hezbollah d’obédience chiite s’est volontairement implanté - pour ne pas dire caché - dans des villages, dont la population était de cette obédience.

Et on sait que, généralement, le communautarisme conduit au regroupement des habitants de même obédience.

Le « multiculturalisme » (ou plutôt « multicultualisme ») existe, sans doute, à l’échelle du Liban, mais pas dans les villages.

Et le fait que les destructions n’ont pas seulement touché le sud-Liban, mais également d’autres régions du pays, s’explique par le fait que 30% de la population libanaise est d’obédience chiite et, donc, a priori, comme de nombreuses déclarations faites par de vrais ( ?) civils l’ont démontré, susceptible de « rendre service » au Hezbollah.

Dans certains cas, sur la base des renseignements fournis, notamment, par des drones, voire par des satellites d’observation, la riposte israélienne a effectivement pu directement atteindre des maisons d’habitation.

Non moins évidente paraît la destruction délibérée de routes, de ponts ou de dépôts d’essence utilisés ou susceptibles de l’être par le Hezbollah.

Quant aux centrales électriques, certaines ont pu, effectivement, être, également, directement visées, dès lorsqu’elles étaient utilisées par le Hezbollah.

Mais, il ne faut pas écarter l’imprécision inévitable de certains bombardements, encore que l’on a, fréquemment, relevé la « précision chirurgicale » de la plupart des tirs israéliens.

S’agissant d’hôpitaux, il faut rappeler que certains ont servi de base de repli aux terroristes du Hezbollah .

Mais, le rapport met surtout l’accent sur les difficultés d’approvisionnement dues aux destruction de routes.

Que l’on se rappelle la description dantesque de la destruction de l’aéroport de Beyrouth, qui, pourtant, a été remis en service, au moins partiellement, très rapidement.

La plupart des destructions évoquées par Amnesty International sont tirées de documents officiels libanais.

Or, quand on sait qu’à un moment donné, le Premier ministre Siniora évoquait la mort de 40 civils, dans un village, alors que quelques jours plus tard, il s’avérait qu’il n’y a avait eu qu’un mort, on peut douter de la fiabilité des détails figurant dans ce type de document.

A de nombreuses reprises, il a étésignalé, même par des responsables de la FINUL, que le Hezbollah se « camouflait » à quelques dizaines de mètres de campements de casques bleus et heureusement les pertes en vies humaines de ce côté ont été très limitées.

Quelle crédibilité accorder à des coupures de presse - même tirées de journaux israéliens - indiquant que le Chef d’Etat-major de Tsahal aurait ordonné la destruction de 10 immeubles à Beyrouth pour chaque Katyusha lancé sur Haïfa ( Jerusalem Report , 24 juillet 2006) ?

Et l’on pourrait relever de nombreux exemples de ce genre de références.

Prendre à la lettre le Chef d’Etat-major Haloutz déclarant que si le Hezbollah continue à frapper le nord d’Israël « Rien n’est sûr (au Liban), c’est aussi simple que cela » ( Jerusalem Report , 17 juillet 2006) est un peu simpliste pour justifier l’affirmation selon laquelle « des déclarations d’officiels militaires israéliens semblent confirmer que la destruction de l’infrastructure était effectivement un but de la campagne militaire « (souligné par nous - p. 3 du Rapport).

De même, le Rapport affirme que « l’ampleur des destructions d’appartements, de maisons, d’installations d’eau et d’électricité, de routes, de ponts, d’usines, de ports, en plus de plusieurs déclarations d’officiels israéliens, suggère une politique visant à punir à la fois le gouvernement libanais et la population civile en vue de les retourner contre le Hezbollah » (souligné par nous - p. 4 du Rapport).

Tout aussi grotesque est l’affirmation selon laquelle le fait de chercher à affamer étant, effectivement, interdit comme moyen de guerre, la destruction de certains objectifs - stations d’eau et supermarchés ( ?) - « font naître la possibilité qu’Israël peut avoir violé l’interdiction de s’en prendre à des objets indispensables à la survie de la population » (p. 5 du Rapport).`

A longueur de pages du Rapport, il est répété - comme une véritable antienne non prouvée - que « de nombreuses violations examinées dans ce rapport sont des crimes de guerre qui entraînent une responsabilité pénale individuelle ».

Il faudrait presque autant de pages que le Rapport d’Amnesty International pour réfuter point par point ses assertions.

En conclusion, nous laisserons le soin aux internautes de se faire une opinion sur ce Rapport en citant deux phrases tirées de la présentation du document, sur le site belge de l’ONG.

Kate Gilmore secrétaire générale adjointe exécutive d’Amnesty International a déclaré que « l’affirmation par Israël que les attaques des infrastructures étaient légales est de toute évidence erronée. Nombre de violations décrites dans notre rapport, telles que des attaques disproportionnées et menées sans discrimination, constituent des crimes de guerre. Les éléments suggèrent fortement que la destruction massive de centrales d’eau et d’électricité et d’infrastructures indispensables au transport de la nourriture et de l’aide humanitaire était délibérée et s’inscrivait dans une stratégie militaire  » (souligné par nous).

Et « le mode, l’étendue et l’intensité des attaques ôtent toute crédibilité à l’affirmation d’Israël selon laquelle il s’agirait de dommages collatéraux ».

Vous avez parlé de « crédibilité » ?

C’est bien le Rapport d’Amnesty International qui, une fois encore, par sa partialité,.manque de crédibilité.


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