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Tunisie, volte-face : non le Hezbollah n’est pas une organisation terroriste...

Hélène Keller-Lind

vendredi 4 mars 2016
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Dans un premier temps le ministre de l’Intérieur de Tunisie s’était aligné sur le Conseil des ministres arabes de l’Intérieur qui avait approuvé une décision des pays arabes, à l’exception du Liban, désignant le Hezbollah, parti de Dieu libanais, comme organisation terrorist. Tollé en Tunisie, y compris de la part des récipiendaires du Prix Nobel de la Paix 2015. Aujourd’hui la Tunisie recule et son Président et le ministre des Affaires étrangères, notamment, rend hommage au parti libanais terroriste et se désolidarise de cette décision. Ceux qui suivent l’évolution de la Tunisie post révolution n’en seront pas surpris. Reste à savoir ce que seront les répercussions...

Dans un premier temps adhésion de la Tunisie à une décision du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur

Le 2 mars 2016 le site Business News Tunisie rapportait que "Le conseil des ministres arabes de l’Intérieur a adopté lors de sa 33ème session, tenue aujourd’hui, mercredi 2 mars 2016, à Tunis une résolution classant le Hezbollah libanais sur la liste noire des organisations terroristes.
Selon les représentants des médias présents sur place la Tunisie aurait voté en faveur de ladite résolution alors que le Liban aurait émis des réserves.
On apprenait, par ailleurs que « Les travaux de cette réunion ont été ouverts par le président tunisien Béji Caid Essebsi, en présence du secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Arabi, et du président d’honneur du Conseil, le Prince Mohamed Ben Nayef, prince héritier d’Arabie Saoudite, vice-président du conseil des ministres et ministre de l’Intérieur ». Le chef de l’État tunisien déplorait que « les défis auxquels est confrontée notre région sont inédits de par leurs ramifications et leur gravité et se trouvent accentués par de nouveaux dangers, notamment les conflits confessionnels, l’ingérence étrangère et les guerres fratricides. » Par ailleurs, "Le secrétaire général de la Ligue arabe a, dans ce sens, lancé un appel solennel pour une réunion d’urgence des départements concernés par la lutte antiterroriste, en particulier l’Intérieur, la Justice et les services de sécurité, en vue de jeter les bases d’une stratégie arabe plus efficace en la matière.
Le Prince héritier d’Arabie saoudite a tiré la sonnette d’alarme sur « les défis majeurs et périlleux qui guettent l’existence du monde arabe, la sécurité de ses citoyens et la stabilité de ses Etats ».
« Si ces menaces ne sont pas affrontées avec fermeté et détermination, elles auront des conséquences douloureuses », a-t-il averti, insistant sur le renforcement de la coordination et de la coopération entre les services de sécurité arabes.".
On sait que l’Arabie saoudite annonçait récemment interrompre son soutien financier à l’armée libanaise compte tenu de la participation du Hezbollah chiite en Syrie et au Yémen et des vives tensions entre Ryad et Téhéran. Elle a été suivie par le reste des pays du Golfe, tous sunnites.

Incohérences et tollé anti-israélien émanant de toutes parts, y compris de nobélisés...


Il semblait donc logique que la Tunisie, pays sunnite, s’aligne avec les pays du Golfe qui, par ailleurs, financent nombre de projets dans ce qui fut « le pays du jasmin ». Or, l’un des problèmes de la Tunisie est une obsessions anti-israélienne virulente ancrée profondément dans une très grande partie de la société tunisienne, aussi bien chez les Islamistes d’Ennadah que chez les « laïques ». Un exemple particulièrement frappant en a été les positions des lauréats du dernier Prix Nobel de la Paix que nous dénoncions ici.

D’ailleurs, nobélisé, le puissant syndicat UGTT réagissait dès le 3 mars en exprimant "dans un communiqué...son opposition à cette résolution jugeant qu’elle constitue une soumission au chantage sioniste et une attaque contre la lutte nationale".
Autre récipiendaire du Nobel, l’Ordre des Avocats de Tunisie déclarait qu’il s’agit « d’une décision qui fait des symboles de la résistance, des terroristes et réalise ce que l’ennemi sioniste a été incapable d’accomplir avec son arsenal de guerre », se disant « étonnés » de l’adhésion du gouvernement tunisienne à cette « grave orientation », déplorant le désaveu des constantes du peuple tunisien et sa position permanente en faveur de la cause palestinienne et de l’intégrité territoriale du Liban".

On note, par ailleurs, une incohérence du ministère des Affaires tunisien qui déclare le 4 mars : « que le communiqué du 33ème congrès des ministres arabes de l’Intérieur, ne classe pas le Hezbollah comme une organisation terroriste » tout en précisant « que ce communiqué n’est pas une décision à caractère exécutoire ». Il poursuit de manière tout aussi incohérente en déclarant : " que l’adhésion de la Tunisie à cette direction collective ne remet pas en question le rôle joué par le Hezbollah dans la libération d’une partie des terres libanaises occupées et ses positions vis-à-vis de la cause palestinienne appelant le « mouvement » à la nécessité d’éviter toute action qui pourrait menacer la stabilité des pays de la région et leur sécurité intérieure".
Le site Africanmanager.com ironise sur ces ambiguïtés tunisiennes, se demandant si « les autorités se sont laissées aller à une déclaration qui ne mange pas de pain, juste pour faire plaisir aux monarchies du Golfe qu’il ne faut surtout pas fâcher en ces temps de vaches maigres pour la Tunisie ». Et de rappeller qu’à la suite de l’UGTT, "le parti Al Ghad, le Comité national de soutien de la résistance arabe contre la normalisation avec le sionisme, la Ligue tunisienne de tolérance, le Forum international des jeunes contre le sionisme, le racisme et l’impérialisme, le Rassemblement arabe islamique de soutien de la résistance et le Forum Est-Ouest ont signé un communiqué hier jeudi 03 mars pour dénoncer la position des autorités tunisiennes vis-à-vis du Hezbollah libanais".
Le parti Al-Ghad, notait début février 2016 le site lapresse.tn, est l’un des cinq partis regroupés dans le "Pacte de l’Union des forces patriotiques progressistes....autour d’un projet social, démocratique et progressiste permettant de réaliser les revendications légitimes en matière d’emploi, de développement et de consécration des notions de liberté, d’équité sociale et de loyauté aux martyrs".
Le Front Populaire, divisé aujourd’hui, parti auquel appartenait le dirigeant assassiné, Chokri Belaïd, a également pris position contre cette décision.
Le Congrès pour la République - CPR-, parti co-fondé par Moncef Marzouki, qui a été président de la Tunisie, s’illustrait en avril dernier par sa proximité avec, justement le Hezbollah. Business News Tunisie rapportait que "au cours de son bref voyage à Beyrouth...le secrétaire général du CPR Imed Daïmi a été reçu par un nombre de personnalités libanaises dont le chiite Hassen Ezzedine.
Imed Daïmi présente son hôte comme étant le responsable des relations externes du parti Hezbollah.
Il se trouve que Hassen Ezzedine figure sur la liste officielle de l’agence fédérale américaine FBI, comme étant un des terroristes les plus recherchés au monde (cliquer ici pour voir le lien). Il est impliqué dans le détournement de l’avion de TWA en 1985, la prise d’otages de passagers et le meurtre de citoyens. Sa tête est mise à prix pour un montant de cinq millions de dollars.
Il a été interdit d’entrer en Tunisie et refoulé de l’aéroport Tunis Carthage, le 3 janvier 2014, alors qu’il voulait assister à un événement organisé à Tunis pour empêcher toute normalisation avec Israël.« Courageusement, le site poursuivait : » Quant à son parti Hezbollah, il est classé comme terroriste par les États-Unis, le Canada, l’Australie, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et Bahreïn. Il figure sur la liste noire de six pays arabes et l’Union européenne classifie sa branche armée comme terroriste.
Le Hezbollah est un parti libanais chiite financé essentiellement par les Iraniens. Il fonctionne d’une manière tout à fait ordinaire et légale au Liban. Qu’est allé faire Imed Daïmi au Liban et essentiellement avec un individu classé comme terroriste ? Quel rapport pourrait avoir ce parti avec la Tunisie et la scène politique tunisienne ?
Bénéficiant d’une immunité parlementaire et d’un passeport diplomatique, le député n’a visiblement de comptes à rendre à personne !".

Ceci n’empêchera sans doute nullement les nombreux donateurs internationaux, dont la France ou le FMI, de verser sans conditions, des sommes non négligeables à une Tunisie exsangue et menacée par le jihadisme de l’État islamique implanté dans la Libye voisine...


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