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Liban/Syrie : question de frontières ?

David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

jeudi 27 avril 2006
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La résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations Unies, que nous avons évoquée, à différentes reprises, ici même, « n’est pas encore pleinement mise en œuvre » a affirmé, Terje Roed-Larsen, l’envoyé de l’ONU, pour la mise en application de ce texte, mercredi 26 avril.

Rappelons que ce texte, adopté en septembre 2004, prévoyait non seulement le retrait de toutes les forces étrangères du Liban, mais également la dissolution de toutes les milices libanaises et non libanaises.

S’il est vrai qu’après 29 ans de présence - pour ne pas dire d’occupation - les troupes syriennes ont, officiellement, évacué le Liban voici un an, jour pour jour, en revanche, le désarmement des milices est loin d’être achevé.

Officiellement, les milices palestiniennes, qui se trouvent en dehors des camps de réfugiés, devraient être désarmées sur une période six mois, comme l’a annoncé Mahmoud Abbas, le mois dernier.

Reste, notamment, le problème posé par le Hezbollah, dont chacun sait le soutien qu’il reçoit à la fois de l’Iran et de la Syrie.

Or, ce mouvement terroriste - même s’il a par ailleurs « pignon sur rue » non seulement au Parlement, mais également au gouvernement libanais - a refusé de « déposer les armes » ou même d’être intégré dans l’armée régulière (sic) libanaise.

Il justifie son existence de « mouvement de résistance nationale » par son souci de contrôler le Sud-Liban, accusant Israël d’occuper une partie du Liban, plus précisément un petit territoire connu sous le nom de Fermes de Chebaa.

Mais, comme l’a rappelé l’envoyé des Nations Unies, « si ce territoire était occupé, la résistance légitime incomberait à l’armée du pays », c’est à dire l’armée libanaise.

De fait, Israël qui s’est emparé de ce territoire, en même temps que le plateau du Golan, en 1967, a, toujours, considéré qu’il s’agissait d’un territoire syrien et, officiellement pour l’ONU, comme elle l’a affirmé à de nombreuses reprises, Israël a évacué entièrement le territoire libanais en 2000.

Aussi, pour Roed-Larsen, « si le Liban entend revendiquer le territoire, il faudra procéder à sa délimitation entre les deux pays, c’est-à-dire avec la Syrie ».

A cet égard, il faut rappeler la situation particulière des relations entre les deux pays.

Longtemps opposé à la reconnaissance de l’indépendance du Liban, la Syrie n’a, pratiquement, mis fin à cette opposition qu’en mai 1991 en signant un traité de fraternité et de coopération.

Le fait que la Syrie ait été appelée en 1976 par le président libanais (chrétien maronite) pour porter secours à la communauté chrétienne, menacée d’écrasement par le camp dit « islamo-progressiste » et la présence des troupes syriennes en quelque sorte légalisée par l’accord dit de Taëf, conclu dans le cadre de la Ligue arabe, en vue de mettre fin à la guerre civile au Liban, n’avaient mis qu’une sourdine aux prétentions syriennes sur le territoire libanais.

Et il n’y a d’ailleurs toujours pas de relations diplomatiques entre les deux pays.

Il est vrai que, comme nous l’avons déjà indiqué, les notions d’existence, de reconnaissance et d’établissement de relations diplomatiques sont des notions distinctes (profitons de l’occasion pour réparer un oubli commis récemment : Israël entretient des relations diplomatiques avec la Turquie depuis 1993).

Récemment, le premier ministre libanais, s’exprimant, également, devant le Conseil de sécurité, a déclaré que la Syrie « si elle reconnaît désormais que les fermes de Chebaa font partie du Liban refuse de signer les documents nécessaires pour le transfert de ce territoire de 42 kilomètres carrés au Liban, afin que les Nations Unies le reconnaissent comme tel ».

Et naïvement, Fouad Siniora indiquait « avoir demandé aux Nations Unies ce qu’il fallait faire exactement, du point de vue juridique pour que ce territoire puisse être considéré comme libanais »...

Or, d’après ce que l’on a appris du rapport présenté, mercredi 26 avril au Conseil de sécurité, en dehors même des fermes de Chebaa « il existe d’autres endroits de désaccords potentiels sur la frontière » entre les deux pays.

Ainsi le Liban, allèguerait qu’un bataillon syrien se trouve toujours sur le territoire libanais, alors que la Syrie estime qu’il est stationné en territoire syrien.

Et cette formule pourrait d’ailleurs également s’appliquer à Israël : « pour l’instant, personne n’a de définition exacte du territoire sur les cartes ».

Il en est de même de cette autre affirmation du haut fonctionnaire des Nations Unies - qui rejoint notre remarque, faite, ici, même, lundi 24 dernier à propos d’Israël : « l’intégrité du territoire libanais ne peut être garantie que si son territoire a des frontières délimitées, ce qui ne peut se faire qu’en concertation avec la Syrie ».

Notons que pour l’instant, le gouvernement libanais n’a toujours pas jugé utile, malgré les constantes invitations des Nations Unies, encore renouvelées par Kofi Annan, « d’étendre sa souveraineté sur tout le territoire du Liban et à déployer l’armée libanaise dans la zone frontière adjacente à Israël ».

Car, il est évident que « la nature ayant horreur du vide », l’absence de forces armées libanaises rend d’autant plus aisées des actions terroristes en direction d’Israël.

Mais n’est-ce pas le but recherché par certains ?

Au risque de nous répéter, l’hostilité à Israël est bien pour l’instant le seul sujet, sur lequel le monde arabo-musulman manifeste une quasi-unanimité.


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