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Un Musulman en pays Juif

Article de Tashbih Sayed, rédacteur en chef de Pakistan Today et Muslim World Today,

samedi 24 décembre 2005
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Lorsque j’ai embarqué sur le vol LY008 d’El Al pour Tel Aviv, le 14/11/05, avec ma femme Kiran, j’avais l’esprit préoccupé par le programme et les choses que je devais faire ou voir sur place. Je voulais m’organiser pour sentir dès ma première visite en Israël cet esprit qui a fait que ce peuple n’a pas succombé aux forces du mal qui se sont acharnées contre lui pendant des millénaires.

Je ne voulais pas enquêter sur les sacrifices consentis, mais sur les fondements de cette détermination à vivre en paix.

Je souhaitais m’entretenir de beaucoup de choses avec les Israéliens, dont la plus importante pour moi, « à quoi était due leur répugnance à intervenir auprès des médias qui persistent encore à les vilipender ». La presse couvre en général les événements avec précision, et quand il s’agit d’Israël, elle ignore toutes les règles d’éthique journalistique. Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi les Israéliens sont réticents à se défendre efficacement contre cette presse négative.

Ce parti pris systématique des médias me rappelle la presse allemande au temps des nazis, installée par Joseph Goebbels, le ministre de la propagande d’Hitler. Cette presse reprenait toutes les histoires lourdes de haine contre les Juifs. Tout autant que la presse allemande qui refusait de rapporter la vérité sur les atrocités et les horreurs des camps de la mort en Europe, disant qu’on « exagérait les choses », les médias aujourd’hui ignorent aussi le terrorisme arabe.

Je voulais voir s’il y avait une quelconque vérité dans ces allégations qu’Israël était un état non démocratique pratiquant l’apartheid et la discrimination. Je savais qu’un véritable Etat Juif ne pouvait pas ne pas être démocratique, du fait que les concepts de la démocratie ont toujours fait partie de la pensée juive, dérivant directement de la Torah. Ainsi dans le préambule de la Déclaration d’Indépendance (américaine), quand Jefferson écrivit que tous les hommes étaient égaux, qu’ils étaient dotés par le Créateur de droits inaliénables, parmi lesquels la vie, la liberté, la recherche du bonheur, il se référait directement à la Torah. Celle-ci dit que tous les hommes ont été créés à l’image de Dieu. J’étais persuadé que ce pays ne pouvait pas être raciste ou discriminatoire (dans son fondement), du fait qu’il avait été créé sur la base d’une alliance entre Dieu et les Hébreux. Dans cette alliance, les deux parties acceptaient les obligations et les devoirs, soulignant le fait que le pouvoir était établi par consentement mutuel, plutôt que par la tyrannie du partenaire le plus puissant.

Cette vision de l’Etat d’Israël était confirmée à l’entrée, lorsque j’ai dû remplir un formulaire avant l’atterrissage où on ne me demandait pas ma religion, comme c’est le cas au Pakistan (1). Et contrairement à l’Arabie Saoudite, personne ne m’a demandé un certificat prouvant ma religion. Alors que l’avion s’apprêtait à atterrir je continuais à lister les griefs habituels brandis contre ce pays par ses ennemis :

  • Les Israéliens vivent en permanence dans la peur
  • Israël n’est pas un état démocratique
  • Les citoyens arabes musulmans n’ont pas les même droits

Les Israéliens vivent en permanence dans la peur

De Tel Aviv à Tibériade, de Jérusalem à Jezreel, du Golan à la frontière de Gaza, je n’ai rencontré aucune preuve de la peur. En fait les gens se sentent tellement en sécurité qu’aucun magasin, station d’essence, marché ou résidence où nous sommes allés et où on savait que nous étions des Musulmans, n’ont pris la peine de nous fouiller ou de nous interroger (2). Quand nous sommes allés avec Kiran dans la rue piétonne Ben Yéhouda à Jérusalem, un vendredi après midi, elle était pleine de gens de tous âges, avec de la musique et des jeunes qui s’amusaient et ne s’inquiétaient pas à regarder autour d’eux. Les touristes faisaient leurs emplettes et la foule vibrait au son de la musique.

Je ne pouvais m’empêcher de comparer ce sentiment de sécurité avec l’environnement des pays musulmans. D’Indonésie à l’Iran, d’Afghanistan à l’Arabie les gens ne sont sûrs de rien. À Islamabad ou à Karachi, j’étais prévenu de ne pas faire de gros achats en public, car ceci encouragerait les voleurs à me suivre. En Israël, je n’ai pas entendu pendant mon séjour d’histoires de viol, de hold-up ou de crime d’honneur (3).

Israël n’est pas un état démocratique

Comme Musulman, je suis très sensible à l’absence de liberté et de démocratie dans toute société. Et il faut vraiment être un fervent antisémite pour dire qu’Israël n’est pas une démocratie. En Israël, sur le plan électoral, il y a la démocratie parfaite, la proportionnelle, ce qui nécessite la formation de coalitions pour gouverner et ceci pose aussi des problèmes.

Nous avons passé le premier jour à Césarée où nous avons été introduits à la démocratie israélienne. L’air était rempli de discussions et de débats. La nouvelle du départ d’Ariel Sharon du Likoud et de la formation d’un nouveau parti remplissait les halls de l’hôtel et soulignait la nécessité de former de nouvelles coalitions. Le but d’une société libre et démocratique est de parvenir à des compromis satisfaisants, mais parfois le résultat est moins que satisfaisant pour la majorité. La recherche constante d’un équilibre fragile est l’assurance que les droits des minorités ne seront pas bafoués. Le système semble meilleur que celui des Américains, qui est l’image du pouvoir d’intérêts particuliers. Aux Etats-Unis, la démocratie concerne un certain nombre, en Israël c’est la démocratie de chacun.

J’ai essayé en vain de trouver un état musulman qui ait une vraie démocratie et où les minorités religieuses aient les mêmes droits que les Musulmans. La carte de l’univers musulman est remplie de rois, de despotes, de dictateurs, d’autocrates religieux, de faux démocrates et la persécution des minorités est inhérente à la société islamique. En Israël, les citoyens arabes sont protégés par les principes du pays et jouissent pleinement de leurs droits et privilèges. Quand les premières élections ont eu lieu à la Knesset en 1949, les Arabes israéliens avaient les mêmes droits d’élire et d’être élus que les Juifs.

Aujourd’hui les Arabes jouissent pleinement de droits civils et politiques qui leur permettent de participer à vie de la société israélienne. Les Arabes sont présents et actifs à la Knesset, aux Affaires étrangères et dans le système judiciaire (4).

La foi israélienne dans la démocratie explique le refus de répondre au terrorisme islamiste par la violence. Je suis conscient que les faiblesses humaines puissent entraîner la colère et la violence, malgré toutes les bonnes intentions. Mais ici je n’ai trouvé aucun acte de vengeance contre des citoyens Arabes. En tant que Musulman et vu mon expérience du comportement humain, je m’attendais au pire, car finalement l’Islam radical avait déclaré une guerre de terreur contre les non-Musulmans, sans aucun grief fondé. Et j’avoue qu’il faut une retenue surhumaine pour ne pas répondre de la même manière à ces atroces offenses que sont les actes terroristes.

Dans les sociétés musulmanes les minorités n’ont jamais eu le bénéfice du doute et la haine et les explosions de violence contre elles sont la norme, plutôt qu’une exception. Étant Musulman, mais non wahabi, j’ai moi-même subi cette barbarie et j’ai vu des Chrétiens, des Hindous et d’autres minorités persécutées sous de faux prétextes. J’ai pensé que si en Arabie Saoudite, un instituteur wahabi peut être condamné à 40 mois de prison et 750 coups de fouet pour avoir loué des Juifs, il n’était pas déraisonnable que les Israéliens punissent des Palestiniens qui jettent des pierres sur des gens en train de prier au Mur Occidental, ou qui incendient la tombe de Joseph (5).

Malgré des provocations quotidiennes, les Israéliens ont réussi à ne pas s’abaisser au niveau de dépravation de leurs ennemis arabes. Dans le monde musulman, on est habitué aux violences quotidiennes qui se déclenchent contre des minorités religieuses. Il y a seulement deux jours, un musulman a incendié au Pakistan les portes d’une église, réagissant à la fausse rumeur qu’un Chrétien avait profané le livre sacré du Coran. On a cassé l’autel de marbre de l’Eglise du Saint Esprit et brisé les vitraux des fenêtres. On a incendié une résidence chrétienne et l’école de filles voisine St Antoine... Pendant des jours, les religieux wahabi ont appelé leurs coreligionnaires à défendre la foi en semant la terreur parmi les Chrétiens.

Je me demande si un jour un Israélien ne prendrait pas exemple sur les wahabi et ce qu’ils font en Irak et ailleurs, enlevant des gens, les torturant et les décapitant. Tout récemment le corps d’un chauffeur hindou Maniappan Raman Kutty a été trouvé la gorge tranchée, au sud de l’Afghanistan, sans autre motif que sa foi. Mais l’histoire d’Israël ne confirme en aucune manière mes craintes. Bien qu’ils aient subi les actes terroristes les plus barbares, les Juifs ne se sont pas vengés. Et je me demande encore si cette première visite dans ce pays me permettra de percer le mystère qui fait qu’Israël accepte de rester la cible de la terreur islamique, sans réagir plus violemment.

Les citoyens arabes musulmans n’ont pas les même droits

En Galilée, je ne pouvais pas rater la vue de ces minarets qui permettent de repérer les villages arabes parsemant les collines. Le dôme imposant des mosquées est la preuve de la liberté dont jouissent les Musulmans dans un état Juif. De grandes villas, une activité de construction largement répandue, de grosses cylindrées montrent la prospérité et l’aisance dans lesquelles vivent les Arabes israéliens sous l’étoile de David (6).

Sur mon chemin entre la cité de David et l’hôtel Royal Prima à Jérusalem, j’ai demandé à mon chauffeur palestinien s’il avait l’intention d’aller habiter sous l’Autorité Palestinienne. Il m’a répondu qu’il n’avait jamais songé habiter en dehors d’Israël. Cette réponse détruit le mythe propagé par les antisémites selon lequel les Arabes ne sont pas heureux parmi les Juifs.

Un autre arabe israélien m’a précisé que les Arabes avaient les mêmes droits de vote que les Juifs. Israël est un des rares pays au Moyen Orient où une femme arabe peut voter et elle y jouit des mêmes droits que les hommes, élire et être élue par exemple. La femme musulmane est éminemment libre en Israël où la polygamie est interdite, de même que les mariages d’enfants ou la mutilation sexuelle des femmes. J’ai constaté aussi qu’il n’y avait pas de crimes d’honneur, que le statut de la femme est enviable, que le niveau d’hygiène et de santé est le plus élevé dans la région, que les hôpitaux étaient ouverts pour tous les Arabes comme pour les Juifs.

La langue arabe est une langue officielle et marque le niveau de tolérance de l’état Juif. Les rues sont indiquées aussi bien en arabe qu’en hébreu et la politique officielle est de promouvoir la culture et les traditions de la minorité arabe, aussi bien dans le système éducatif que dans la vie quotidienne. La presse arabe d’Israël est la plus vigoureuse et la plus indépendante au Moyen Orient ; il y a 20 périodiques qui publient ce qu’ils pensent, subissant seulement la censure militaire, comme la presse juive. Il y a des programmes arabes quotidiens aussi bien à la radio qu’à la télévision. La langue arabe est enseignée dans les écoles secondaires et 350 000 enfants arabes sont dans des écoles israéliennes.. À la naissance du pays il y avait une seule école secondaire. Aujourd’hui il y en a des centaines. Les universités israéliennes sont réputées comme centres d’enseignement de l’histoire et de la littérature arabe au Moyen Orient.

Habituée aux contraintes qu’un non wahabi subit lorsqu’il veut pratiquer sa religion en Arabie Saoudite, ma femme Kiran ne pouvait qu’être surprise devant la liberté de culte dans les différents lieux visités. Toutes les communautés religieuses jouissent de la protection de l’état, exercent leur culte librement et pratiquent leurs propres jours de repos hebdomadaires et de fête.

80 000 druzes vivent dans 22 villages au nord d’Israël et leur religion n’est pas accessible aux autres, constituant une entité religieuse, culturelle et sociale à part. Mais le concept druze de « taqiya » fait que cette communauté est loyale au gouvernement du pays où elle réside. Ce qui fait que les Druzes peuvent servir dans les forces armées du pays.

Chaque communauté religieuse a ses conseils et ses cours de justice, ayant une totale compétence sur les affaires religieuses, les sujets de statut personnel, comme le mariage ou le divorce. Les lieux saints de toutes les religions sont administrés par leurs propres autorités et protégés par le gouvernement.

Un journaliste hindou m’a parlé de ce que représentait pour lui l’ouverture de la société israélienne, où 20 % des citoyens ne sont pas Juifs, avec 1,2 million d’Arabes Musulmans, 140 000 Chrétiens et 100 000 Druzes. J’ai appris que les Bédouins pouvaient s’engager dans les paras et que des Arabes se sont portés volontaires pour le service armé.

Les dimensions des résidences arabes israéliens et le niveau élevé du taux de construction dans les villes arabes montrent que la propagande disant qu’Israël empêche les Arabes de construire est discriminatoire. J’ai appris qu’au début du 20ème siècle le Congrès sioniste Mondial avait créé le Fonds National Juif pour acheter des terres en Palestine. 92 % du territoire israélien appartient à l’Etat et ne peut être vendu à quiconque, Juif ou Arabe. De même, le Waqf arabe possède la terre pour le bénéfice des Arabes Musulmans. La terre gérée par l’Etat peut être louée à quiconque, quelle que soit sa religion ou son sexe.

J’ai demandé à 3 Israéliens arabes s’ils avaient subi une quelconque discrimination face à l’emploi. J’ai eu la même réponse : normalement il n’y en a pas, mais quand des Juifs Israéliens meurent dans les attentats-suicide, les Juifs sont réticents à traiter avec des Arabes. Mais cela ne dure qu’un moment.

Ma 1ère visite ici a conforté ma conviction qu’Israël était un État vital pour la stabilité de la région. De plus elle m’a convaincu que l’existence de cet État allait un jour persuader ses voisins musulmans de revoir leur conception théologique.

Un parcours dans le désert israélien m’a fait percevoir d’autres aspects de la vie. Les prophètes ne sont pas seuls à faire des miracles. Des gens confiants en eux-mêmes peuvent arriver à réaliser des choses incroyables. Des hectares de dunes de sable ont été transformés en terre, la plus fertile qui soit, où pousse blé, coton, tournesol, pois chiche, cacahuètes, mangues, avocats, agrumes, papayes, bananes et n’importe quel autre fruit ou légume. Israël a démontré pourquoi Dieu lui a promis cette terre.

La terre est constamment décrite dans la Torah comme « bonne », "terre où coule le lait et le miel. Mais le désert trouvé par les premiers arrivants ne correspondait pas à cette description, car des siècles de conquête ont rendu la terre stérile et inhabitable. En quelques décennies, les Juifs ont pris le contrôle de la terre pour la rendre à l’image de la description biblique. Malgré le manque d’espace, l’agriculture subvient à 75% des besoins. Un dur labeur, l’innovation et la foi dans la liberté ont permis que le miracle se réalise. Dieu a créé cette terre, et c’est Israël qui la rend vivante et l’empêche de mourir.


Article de Tashbih Sayed, rédacteur en chef de Pakistan Today et Muslim World Today, journaux hebdomadaires en Californie, président du Conseil pour la Démocratie et membre du Hudson Institute

Publié par Muslim World Today le 2/12/05

Traduit par Artus pour www.nuitdorient.com <http://www.nuitdorient.com/>


Notes de la traduction

(1) sauf pendant une courte période en 2004 où, pour des raisons qui nous échappent encore, les questions posées étaient vraiment indiscrètes.

(2) ce n’est pas le cas de certains restaurants, grands magasins, lieux publics...

(3) pourtant on en parle, la mafia locale utilise même des moyens terroristes, tels que le déclenchement de bombes à distance.

(4) Néanmoins d’un côté il y a exemption du service militaire pour les Arabes Israéliens ce qui est un avantage, et d’un autre côté, il y a abus de droit dans de nombreux domaines, par exemple la construction de maisons, qui se fait souvent sans permis, ce qui est un autre avantage.

(5) on peut se demander si ce courageux instituteur pourra accomplir sa peine de prison après les 750 coups de fouet !

(6) d’après notre expérience, on dirait même que certains d’entre eux vivent d’une manière opulente et protégée, comme « des coqs en pattes ».


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