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Quand le vocabulaire d’Hussein Abu Hussein semble déteindre sur Amos Oz

Hélène Keller-Lind

mardi 13 mai 2014
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La réputation littéraire d’Amos Oz n’est plus à faire. Mais force est de constater qu’il perd la maîtrise des mots lorsqu’il accuse ceux qui, en Israël, se rendent coupables de graffitis anti-arabes ou anti-chrétiens, aussi condamnables soient-ils, d’appartenir à des « groupes néo-nazis hébreux ». Ce qui est repris avec délectation par nombre de médias, dénoncé par d’autres. Certains relevant que l’écrivain siège avec le très virulent avocat Hussein Abu Hussein au Conseil public de B’tselem, organisation sujette à caution selon NGO Monitor. Un juriste qui, à la télévision palestinienne, a pu comparer Israël à « un monstre » dont « on veut écraser la tête »...

Un phénomène qualifié de néo-nazi hébreu par Amos Oz

L’agence de presse palestinienne Maan News reprenait le 11 mai 2014 une dépêche de l’AFP citant des déclarations du célèbre écrivain israélien et Prix d’Israël Amos Oz publiées le 10 mai sur le site web du quotidien Haaretz. Selon lui, utiliser des termes tels que « jeunes des collines » pour décrire ceux qui se rendent coupables de graffitis ou actes de vandalisme anti-arabes et anti-chrétiens – pneus crevés, voitures incendiées - ou décrire ces actes racistes sous le nom « prix à payer » revient à employer « des noms doux pour un monstre qui doit être appelé par son nom : des groupes néo-nazis hébreux ». Ajoutant, précise RFI : « qu’ils bénéficient du soutien de législateurs racistes et de certains rabbins qui leur fournissent une justification pseudo-religieuse ». Libération note : « Des colons extrémistes et des activistes d’extrême droite ont notamment intensifié les agressions contre les Palestiniens ». L’Orient le Jour n’est pas en reste ne prendre que quelques exemples.

Un phénomène pris en compte par le gouvernement, avec arrestations et inculpations

Ce que l’on entend moins en dehors d’Israël est que des soldats de Tsahal sont parfois également pris pour cible ou que, comme le signale Ynet News, depuis décembre 2013, face à la persistance et la visibilité d’un phénomène raciste provoquant des dégâts matériels, le gouvernement israélien a qualifié l’organisation qui en est responsable d’illégale et que depuis début 2014 « l’unité de la police qui enquête sur les attaques dites de « prix à payer » a ouvert 78 nouveaux dossiers, arrêté 102 suspects et inculpé 37 personnes ». Le Procureur général Yehuda Weinstein estimant que dans certains cas d’actes racistes « les suspects peuvent être placés en détention administrative sans jugement ». Il est estimé que quelques dizaines de personnes appartiennent à ces groupes.

Un phénomène faisant l’objet de discussions au plus haut niveau, précise également Ynet News, avec la participation des ministres de la Justice Tzipi Livni, de la Sécurité intérieure, Yitzhak Aharonovich, de représentants de Tsahal,du Shin Bet et de la police israélienne.

Par son intervention Amos Oz amplifie les choses hors de proportion

Toutefois, écrivait Ben Dror Yemini le 11 mai dernier dans une tribune publiée par Ynet News, en intervenant comme il l’a fait Amos Oz , de par sa notoriété, donnait au phénomène une résonance qu’aussi condamnable soit-il, il est loin de justifier. De plus, contrairement à ce qui est très largement prétendu par ailleurs, « il n’y a pas un seul homme politique de droite qui ne l’a pas condamné ». Enfin, selon Ben Dror, l’écrivain fait preuve « d’une exagération terrifiante ». Quand des actes, certes racistes et condamnables, consistent à badigeonner des graffitis, crever des pneus, ou même brûler des véhicules, parler de « nazisme » est une outrance étonnante de la part d’un homme de lettres connaissant la valeur des mots...

Le vocabulaire utilisé par l’avocat Hussein Abu Hussein pour parler d’Israël

Autre point soulevé par l’auteur de cette tribune : Amos Oz fait partie du Conseil public de l’organisation B-Tselem où il siège aux côtés de « l’avocat Hussein Abu Hussein qui, dit-il, a prétendu qu’Israël est pire qu’un pays nazi, que c’est un monstre et que le dire n’est pas assez, mais qu’il faut y faire quelque chose ».

Ce qu’a dit très exactement cet Arabe israélien interviewé en juillet 2012 pour la télévision officielle palestinienne par le très anti-israélien acteur et metteur en scène arabe israélien Mohamed Bakri – auteur du film Jénine, Jénine dans lequel il diffamait Tsahal sous prétexte de « licence artistique » - a été rapporté par Palestinian Media Watch, Observatoire des Médias palestiniens.

Le juriste déclarait : « l’Allemagne nazie était un État fondé pendant un court laps de temps, sur la loi...[alors que ] l’État d’Israël a été fondé dès le départ sur la rapine et le vol de la patrie appartenant à une nation. En réalité la définition exacte et véritable de ce qui est arrivé aux Palestiniens est un vol de patrie...Nous souffrons d’une grande injustice de la part de ce monstre géant. Le monstre nous attaque quotidiennement et mord notre chair dans le Néguev, la Galilée, le Triangle, Jérusalem et les territoires occupés, la Cisjordanie et Gaza. Il mord notre corps au quotidien ».
Mohamed Bakri lui répondait : « je veux écraser la tête de ce monstre ». Réplique du juriste Hussein Abu Hussein : « Nous voulons tous lui écraser la tête mais parler ne suffit pas. Chacun doit jouer son rôle ». Pour voir la vidéo de cette interview peu banale cliquer ici.

Pour mémoire, comparer Israël à un serpent ou monstre que l’on doit décapiter est une constante de la représentation palestinienne comme on le voyait le 8 mai dernier dans une caricature publiée par le quotidien officiel palestinien Al Hayat Al Djadida.

B’Tselem, Hussein Abu Hussein, Amos Oz et NGO Monitor

Qu’un tel personnage siège au Conseil public de l’organisation B’Tselem qui entend « éduquer le public et les décideurs politiques israéliens quant aux violations des droits de l’homme dans les Territoires Occupés, combattre le déni régnant chez les Israéliens et aider à créer une culture des droits de l’homme en Israël » a de quoi surprendre...Bien que B’Tselem soit sérieusement critiquée par NGOM par ailleurs pour un ensemble de raisons...

L’observatoire des ONG, NGO Monitor – NGOM -, signalait, pour sa part, en 2010 que ce même juriste arabe israélien, Hussein Abu Hussein, alors Président de Ittijah, avait déclaré lors d’une conférence organisée par l’un des membres de son organisation, Mada al-Carmel, « Israël est un État raciste et un État raciste ne peut garantir ou créer une culture de justice. Il crée une culture raciste agressive ».

En consultant le site auquel se réfère NGOM on apprend que lors de cette conférence cet avocat arabe israélien Hussein Abu Hussein accusait également Israël d’être un État d’apartheid, aussi raciste que l’ont été l’Allemagne nazie ou l’Afrique du Sud, se posant la question de savoir si Israël est un État de droit et estimant que le moment était venu de passer d’un discours d’élites à un discours populaire... Il s’attaquait même à la Cour Suprême d’Israël qui, selon lui, se montrerait raciste dans certains de ses arrêtés.... Les organisations mentionnées étant, soi dit en passant, financées par des pays européens...

Or, comme cela a été signalé plus haut, tout comme ce très anti-israélien juriste arabe israélien, Amos Oz siège au Conseil Public de B’Tselem.... Cette utilisation des termes « nazi » ou « monstre » par le juriste aurait-il inspiré l’écrivain ? Qui les utilisa dans son intervention citée par Haaretz...

Hussein Abu Hussein, Amos Oz et Haaretz

Par ailleurs, Hussein Abu Hussein, Président d’Adalah, organisation de défense des minorités arabes en Israël – accusée de partialité par NGOM http://www.ngo-monitor.org/article/adalah -, signait dans Haaretz le 5 mai 2014, soit cinq jours avant la publication d’un article rapportant des propos d’Amos Oz, un article intitulé « Terrorisme du prix à payer : Israël est-il confronté à une guerre entre les religions ? ».br />
Dans cet article l’avocat utilise un langage châtié ne parlant pas d’écraser la tête du monstre comme il le fait quand il s’adresse à un public arabe. Mais il accuse les autorités israéliennes de laxisme concernant les actes dits de « prix à payer », alors que pendant la première et seconde Intifada – qui ont fait des centaines de victimes civiles israéliennes dont il ne dit mot – un simple jet de pierre faisait accourir le Shin Bet, la police ou l’armée. Le seul meurtre dont il parle est celui de quatre Arabes israéliens commis à Shefa-Amr dans le nord d’Israël, par le soldat Eden Natan-Zada – alors en rupture de bans – ayant ouvert le feu sur les passagers d’un bus. Acte alors fermement condamné par Ariel Sharon.

Ce soldat, bien que blessé, menotté et entravé, fut lynché à mort par une foule ivre de vengeance qui parvint à l’atteindre en ayant écarté les policiers présents. Qu’Hussein Abu Hussein compare des graffitis ou même des incendies de véhicules à l’acte meurtrier de ce soldat a aussi de quoi surprendre...

Par ailleurs, l’avocat lance un avertissement aux autorités israéliennes brandissant la menace d’un possible lynchage similaire si, d’aventure, des personnes coupables d’actes dits de « prix à payer » se faisaient prendre dans un village ou une ville arabe. Il évoque aussi la menace d’une guerre de religion avec incendies de synagogues en réponse à des graffitis badigeonnés récemment sur une mosquée à Fureidis.

Cette proximité entre les deux hommes, ayant tous deux les honneurs de Haaretz, l’utilisation des termes « nazi » et « monstre » par l’un et l’autre, ont, elles aussi, de quoi surprendre et inquiéter...


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