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Benoît XVI : après un silence regrettable, un mot malheureux

David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international)

vendredi 16 décembre 2005
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D’après une information parue dans la presse, le pape Benoît XVI a, à l’occasion de la Journée mondiale de la paix dénoncé, le terrorisme et la prolifération nucléaire.

Loin de nous, l’idée de critiquer cette prise de position, qui n’est d’ailleurs pas nouvelle, de la part du Vatican.

De fait, le pape a, à juste titre, dénoncé les gouvernements qui « fomentent chez les citoyens des sentiments d’hostilité envers les autres nations » et condamné ceux qui « mettent en danger », dans les régions chaudes du globe, « les équilibres délicats atteints au prix de difficiles négociations » .

On serait tenté de crier : « Des noms, des noms.... ».

Seulement, comme l’a fait remarquer le journaliste du Figaro (14 décembre 2005, p. 5), selon la coutume, dans ces messages officiels adressés à tous les chefs d’Etat de la planète, « aucun pays jugé dangereux par le Saint-Siège n’est explicitement nommé ».

Mais, ce même journaliste n’a pas manqué de relever que seules « les populations martyrisées de la Palestine » apparaissent dans ce texte de quinze pages.

Quelle insigne maladresse du chef de l’Eglise catholique qui, déjà, en juillet dernier, alors qu’il évoquait les attentats survenus en Egypte, en Grande-Bretagne, en Turquie et en Irak, avait omis de citer l’attentat qui venait, déjà, de se produire à Netanya.

Dans la bouche du plus haut dignitaire de l’Eglise, le terme de « martyrisées », indépendamment du fait qu’il rappelle le sort effroyable des premiers chrétiens, donne une image totalement déformée du sort des populations palestiniennes.

Nous ne méconnaissons nullement les souffrances endurées par les populations palestiniennes, du fait du conflit plus que cinquantenaire qui oppose le monde arabo-musulman à Israël, et surtout du fait de la seconde Intifada, déclenchée par Arafat, en septembre 2000.

Toutefois, le terme utilisé par le pape est particulièrement offensant vis-à-vis d’Israël, dont la population souffre, également, non seulement sur le plan de sa sécurité, mais aussi sur le plan économique de cet « état de guerre ».

Certes, le Petit Robert indique que « martyriser » peut aussi signifier : « faire souffrir beaucoup physiquement ou moralement » (souligné par nous).

Mais, en tout état de cause, on ne peut pas imputer aux autorités israéliennes la volonté de « faire souffrir » les Palestiniens, et, surtout, le terme de « martyriser » a d’autres sens beaucoup plus forts.

Le Petit Larousse indique que martyriser signifie : « torturer, persécuter », ce qui correspond bien à l’acception générale de ce terme.

Nous n’osons pas imaginer que Benoît XVI a voulu englober la population juive dans l’expression « populations .....de la Palestine ».

Car, s’il est vrai que dans les premiers temps du conflit isarélo-arabe, le Vatican avait apporté son soutien au rêve chimérique (pour ne pas dire démoniaque) de certains, qui évoquaient un Etat bi-national, à l’heure actuelle, et tout récemment, encore lors de la visite, à Rome, le mois dernier, du président israélien, Benoît XVI avait évoqué son souhait de voir s’établir une collaboration entre les deux Etats, israélien et palestinien.

Cette « double gaffe » du nouveau pape n’augure guère d’une amélioration prochaine des rapports entre Israël et le Vatican.

Il avait fallu attendre fin décembre 1993 - donc quelques semaines après la « reconnaissance » réciproque Israël-OLP - pour que soit conclu un « accord fondamental entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël ».

Le Saint-Siège refusait, jusqu’alors, sans doute pour ne pas mécontenter le monde arabo-musulman, de reconnaître l’Etat d’Israël, même si des responsables politiques israéliens étaient, couramment, reçus au Vatican.

L’établissement de relations diplomatiques n’eut lieu qu’en juin 1994.

Il fallut attendre quelques années, encore, pour que soit signé, en novembre 1997, un « accord sur la personnalité juridique ».

Reste, toujours, à régler les « questions fiscales et économiques » dont l’accord les concernant, en discussion depuis plus de 10 ans, n’a pas encore été conclu.

Et à la suite de l’invitation officielle faite par le président Katsav à Benoît XVI de se rendre en visite en Israël, en 2006, le Vatican a fait savoir qu’il insistait pour « finaliser d’abord les accords sur le statut de l’Eglise » en Israël.

Certes, les lenteurs dans les négociations ne sont pas seulement le fait du Saint-Siège, comme l’ont d’ailleurs reconnu, les autorités israéliennes.

Mais certaines prises de position du Vatican sur divers aspects du conflit au Moyen-Orient, notamment à propos de Jérusalem, ne sont pas étrangères à ces lenteurs du côté israélien.

Et on a l’impression qu’il n’y a pas qu’au Quai d’Orsay que les ministres changent et que les mauvaises habitudes de l’administration demeurent.

Il semble en aller de même à la Curie romaine.


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