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Interception réussie à 6 kilomètres par seconde

Par Jean Tsadik © Metula News Agency

dimanche 4 décembre 2005
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Ce serait... une bombe à retardement, en quelque sorte... sauf si en mai prochain, quelqu’un leur cassait leur parapluie !

Il aura fallu un peu plus d’un an aux scientifiques israéliens pour surmonter les problèmes techniques qui avaient conduit à l’essai manqué de leur missile anti-missiles balistiques Khetz-Arrow, en septembre 2004 aux USA [lire Le double échec spatial israélien et ses conséquences].

 

Alors, lorsque vendredi dernier le chasseur de Météores ("Shihab" en perse) a intercepté le Moineau noir ("Black sparrow") qui figurait un missile iranien, au large des côtes israéliennes, les chercheurs, les militaires et les politiques de l’Etat hébreu qui assistaient au test ont laissé éclater leur joie.

 

Doron Sulik, vice-président d’Israel Aircraft Industry, (IAI), le fabriquant du système de contrôle de feu du Khetz, ainsi que de son lanceur et du système de contrôle de lancement, a qualifié de "réalisation impressionnante" le test de vendredi, ajoutant que "l’Arrow avait fonctionné à la perfection en interceptant une cible sophistiquée".

 

Le missile intrus avait été largué peu avant par un F-15 (voir photo) au dessus de la Méditerranée et il faisait route d’Ouest en Est en direction de la Terre Sainte. Le but de ce nouvel essai, le 9ème de l’histoire du Khetz, consistait, en conditions opérationnelles, à détruire un projectile possédant les caractéristiques d’un Shihab III. L’objectif manqué un an plus tôt.

 





Un F-15 de l’armée de l’air israélienne libère le faux Shihab

 

La dénomination Shihab III est d’ailleurs devenue un terme générique, tant les Iraniens attribuent, dans le but de créer la confusion en Occident, ce nom à toute une gamme de missiles aux performances et aux particularités fort différentes. Les Israéliens et les Américains ont pris le parti d’appeler Shihab III le MRBM, le missile balistique de portée intermédiaire correspondant au No Dong nord-coréen et au Ghauri II pakistanais. Dans sa version perse, il s’agit d’une fusée d’un seul étage, possédant une portée de 1'300 à 1'500 kilomètres, soit suffisante pour transporter une charge chimique, bactériologique ou nucléaire de l’ordre de 750 kilos n’importe où sur le territoire de l’Etat hébreu.

 

Lors d’essais précédents, le Khetz avait déjà démontré sa capacité à détruire les missiles plus anciens, de type Scud B, C et sa variante Al-Hussein, en service notamment à Téhéran et à Damas. Ces Scud possèdent une portée pouvant atteindre 850 kilomètres et une charge utile (un poids transportable) moindre de celui du Shihab III.

 

La difficulté principale dans l’interception des engins de la classe No Dong réside dans leur vitesse : plus un missile balistique est puissant, plus sa vitesse d’approche est élevée et conséquemment, plus on a besoin de rapidité et de précision lors de son acquisition (identification et suivi) et de sa destruction. Pour pouvoir comparer les défis technologiques posés par ces missiles, nous préciserons que lors de sa phase descendante, le Shihab III-No Dong se déplace à une vitesse de 6 kilomètres par seconde, soit quatre fois la rapidité d’un Scud.

 





Le plan de l’essai de vendredi

 

Détail notable, lors de l’essai de vendredi, le système radar du Khetz était couplé à celui des Patriot déployés dans la région. L’idée étant que si la Flèche (Khetz) manquait sa cible, on se ménageait une sorte de seconde et dernière chance, en mettant à contribution les missiles Patriot de conception américaine, destinés à intercepter, à faible altitude, des objets volants non désirables. Cette mesure est intéressante bien que nous considérions quasi nulle la possibilité qu’un Patriot intercepte un Shihab III.

 

On comprendra aisément la satisfaction éprouvée par le succès de l’interception du Moineau noir à l’aune des appels du président iranien Mahmoud Ahmadinejad à rayer Israël de la carte, ainsi que des récents avancements de ses compatriotes dans la mise au point d’un Shihab III opérationnel. Ces progrès ont été constatés à l’Ouest.

 

A ce sujet, la veille même du dernier test de l’Arrow, le premier ministre israélien Ariel Sharon a prévenu que son pays ne tolérerait pas la nucléarisation de la République Islamique d’Iran. Et mercredi, le chef des renseignements militaires de Tsahal avait averti qu’Israël patienterait jusqu’à la fin mars 2006 afin de permettre à la diplomatie d’obtenir l’arrêt du programme atomique de Téhéran.

 

A Métula, nous comprenons fort bien les inquiétudes exposées à Jérusalem et considérons que la dotation de Téhéran en armement de destruction massive et dans les moyens d’en faire usage fait courir à l’ensemble de la planète un risque insupportable. Ceci ayant été dit, il reste encore à se poser la question consistant à comprendre quels sont les buts recherchés par la direction islamiste de l’Iran en s’armant frénétiquement de la sorte.

 

Dès à présent, pour qu’une attaque au Shihab ait une chance de percer le filet de protection constitué par les Khetz, il faudrait militairement que les Ayatollahs soient capables d’envoyer simultanément au moins six à sept missiles sur Israël, et que leurs alliés de Damas participent à l’opération en lançant ce qu’ils ont de Scud sur l’Etat hébreu. Les chances de percer cette défense par une telle attaque sont actuellement de 20% ; celles d’atteindre l’objectif recherché, de 5 à 7% ; celles de détruire Israël (si les missiles sont équipés d’ogives nucléaires) au point de l’empêcher de riposter, de 1 à 3%. Notons que l’application des enseignements recueillis au terme du tir de vendredi va encore considérablement améliorer le pronostic en faveur d’Israël.

 

Le risque d’une entreprise de cette sorte, pour les dirigeants iraniens, est exorbitant. Dès la première information de Shihab III faisant route vers son territoire, sans attendre de vérifier leur chargement avec exactitude, Israël réduira la Perse en cendres et en fumée. Et contrairement à Ahmadinejad et à ses collègues, l’Etat hébreu dispose des moyens, le cas échéant, de mener à terme une attaque nucléaire avec des résultats connus d’avance. De plus, l’Iran ne dispose pas de protection anti-missiles, le Khetz étant à l’heure actuelle le seul système de ce genre au stade opérationnel.

 

Et même si d’aventure Israël était rayée de la carte il est plus que probable que les Etats-Unis ferait le travail à sa place.

 

En termes stratégiques, la conduite d’une telle action par les Iraniens ne constituerait pas une opération suicide mais un suicide tout court. Compte tenu du pronostic d’une telle agression, il faudrait que tout l’establishment iranien soit totalement dérangé pour l’entreprendre. Alors, que veut Téhéran ?

 

Un autre scénario catastrophe voudrait que les Perses préparassent une sorte de Super 11 septembre nucléo-bactériologique, non contre Israël seule mais contre plusieurs centres de vie occidentaux. Si on retient cette hypothèse, la mise au point du Shihab III ne constituerait qu’une étape technologique vers le développement déjà entamé du Shihab IV – 3'000 kilomètres de portée –, et des Shihab V, Vb et VII encore à l’état de concept  – de 4 à 15'000 kilomètres ! –. Israël, dans ce postulat, ne constituerait pas la cible immédiate de l’Etat fondamentaliste ; elle pourrait même lui servir d’alibi, du style : "nous nous armons pour faire face à la menace nucléaire israélienne".

 

Mais même cette seconde hypothèse me paraît incroyable, puisque, à l’instar de la première, elle se terminerait inéluctablement par le rayage de la carte de… l’Iran. Or, en tant qu’analyste stratégique, je ne crois pas en la possibilité qu’une organisation étatique préparât son suicide de la sorte. Ce, même dans l’optique d’entraîner dans son trépas des millions d’infidèles. Selon ma lecture des évènements, les dirigeants de Téhéran désirent conquérir la terre à la pointe du sabre de l’islam et non disparaître prématurément avec elle. D’autant plus qu’il se passera encore longtemps avant que les Ayatollahs ne détiennent le pouvoir de détruire toute la planète, or, ils prendraient le risque de faire disparaître des millions de musulmans et de voir leur survivre et triompher d’eux les rescapés infidèles. La seconde hypothèse non plus ne me semble pas très sensée.

 

Alors, la raison de la course à l’armement de Téhéran, quelle est-elle ?

 

Je la vois très prosaïque. Elle sert à assurer la pérennité de la République islamiste face à la volonté occidentale de la voir disparaître. Non pas qu’Ahmadinejad et ses pareils soient infatués au point de croire qu’ils sont en mesure de vaincre les Américains lors d’un conflit atomique ; en revanche, s’ils croient que les démocraties hésiteraient longuement avant de faire la guerre à un Iran nucléaire, je partage l’opinion des Iraniens. La course à la Bombe et aux Shihab aurait donc pour but de se procurer un parapluie. Un parapluie à l’abri duquel les imams d’Ispahan, de Bam, de Hamadan et de Tabriz pourraient continuer à construire la révolution islamique ainsi que les moyens de lui faire conquérir la terre.

 

Ce serait… une bombe à retardement, en quelque sorte… sauf si en mai prochain, quelqu’un leur cassait leur parapluie !

 


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