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Prix à payer pour un ministère en Tunisie : nier tout contact avec « l’entité sioniste », le cas d’Amel Karboul

Hélène Keller-Lind

vendredi 31 janvier 2014
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Tout est bien qui finit bien, pour l’heure, pour Amel Karboul, nouvelle ministre du Tourisme en Tunisie, devenue la star du nouveau gouvernement tunisien. La démission qu’elle avait présentée a été refusée par le Premier ministre. Une très bonne chose sans doute pour la Tunisie, compte tenu des compétences exceptionnelles de celle-ci.
Oui mais...la crise ayant entouré sa nomination, ces accusations de « normalisation » avec Israël, venues de tous côtés, ont été révélatrices de l’antisionisme virulent qui gangrène la Tunisie. Car la belle, pour se dédouanner, a dû nier toute relation avec « l’entitésioniste », appelant même les autorités palestiniennes à la rescousse...

Amel Karboul, une inconnue talentueuse propulsée sur le devant de la scène tunisienne pour un mot de six caratères dans un CV très fourni...

« Amel Karboul. Il y a de cela quelques jours, ce nom ne disait pas grand-chose aux Tunisiens » note pour le site businessnews.com la journaliste Inès Oueslati qui consacre un long article à la nouelle ministre du Tourisme du tout nouveau gouvernement tunisien que tout le monde encense. Il ne disait pas grand chose ni aux Tunisiens ni à quiconque hormis ceux qui l’ont cotôyée dans son domaine d’expertise. Inès Oueslati titre aujourd’hui sur « la starification » fulgurante de « l’experte en mise en place de stratégies de changement » dont la nomination surprise enthousiasmante, car il s’agit, en effet, d’une femme de compétences ayant fait ses preuves, fut mouvementée.

Les trois jours difficiles et la leçon mémorable d’Amel Karboul

On apprenait la composition du nouveau gouvernement tunisien post-Ennhada, le 26 janvier 2014 au soir. On y découvrait alors pour le ministère du Tourisme le nom d’une Tunisienne inconnue dans les cercles politiques, mais au CV prestigieux dans le domaine des affaires. Or, le 30 janvier, Amel Karboul faisait elle-même ce commentaire : « Les 3 derniers jours n’ont pas été faciles pour moi mais j’ai reçu une leçon mémorable » ! Businessnews rend compte d’une interview qu’elle a accordée à la radio Express fm en ces termes : "«  Si je dis que je n’étais pas blessée ou affectée, ce serait mentir. Mais j’ai essayé de voir les points positifs  », a-t-elle admis, en saluant toutes les personnes qui l’ont soutenue dans cette épreuve.
« Je remercie ceux qui m’ont insultée, car ils m’ont donnée une leçon importante qui m’a permis de comprendre beaucoup de choses dans la politique tunisienne, un genre de cours intensif, dispensé, en plus, dès le premier jour », a souligné Mme Karboul".

De ces insultes Inès Oueslati précise : « Amel Karboul a été attaquée par les députés lors de la séance consacrée au vote de confiance à l’ANC ». Les insultes ou doutes émanaient de toute part, pas uniquement d’une minorité islamiste. La raison en étant « Israël ». Israël l’un des pays, cent cinquante dira-t-elle par ailleurs, où elle a travaillé et noté sur son CV. Il s’agissait alors pour elle de gérer un atelier de travail.Israël, terme sur lequel se sont focalisés ses détracteurs, oubliant les centaines d’autres mots que contient ce CV. Exceptionnel pour une si jeune femme...Ce fut la curée. Avec un énorme retentissement médiatique en Tunisie où l’affaire a occupé le devant de la scène, éclipsant tout le reste trois jours durant. Ce qui donne une idée de l’importance accordée à la question...

Pas de « normalisation » avec l’Etat hébreu, les explications d’Amel Karboul et Mehdi Joumâa

Parmi les leçons apprises par Amel Karboul, la plus importante, sans doute, est donc qu’il est hors de question d’avoir entretenu le moindre lien avec Israël pour qui veut propspérer en Tunisie. Le jour du vote de confiance au nouveau gouvernement le Premier ministre Mehdi Joumâa et Amel Karboul donnèrent alors l’explication suivante : elle ne serait allée qu’une fois à l’aéroport de Tel Aviv pour se rendre dans « les territoires occupés » et y travailler avec des Palestiniens dans le cadre d’une mission pour l’ONU, mais elle ne serait pas restée compte tenu de la manière dont elle aurait été traitée par les autorités israéliennes l’ayant, selon ses dires aujourd’hui, maltraitée et humiliée six heures – ou quatre heures- durant parce qu’elle est tunisienne, arabe et musulmane. Ce que rapportent plusieurs sources médiatiques citées dans un article précédent sur le sujet.

Le thème d’une maltraitance et d’une humiliation alléguées aux mains des autorités israéliennes ne peut que susciter l’empathie d’un public globalement hostile à Israël...

Inès Ouslati écrit aujourd’hui : « Nombreux étaient ceux qui lui reprochaient un voyage en Israël. Malgré les justifications de la ministre et du Chef du gouvernement quant à la non collaboration de celle-ci avec Israël, beaucoup d’élus sont restés sceptiques... » Amel Karboul a alors prêté serment mais a aussitôt offert sa démission au premier ministre, le laissant juge : son parcours était-il sans tâches ou non ?[—jai-remis-ma-demission-a-mehdi-jomaa-video,520,43902,3]. Démission qu’il a refusée, considérant ses explications comme convaincantes et que l’on ne pouvait donc lui reprocher de s’être commise avec l’Etat hébreu...

Les autorités palestiniennes témoignent en sa faveur...

Elle a d’ailleurs obtenu une aide de poids, qu’elle relate ainsi le 29 janvier sur sa Page Facebook : « j’ai appris que les autorités palestiniennes ont envoyé une missive urgente au Cabinet du Premier ministre tunisien pour préciser que j’ai visité les territoires occupés dans le cadre de l’ONU spécialement pour l’Etat palestinien et qu’il est impossible d’entrer dans les Territoires palestiniens de Cisjordanie sans passer par l’aéroport sioniste, ce qui montre que je n’ai absolument aucune relation avec l’entité sioniste, cela montre la véracité de ce que j’ai affirmé. Merci à Dieu ».

Libération de la Palestine et Constitution tunisienne

La défense du « mouvement libération palestinienne », mise en exergue, figurant dans le préambule de la Constitution tunisienne qui ne peut en aucun cas être modifiée, n’est pas un vain mot, on le voit ici. Cette défense passant par le rejet de toute « normalisation » avec ce qui est le plus souvent décrit comme « l’entité sioniste »...Qui, lui, n’a pas été inscrit dans cette constitution, compte tenue de pressions extérieures diverses, mais qui y est pourtant inscrit en filigrane...

Contrôles aux frontières d’Israël et Pont Allenby

Le ticket d’entrée à ce ministère pour Amel Karboul aura donc été ces accusations lancées a posteriori, huit ans plus tard, contre Israël...Alors que la situation sécuritaire spécifique israélienne explique qu’il y ait des contrôles très serrés, exaspérant parfois, certes, mais nécessaires, aux frontières d’Israël. Que l’on soit arabe ou pas, musulman ou pas, tunisien ou pas..Le ministère des Affaires étrangères français stipule, en effet que "pour des raisons de sécurité, tous les voyageurs peuvent faire l’objet de contrôles prolongés à l’aéroport Ben Gourion. Il convient, le cas échéant, de faire preuve de patience et de coopération" . Ce que ne pouvait ignorer une globe-trotter polyglotte du calibre de Madame Karboul.

Par ailleurs, ce qu’elle dit d’un passage obligé par « l’aéroport sinosite » de Ben Gourion, est faux. Si son dégoût de « l’entité sioniste » avait été si fort, cette femme d’affaires très avisée aurait pu entrer dans les Territoires palestiniens, dont elle dit aujourd’hui qu’ils étaient sa destination, par la Jordanie et le Pont Allenby qui relie le royaume hachémite et la Judée Samarie avec des postes de contrôle jordano-israéliens. A cet égard le site du ministère des Affaires étrangères français note : "L’accès par le pont Allenby est réputé plus facile, mais il convient de prendre en compte ses horaires (fermeture du terminal en début d’après-midi les vendredi et samedi) et le fait que son passage peut être sans préavis restreint ou interdit en fonction du contexte sécuritaire ou des cas individuels". Même si, bien entendu, les responsables de la sécurité israéliens sont également tenus d’être vigilants...mais entrer via l’aéroport Ben Gourion est sans doute plus pratique...

Amel Karboul a dit quelque part qu’elle peut se regarder dans la glace...En est-elle si sûre ?

Ce qu’il en a été d’une éventuelle nomination de René Trabelsi

En parrallèle à cette affaire on notera que le tour operateur René Trablesi avait été pressenti pour obtenir ce ministère avant qu’il soit question d’Amel Karboul. Juif, natif de Djerba, il a un savoir-faire indéniable en matière de tourisme et plus spécifiquement concernant la Tunisie. Or, son éventuelle nomination à ce poste avait entrâiné, elle aussi, des critiques acerbes. Un article publié par le site Kapitalis, retiré depuis, détaillait les trois conditions auxquelles il devrait se soumettre, selon certains, pour pouvoir espérer accéder à ce poste : « dénoncer le sionisme, affirmer qu’Israël est un Etat colonial et ne pas détenir de passeport israélien ». Il reste la trace de cet article sur le site webradar oùon lisiat il y a une semaine environ : "Tunisie-Tribune : De bonnes raisons pour rejeter la candidature de René Trabelsi au ministère du Tourisme S’il dénonce le sionisme et les crimes d’Israël et déclare être avant tout Tunisien, René Trabelsi sera surpris de la vague de sympathie qu’il suscitera parmi ses compatriotes..." Mehdi Jomâa a de toute évidence renoncé à courrir le risque, choisissant Amel Karboul à la place...n’ayant sans doute pas vu le nom d’Israël dans le riche CV de celle-ci ou n’y ayant pas prêté attention...

Un antisionisme tunisien islamiste mais aussi de l’opposition

A propos de l’antisionisme tunisien on notera qu’il est double. Il y a celui d’Ennhada, Frères musulmans islamistes au pouvoir jusqu’ici, mais aussi celui d’une grande partie de l’opposition tunisienne. Pour mémoire Chokri Belaïd, chef d’un parti laïque assassiné, était violemment antisioniste et militait pour la criminalisation des relations avec Israël. Le très puissant syndicat de gauche UGTT, l’est aussi. Entre autres exemples. Un antisionisme souvent mâtiné d’antisémitisme...

Il y a également un troisième mouvement, beaucoup plus minoritaire : celui des Tunisiens qui ne sont activement pas antisémites mais violemment antisionistes. A l’instar de l’ancien Ambassadeur de Tunisie auprès de l’UNESCO, aujourd’hui exilé, – dont nous avions soutenu ici le combat lorsque la star d’Al Jazeera, Khadija Benguena, qui avait encensé le nazisme sur sa Page Facebook, ce qu’il avait dénoncé, l’avait poursuivie devant les tribunaux en France. Procès qu’elle a perdu, ce qui n’a été que justice -. Mezri Haddad, en effet, est l’un des tenants de la théorie selon laquelle, pour résumer ses démonstrations brillantes, Israël serait ligué avec le Qatar et les Etats-Unis pour favoriser l’islamisation de pays comme la Syrie ou la Tunisie.On en voit un aspect dans cette letre ouverte adréssée à un ambassadeur américain. Mezri Haddad n’étant antisioniste, là encore pour résumer très imparfaitement, qu’à la manière, si l’on peut dire, d’un Gidéon Lévy, journaliste de Haaretz,.

Pour revenir à ce poste de ministre du Tourisme de Tunsie, Mezri Haddad apportait récemment son soutien à René Trabelsi. Il le faisait notamment par voie de presse, qualifiant les critiques entendues d’abjectes et antisémites et vantant le patriotisme de l’intéréssé..

On souhaite qu’Amel Karboul réussisse pour le bien de la population tunisienne mais on ne recommandera pas la destination Tunisie à tous ceux qui sont épris de justice

Pour conclure, on ne peut que souhaiter plein succès à ce ministre dans un secteur important et sinistré de l’économie tunisienne pour le bien de la population tunsienne très appauvrie. On pense ici à Mohamed Bouaziz, ce petit vendeur à la sauvette tunisien poussé à l’immolation par le feu par désespoir,...même s’il était peut-être, lui aussi, antisioniste, le bourrage ce crâne anti-israélien étant monnaie courante en Tunisie et la plupart des pays qualifiés d’arabo-musulmans – oubliant l’origine berbère de nombre d’entre eux, mais ceci est une autre histoire.... -.

Toutefois il faut avertir quiconque a un tempon d’entrée ou de sortie d’Israël de ne pas se rendre en Tunisie, sans parler des détenteurs de passeports israéliens. Ne pas s’y rendre valant aussi et surtout pour quiconque a la justice et, partant, l’amour d’Israël à cœur.

Merci à Maître Souhail Ftouh pour les traductions de l’arabe


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