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Lorsque le delirium raciste et chronique remplace l’information

Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

dimanche 12 octobre 2003
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Guillaume Dasquié a changé de support médiatique mais pas de phobie haineuse.

En juillet 2003, Dasquié, que les téléspectateurs français ont souvent vu leur expliquer la guerre d’Irak, a quitté Intelligence Online afin de fonder Géopolitique.com, qui prétend traiter des tensions internationales. Grand bien il fit, du coup, à Intelligence Online, qui est devenu lisible, sous la houlette de son nouveau rédacteur en chef Maurice Botbol, et même relativement intéressant.

Quant à Geopolitique.com, que Dasquié a créé avec un certain Marc Bauland, il se confond d’entrée dans la propagande anti-israélienne délirante. Ainsi peut on y lire] un scoop pour le moins déroutant sur sa première page :

« Ottawa neutralise un réseau d’espions israéliens »…

En fait de scoop, il s’agit d’un remake à l’identique de l’affaire qui avait ridiculisé le journal le Monde l’an dernier, lorsque Sylvain Cypel avait repris pour le compte du quotidien, et sur cinq colonnes à la une, les ragots ventilés par Dasquié.

Ce scandale avait alors été qualifié par le FBI de faux ridicule. Précisant, pour le surplus, que « cette affaire de réseau d’espionnage israélien n’en est pas une. Aucun Israélien n’a été accusé d’espionnage par le FBI sur ce sujet ». Le Ministère américain de la justice avait qualifié, pour sa part, l’information d’Intelligence Online et du Monde de « légende urbaine », ajoutant qu’il ne possédait aucune information « qui étayerait ces informations largement diffusées ».

J’invite d’ailleurs les lecteurs à consulter l’analyse circonstanciée que la Ména avait consacré à cette affaire sous la plume de Guy Senbel lire].

Là où Guillaume Dasquié dépasse les limites de la raison et procède d’une malhonnêteté qui rappelle, effectivement cette fois, les méthodes de propagande de type goebbelsiennes, c’est lorsque, ignorant les démentis américains sur l’affaire du Monde, il choisit au contraire de s’y référer.

Si !

Il décrit le réseau d’espionnage israélien au Canada comme « une affaire semblable en tous points au scandale d’espionnage qui avait empoisonné les relations entre Tel Aviv et Washington l’an dernier ». Passons sur le fait révélateur que Géopolitique déplace allègrement le gouvernement israélien de Jérusalem à Tel Aviv - on peut être gêné de ce que Jérusalem soit la capitale de l’Etat d’Israël mais de la à prétendre qu’un pouvoir politique siégerait à Tel Aviv, cela tient de l’hallucination - et observons l’essentiel : Personne de sensé n’a observé la moindre brouille entre Israël et les USA des suites d’une affaire d’espionnage depuis l’affaire Jonathan Pollard en 1985.

L’explication donnée à ce silence par Géopolitique.com procèderait de la volonté du procureur général des Etats-Unis d’alors, John Ashcroft, d’étouffer le scandale « pour des raisons éminemment politiques ».

A ce sujet, déjà invoqué par Cypel l’an dernier, Senbel écrivait : « Cypel voudrait-il que les lecteurs du Monde doutassent de la dévotion suprême du FBI à protéger les intérêts de l’Amérique ou irait-il jusqu’à insinuer que le FBI est noyauté par une résurgence de la légendaire Juiverie mondiale ? » Et lorsque l’on connaît l’intransigeance de l’Amérique sur les questions de sécurité nationale - refusant opiniâtrement, par exemple, de libérer le même Jonathan Pollard, encore que gravement malade, après dix-sept ans de détention - on réalise à quel point l’allégation est grotesque.

Sur le fond, l’accusation renouvelée d’espionnage se raccroche à un rapport rédigé en 2002, au lendemain du choc du 11 septembre, « par des fonctionnaires subalternes de la DEA, l’Administration de lutte contre les méfaits de la …drogue ! La DEA, ne disposant pas de la compétence, pas plus que des moyens afin de diligenter des enquêtes d’espionnage, qui sont le domaine réservé du FBI et de la CIA. » (sic Senbel).

Dans l’affaire d’Ottawa, on s’aperçoit rapidement qu’il s’agit, tout comme aux Etats-Unis, d’une problématique hyper connue liée à l’immigration : Des étudiants israéliens, au sortir de trois ans et demi de service militaire obligatoire, obtiennent des visas d’étude factices auprès des ambassades des USA et du Canada en Israël. Ils se présentent en tant qu’étudiants en art, car d’expérience, c’est à ce titre qu’un visa est le plus facilement décerné. Une fois en Amérique, et pour subsister matériellement au cours de leurs excursions, ils s’adonnent à la vente de bibelots, de posters et de jouets sur la place publique. Et le bouche à oreille opérant, ils s’approvisionnent en « marchandises » auprès des mêmes revendeurs.

C’est tout.

Même à lire attentivement le scoop de Géopolitique.com on s’aperçoit que la raison des arrestations y figure noir sur blanc alors que l’allégation d’espionnage n’apparaît nulle part dans les déclarations et les actes des autorités canadiennes. Celles-ci font état de « défaut de présentation de titres de séjour », « d’expulsion du territoire canadien », « d’entrée illégale sur ledit territoire ». De plus, et de l’aveu même des délateurs parisiens, les institutions qui s’occupent des étudiants sont la « police », les services d’enquêtes criminelles et « le département canadien de l’immigration ». Ils comparaissent devant « le commissaire du ministère de l’Immigration et de la citoyenneté Pierre Turmel » et pas devant les services du contre-espionnage d’Ottawa.

On peut à juste titre trouver étrange que de soi-disant experts, prétendant traiter des « tensions entre Etats » de manière professionnelle ignorent que les Canadiens disposent de services de contre-espionnage tout à fait performants et que si des étrangers étaient réellement soupçonnés d’espionnage, ce sont eux qui interrogeraient les suspects. Il est de plus évident, que si l’acte d’accusation retenu était l’espionnage et pas le séjour illégal, les prévenus seraient inculpés et jugés et en aucun cas, reconduits à la frontière.

Et si l’article du Ottawa Sun, que cite Géopolitique, a été retiré au bout d’une heure, ça n’est pas à cause d’un très illusoire secret d’Etat mais tout simplement parce que la nature réelle de l’affaire a été rapportée aux journalistes et que cela aurait procédé de la pure stupidité que de maintenir l’article en ligne, sachant qu’il reposait sur une erreur. Dommage pour lui que Guillaume Dasquié n’a pas pris la peine professionnelle, à notre instar, d’appeler l’Ottawa Sun, il aurait entendu la même explication que celle que je publie en ces lignes.

Au-delà de l’aspect juridique des choses, un véritable expert des questions d’intelligence se serait demandé en quoi le parlement canadien représenterait-il un site sensible de nature à intéresser l’armée israélienne ? Surtout lorsque tous les débats qui s’y tiennent sont télévisés ? Et s’il devait y avoir, malgré tout, des secrets alléchants que j’ignore dans cet édifice respectable, le Mossad serait-il assez bête et assez riche pour y dépêcher neuf agents ?

Heureusement pour Dasquié et pour Cypel que le ridicule ne tue pas, car on aurait très certainement, dans ces affaires, perdu deux grands comiques de notre temps. Alors que le Pakistan et la Corée essayent leurs nouveaux missiles balistiques et que l’Iran des Ayatollahs développe sa bombe atomique, les gens sains d’esprit comprendront que les Israéliens ont mieux à faire, que d’envoyer des dizaines d’agents au Canada afin de s’assurer que la neige est blanche, que la pluie mouille et que l’eau gèle à zéro degrés…

Par delà la plaisanterie, cet article est terriblement inquiétant. D’abord parce qu’il va, comme celui de Cypel en son temps, être repris par des dizaines de sites Internet nazillons et antisémites, trop heureux de démontrer le caractère inné et malfaisant des Juifs. Ensuite, parce qu’il nous rapporte un cliché instantané marquant le point de dérive terrifiant qu’a atteint le centre philosophique de l’intelligentsia et de l’information en France. Et ce constat est si effarant, que si j’étais persuadé que ça n’est pas précisément ce que cherchent les voyous, je crierais aux démocrates et aux Juifs de France : « Foutez le camp pendant qu’il en est encore temps ! »

J’attends aussi de voir si Sylvain Cypel, promu rédacteur en chef du Monde, malgré ou grâce à son faux d’anthologie, va avoir le cœur qu’il faut pour rapporter cet autre scandale d’espionnage israélien à ses lecteurs ? S’il ne le fait pas, ce sera un désaveu cinglant de la fiabilité de ses sources mais s’il ose, ce sera pour montrer, qu’en France, on fait ce qu’on veut, qu’on n’est pas limité par les frontières de la vérité ni soumis aux règles de l’apesanteur, pas plus qu’aux lois du journalisme, ni paralysés par les menaces des Juifs communautaristes et, conséquemment, défenseurs paranoïaques de la politique d’Ariel Sharon.

Messieurs, vous êtes cinglés !


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