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Référendum Plébiscite en Algérie : « Bouteflikha le petit » (Ou pourquoi l’l’Algérie ne sera jamais démocrate.)

Simon Pilczer

jeudi 29 septembre 2005
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Aujourd’hui en Algérie, et dans tous les consulats du monde où la diaspora algérienne est importante (notamment en France, au Canada) , les citoyens algériens sont appelés à approuver le projet de référendum soumis par le pouvoir en place piloté par Abdelaziz Bouteflikha.

Bouteflikha n’est pas seulement petit par la taille. Il rappelle aussi Napoléon III dit « le petit » qui usa et abusa du référendum-plébiscite du temps de la splendeur du deuxième empire français.

De quoi s’agit-il ? D‘approuver le projet de « réconciliation nationale, et d’amnistie », couvrant les faits de la guerre civile en Algérie qui se sont déroulés depuis l’année 1991 (suivant les municipales en Algérie qui virent la victoire du F.I.S. (Front Islamique du Salut, version algérienne des fondamentalistes islamistes) jusqu‘à nos jours.
Avant les législatives algériennes de 1991, qui s’annonçaient perdues par le pouvoir, l’armée annula l’échéance électorale et « reprit les affaires en mains ».

Après l’épisode intérimaire d’un ancien dirigeant du FLN rappelé du Maroc pour couvrir cette opération de reprise, cet idéaliste fut bientôt assassiné, probablement sur ordre du haut échelon militaire pour tentative de révélations sur la corruption des anciens dirigeants algériens : l’ancien président, le général Chadli coule des jours paisibles dans sa retraite près d’Oran , et Abdelaziz Bouteflikha, ancien ministre des Affaires étrangères du président Boumedienne fut appelé au pouvoir.

La guerre civile en Algérie a provoqué la mort d’au minimum 150.000 civils selon les aveux mêmes du pouvoir.
Un nombre dépassant les 200.000 morts serait sans doute plus proche de la réalité.
Sans compter les viols, pillages, la désorganisation de la société algérienne, l’exportation de ses éléments radicaux islamistes à travers le monde, en Angleterre, en Espagne, en France (où ils prirent une part active aux attentats de 1995 à Paris), en Irak, au Pakistan... transportant partout l’idéologie du jihad, et ses ferments islamo-fascistes délétères et mortels.
Sans compter aussi l’exil forcé de toute une partie de la jeunesse algérienne, en particulier kabyle, qui ne trouvant plus sa place dans un pays où 50 % de la jeunesse se trouve au chômage, ne peut survivre que de maigres subsides procurés par la « solidarité familiale ».

Sans la rente pétrolière, l’Algérie serait en état de totale banqueroute.

Que demande Bouteflikha au Peuple algérien ? D’effacer l’ardoise de la guerre civile, sans que les assassins ne soient jugés, quel que soit le bord de leur appartenance : FIS et autres GIA, pour peu qu’ils aient fait amende honorable, et bien entendu de l’autre côté, les responsables de l’armée, de la police et de la gendarmerie qui ont tué, égorgé, enlevé souvent sans distinction, et sans motivation, des membres de villages qui avaient eu le tort de voter pour le FIS en 1991, ou pour toutes autres obscures raisons.

Faisons un rapprochement audacieux :
Simon Wiesenthal, le « chasseur de nazis », avait voué sa vie à la poursuite des nazis, non pas par vengeance, mais pour que la justice passe, après que la vérité sur leurs crimes ait été révélée au public (exemplarité du procès d’Adolf Eichmann à Jérusalem en 1962).

En effet, il avait bien montré que sans la vérité, il ne peut y avoir de justice.
Sans justice, il ne peut y avoir de paix.
Sans ces deux fondamentaux, il ne peut y avoir de paix et de réconciliation entre les membres d’une communauté humaine.
Ceux qui sont frustrés de la justice pourraient recourir à la vengeance, et à la violence. Ou désespérer de l’humanité.

C’est ce qui s’est produit au Chili avec le simulacre de levée de l’immunité d’Augusto Pinochet, dont le gouvernement attend patiemment la mort naturelle pour que l’au-delà l’amnistie totalement de ses crimes.

Pour en revenir à Bouteflikha et à son référendum : les crimes commis pendant la guerre civile sont pour nombre d’entre eux des « crimes contre l’humanité », donc imprescriptibles devant des cours internationales de justice.
Mais Bouteflikha, soutenu par son armée comme la corde soutient le pendu, veut absolument éviter une telle issue.

C’est pourquoi nous avons droit en France à des reportages nous montrant « le père de la patrie algérienne », la main sur le cœur, sur des affiches ainsi libellées sur fond bleu :
« Oui, je vote...
Je vote oui ».
Et des algériens dans le consulat de Marseille expliquant qu’il faut « tourner la page ». Les mères qui pleurent leurs enfants ou leurs parents disparus n’ont pour toute issue que l’abstention : le silence, et la rage au cœur.
Seul le niveau des abstentions pourra donner le degré de l’approbation populaire, car on ne peut se faire aucune illusion sur la régularité des dépouillements.

Dans ces conditions, dans un pays où 200.000 personnes ont été massacrées en dix ans, pendant que la France complice détournait les yeux en braquant sa haine sur le conflit palestinien-israélien, la vérité ne pourra pas surgir.
Le pouvoir algérien se croira conforté.

Bouteflikha pourra continuer d’insulter la France, en nous traitant de criminels de guerre pour les massacres très réels de Sétif le 8 mai 1945 (ses amnisties sont sélectives), , et nous tenir la dragée haute pour la signature d’un « traité d’amitié franco-algérien » que le quai d’Orsay est empressé de signer avant la fin 2005, pour nous assurer une fourniture régulière de pétrole et de gaz dans les années à venir.

Jacques Chirac avait décerné à la ville d’Alger, le 15 août 2004, « à titre exceptionnel » la légion d’honneur », qui aurait été mieux décernée aux harkis et aux résistants qui ont été au service de la France.

Mais la diplomatie a ses raisons que la morale ignore.
Et voilà pourquoi le chemin de la démocratie en Algérie pourrait prendre encore quelques décennies, sinon quelques siècles.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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