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Simon Wiesenthal, un géant du vingtième siècle

Par Guy Millière © Metula News Agency

lundi 26 septembre 2005
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la Loi doit régner si l’humanité veut survivre

On a déjà beaucoup écrit, et on écrira encore, sur Simon Wiesenthal, récemment disparu. Je veux vous donner, dans ces lignes, ma perception et mon analyse du rôle de cet homme d’exception.


Simon Wiesenthal aurait pu être un survivant de la Shoah parmi d’autres, mais il a été plus que cela. Il  a réalisé, alors qu’il était encore interné et promis à une mort atroce, qu’il devait survivre à tout prix, précisément pour témoigner de la mort atroce de six millions d’autres, pour clamer qu’un tel crime ne pouvait supposer ni pardon ni oubli, afin que cela ne puisse jamais recommencer.  Il a donc fait preuve d’une force morale et d’une détermination extraordinaires : sa première liste de criminels nazis, il l’a établie dans le camp même de Mauthausen où il était interné, et, dès le jour de sa libération, le 9 mai 1945, il l’a remise à l’armée américaine.


Pourtant, la volonté morale et l’opiniâtreté de Simon Wiesenthal ont été très vite soumises à rude épreuve, lorsque la guerre froide s’est enclenchée peu après la Seconde Guerre Mondiale. La « realpolitik » a pris le dessus en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. En Allemagne, à l’Ouest, on a voulu « tourner la page » pour faire face à la nouvelle menace. Le chasseur de nazis est apparu alors comme un empêcheur de tourner en rond, quelqu’un qui refusait de « laisser les morts enterrer les morts » et de voir recyclés les anciens nazis. Par son acharnement, il a donné aux tenants de la « realpolitik » une leçon qui vaut encore aujourd’hui : l’éthique ne peut être exclue de la décision politique si celle-ci veut avoir une valeur.

 

Wiesenthal a introduit l’impératif catégorique moral dans la politique et l’a placé au-dessus de cette dernière, ce qui lui a été reproché à l’époque. C’est d’ailleurs aussi ce qui est reproché aujourd’hui à ceux qui pensent comme lui. Wiesenthal a créé un précédent historique. Si on avait compris plus tôt ce que je nomme le « précédent Wiesenthal », bien des erreurs et des errances de la seconde moitié du vingtième siècle et du début du vingt-et-unième n’auraient pas eu lieu et nul n’aurait eu l’opportunité de protéger des « salauds » sous le prétexte que « ce sont les nôtres ».


Simon Wiesenthal a remporté sa victoire majeure et essentielle en contribuant à l’arrestation d’Adolf Eichmann. Il a montré ainsi qu’aucun « salaud » n’était à l’abri nulle part, même après des décennies. Il a démontré que l’éthique peut justifier un droit et un devoir d’ingérence. Il a permis qu’ait lieu l’un des actes fondateurs d’Israël, une douzaine d’années après sa naissance. L’Etat d’Israël a été créé pour que les Juifs retrouvent leur identité et leur terre et pour qu’ils disposent d’un ultime refuge face à la plus vieille et à la plus féroce haine de l’histoire de l’humanité. L’Etat d’Israël a aussi été créé pour que nul n’oublie l’Innommable et pour que la justice triomphe. Si Israël n’avait pas existé, Eichmann n’aurait été ni arrêté, ni jugé, ni condamné. Grâce au procès Eichmann, des milliers d’apprentis Eichmann ont retenu la leçon, d’autres nazis ont tremblé jusqu’à la fin de leurs jours. Les minutes du procès Eichmann restent un témoignage irremplaçable de l’abjection ordinaire. Israël est apparu comme le pays de ceux qui ont réellement dit « plus jamais ça » et qui ont mis leurs paroles en œuvre.


Après le procès Eichmann, Simon Wiesenthal est devenu un homme avec qui il a fallu compter. Jusqu’à voici deux ans, lorsqu’il a pris sa retraite, bien après l’âge de 90 ans, il a contribué à l’arrestation de plus de 1100 autres criminels contre l’humanité du Troisième Reich. Il a contribué à montrer plus que tout autre que la haine anti-juive n’était pas une haine comme les autres puisqu’elle avait conduit au crime absolu, mais aussi que toute haine raciste enclenchait un engrenage qui pouvait conduire au pire. Il a été une sentinelle de clarté à laquelle nous sommes tous redevables, juifs et non juifs. Il a créé des émules et des disciples. Serge Klarsfeld est de ceux-là.


Bien qu’insulté et menacé en Autriche, la terre où sa famille, presque totalement décimée par les nazis, avait planté ses racines, Simon Wiesenthal  avait tenu à rester en Autriche. Ce que je comprends et que j’admire. Ne jamais céder, ne jamais baisser les yeux était pour lui un principe de vie. A ceux qui lui parlaient de vengeance, il répondait : « non, pas la vengeance : la justice, tout simplement la justice ». La Loi, le droit naturel. Ce qui sépare l’humanité de l’inhumain. Face au relativisme, Wiesenthal aura été jusqu’au bout un exemple de droiture et le rappel que la Loi doit régner si l’humanité veut survivre. Il aura été bien davantage qu’un grand homme : l’un des géants du vingtième siècle, l’un de ceux dont l’action et les principes devront encore impérativement nous guider dans les siècles à venir.


Qu’il repose en paix !


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