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Conférence à l’Université de Jérusalem en juin 2014 : un boycott absurde

Bertrand Ramas-Muhlbach

dimanche 18 août 2013
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En juin 2014, l’Institut Avraham Harman du monde juif contemporain de l’Université Hébraïque de Jérusalem doit accueillir une Conférence portant sur le thème de « l’histoire orale ». Dans le cadre de la marginalisation internationale de l’Etat juif, des Professeurs et Docteurs d’Universités dans le monde (dont les plus prestigieuses), ont entrepris d’en organiser un boycott, fondé sur des affirmations fausses, diffamatoires et parfaitement absurdes.

Dans leur appel au boycott, les éminents Professeurs essaient de faire un parallélisme entre Israël et l’Afrique du Sud (Etat paria), en affirmant que l’Université de Jérusalem pratiquerait un apartheid à l’égard des palestiniens des territoires de Gaza et de Cisjordanie mais également à l’égard des « palestiniens d’Israël ». Aussi, tentent-ils d’expliquer que la campagne de Boycott est le seul moyen d’espérer une « paix juste basée sur le droit international, le respect des droits humains et le principe fondamental de l’égalité pour tous, sans distinction d’ethnie, de religion ou de considération identitaire ». (sic)

Dans le document mobilisateur (qui n’est finalement qu’un dénigrement outrancier d’Israël), des personnes qui se disent « spécialistes de l’histoire orale et universitaires, palestiniens, israéliens et autres, d’Europe, d’Afrique du Sud et d’Amérique du Nord », appuient leur démonstration sur des faits historiquement travestis et fondent leur analyse partisane sur la situation géopolitique revisitée à travers quatre arguments éminemment contestables.

Le premier grief formulé à l’endroit de l’Université hébraïque tient à son emplacement géographique : les historiens boycotteurs expliquent que l’Etablissement « comme toutes les colonies, se situe sur les hauteurs », et qu’il s’agit d’une terre « confisquée » à Jérusalem-Est c’est-à-dire un « territoire occupé ». Ils insistent en posant que « la terre sur laquelle sont implantés certains bâtiments et installations du campus sur le Mont Scorpus, s’est étendue par la confiscation, illégale, de 3345 dunums (334,5 ha) de terre palestinienne ». (sic)

Pour ce faire, ils exploitent un mensonge historique savamment entretenu par les Instances internationales. Celles-ci ont certes, refusé de reconnaître l’annexion par Israël de la partie orientale de Jérusalem qui faisait partie intégrante de la Jordanie. Or, dans la mesure où, le 30 juillet 1988, la Jordanie a expressément renoncé à la Cisjordanie, elle a cessé d’être « occupée » (n’en déplaise aux instances internationales). En conséquence, d’une part il n’est plus possible de remettre en question la captation par Israël de la partie orientale de Jérusalem et, d’autre part, les territoires non annexés par Israël sont juridiquement devenus des « biens sans maître ». D’ailleurs, la Jordanie ne revendique plus la Cisjordanie et a signé un traité de paix avec Israël en 1994. De son côté, la Palestine qui a été reconnue comme Etat non membre de l’Onu le 29 novembre 2012 (sans affectation de territoire particulier), n’est en rien concernée par le différend ayant opposée Israël et la Jordanie en 1967 et solutionné en 1994. Il est donc surprenant que des éminents spécialistes de l’histoire n’aient pas plus de considération pour leur discipline de prédilection.

Sur ce point, les historiens boycotteurs martèlent que l’annexion de Jérusalem et sa soumission à la loi interne israélienne sont des violations de la Quatrième Convention de Genève, dénoncées à plusieurs reprises par la communauté internationale, y compris par le Conseil de sécurité des Nations-Unies avec la Résolution 252 du 21 mai 1968. Rappelons donc aux éminents historiens boycotteurs que la résolution 252 concernait la Jordanie, non la Palestine… Les 74 signataires du document qui enseignent dans les Universités de Paris, Londres, New York, Montréal, et même à l’Université …hébraïque de Jérusalem (le Professeur émérite Emmanuel Farjoun) ne sauraient cautionner ce mensonge historique, s’agissant de personnes dont l’honnêteté intellectuelle et l’honorabilité ne peuvent être contestées.

Le second reproche adressé à l’Université de Jérusalem tient aux actes d’apartheid dont elle se livrerait à l’égard des palestiniens, alors que les universités palestiniennes ont été « fermées », « mises sous blocus » « bombardées par l’aviation israélienne » et « soumise à une occupation israélienne longue et brutale à Jérusalem Est, en Cisjordanie et à Gaza…(sic). Les historiens boycotteurs considèrent incidemment que l’Université de Jérusalem se livre à des actes de guerre (sic) en l’associant aux opérations de défense de l’armée israélienne.

Dans leur troisième grief, les historiens boycotteurs affirment que l’Université hébraïque serait complice du traitement inégal des palestiniens notamment ceux « qui sont citoyens d’Israël », en ne fournissant pas des services identiques aux palestiniens d’Israël et aux groupes juifs (sans préciser exactement de quoi il retourne). Plus précisément, il est reproché à l’Université hébraïque de Jérusalem de ne pas s’être prononcée sur l’interdiction faite par Israël de permettre aux palestiniens de la bande de gaza d’y suivre les cours (les gaziotes se sont jurés de détruire l’entité sioniste mais veulent tout de même y recevoir une formation universitaire), de ne pas dispenser de cours en arabe, et d’offrir moins de chance aux palestiniens d’intégrer l’Université hébraïque de Jérusalem qu’une université aux Etats Unis (bien que les cours dispensés à New York, ne le soient pas en arabe). S’agissant de l’atteinte à l’égalité des droits, l’Université hébraïque restreindrait la liberté d’expression et de manifestation pour ses « quelques étudiants palestiniens » empêchés de commémorer l’invasion de la bande de Gaza de 2008-2009 (Les historiens boycotteurs confondent le droit de manifester et la préservation des atteintes à l’ordre public). Par ailleurs, elle reconnaît les diplômes délivrés dans l’Université d’Ariel (qui serait illégale puisque implantée en Cisjordanie), mais ne reconnait pas ceux délivrés dans l’université palestinienne « d’Al quds » (alors qu’il s’agit de choix qui dépendent de l’Etat, non de l’université).

Enfin, le dernier reproche porte sur le nom de l’institut organisateur, en l’occurrence Avraham Harman, qui fut président de l’université hébraïque de 1968 à 1983 et considéré comme directement responsable de la reconstruction et de l’expansion du campus d’origine sur le mont Scorpus, terre confisquée illégalement aux Palestiniens de Jérusalem-Est…(sic)

Les historiens boycotteurs exhortent donc les universitaires et les professionnels à réfléchir sur les implications d’une participation à une conférence dans une institution complice, et étroitement associée à la politique israélienne d’annexion et du « mur de séparation/apartheid » condamnée le 9 juillet 2004 par la Cour internationale de Justice de La Haye…

Une fois encore, les pro-palestiniens utilisent une institution classée parmi les 100 meilleures universités dans le monde pour salir Israël, alors que son objet est la recherche, l’apprentissage et l’acquisition du savoir, et dont la neutralité politique est insusceptible de remise en question. Les historiens boycotteurs ne se rendent même plus compte qu’ils sont artisans de la division alors que l’Université hébraïque est un ciment pour lier des parties, si difficiles à rapprocher


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