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Mêmes causes, mêmes effets : l’exemple de Mohamed Bouazizi suivi à Ramallah

Hélène Keller-Lind

jeudi 7 février 2013
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Un jeune vendeur de rue acculé à la misère tente de s’immoler par le feu à Ramallah, siège prospère d’une Autorité palestinienne corrompue, aux dirigeants bien nourris, ville entièrement sous contrôle palestinien. On retrouve là le désespoir que celui qui poussa Mohamed Bouazizi à mettre fin à ses jours dans la bourgade de Sidi Bouzid, ville très pauvre de la Tunisie profonde. Ce qui servit de déclencheur à la vague de « printemps arabes ». Le jeune Palestinien, lui, a été arrêté, ce qui lui a sauvé la vie. Mais n’a pas réglé le problème qu’il entendait dénoncer...

L’exemple de Mohamed Bouazizi : un jeune vendeur de rue s’arrose d’essence sur un trottoir de Ramallah

L’information est laconique et on doute qu’on saura quelles ont été les suites, l’Autorité palestinienne bafouant la liberté d’expression et des droits des journalistes. Ce qui est largement dénoncé. Des sites qui critiquent l’Autorité palestinienne sont fermés, des journalistes arrêtés. Quand Hamas et Autorité palestinienne n’arrêtent pas des journalistes de la faction opposée...

Toutefois, pour l’heure, l’agence de presse Ma’an News vient de sortir une information affligeante : « un jeune vendeur de rue s’est arrosé d’essence sur un trottoir de Ramallah pour protester contre les mesures de répression prises par la police dans les villes de Ramallah, al-Bireh et Beituniya – qui sont toutes sous contrôle de l’Autorité palestinienne - contre les vendeurs de rue au motif qu’ils gênent la circulation des passants ».

Or, ces vendeurs « disent qu’ils n’ont pas d’autre source de revenus pour leur famille. Et en appellent aux autorités pour que des sites leur soient donnés afin qu’ils puissent y exercer leur métier ». Des dizaines d’entre eux s’étaient réunis sur la place principale de Ramallah pour faire entendre leur détresse... Et c’est alors que ce jeune homme a tenté de mettre fin à ses jours, inspiré, sans aucun doute par l’exemple de Mohamed Bouazizi qui, confronté aux mêmes difficultés et également pourchassé par la police s’était immolé par le feu dans une province reculée et très pauvre de Tunisie à Sidi Bouzid en décembre 2010, voici un peu plus de deux ans. Ce qui avait déclenché la vague de ce qui fut qualifié de « printemps arabe »...

Dans la ville cossue de Ramallah la police palestinienne veille

Mais à Ramallah, siège cossu de l’Autorité palestinienne, la police veille et le jeune homme a été aussitôt arrêté. Selon un autre site, Donia Alwatan, ce sont deux jeunes vendeurs de rue qui auraient ainsi tenté de s’immoler par le feu et ont été arrêtés

Une Autorité palestinienne corrompue

On notera que l’Autorité palestinienne a souvent été dénoncée pour sa corruption. Un sondage d’un Institut palestinien révélait que 79 % des Palestiniens sondés estimaient en septembre 2012 que « la corruption existe au sein des institutions de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie »

Un Rapport publié par une organisation de surveillance de la corruption dans les domaines de la défense et de la sécurité, Transparency International, constatant pour le moins un certain flou, classe l’Autorité palestinienne dans la seconde moitié des zones examinées. Soulignant, notamment, concernant le risque de corruption politique, si des mécanismes de surveillance existent, il est difficile de les utiliser dès lors que « Conseil Législatif Palestinien ne fonctionne pas, ses membres ne s’étant pas réunis depuis 2007 ». Il n’y a donc pas de surveillance parlementaire du budget de la défense et même si un budget global est publié, il ne donne pas de détails ». Transparency International n’a toutefois pas trouvé trace de « criminalité organisée au sein des institutions de défense » palestiniennes.

Concernant les risques de corruption financière il n’y a aucun « contrôle sur les éléments secrets des dépenses militaires ». Et s’il y a des échelles de salaire des personnels de sécurité disponibles, Transparency International note toutefois que « la moitié des personnels ont peur de rapporter les abus »... Il n’y a d’ailleurs aucune loi quant à « ceux qui occupent des positions sensibles » ou concernant corruption et « opérations » sécuritaire. Quant aux sources « d’approvisionnement », le fait que l’Autorité palestinienne dépende de financements extérieurs ne facilite pas les choses et les contrôles exercés « se concentrent sur le financement plutôt que sur le respect des lois, règlements et standards » .

Quarante mille membres des forces de sécurité palestiniens payés à rien faire dans la Bande de Gaza

Ce rapport a provoqué l’ire de l’Autorité palestinienne à un point tel que l’un de ses porte-paroles, Adnan Dmeiri, a donné une conférence de presse pour le mettre à mal, dénonçant son « parti-pris ».Il donnait toutefois des chiffres non sans intérêt. Ainsi, dit-il, « 70 % des membres des services de sécurité gagent moins de 2.000 shekels par mois ( $ 350) ».Services qui comptent 70.000 personnes, dont seulement 30.000 sont en Cisjordanie, les autres étant à Gaza avant que les gouvernements palestiniens ne se séparent et recevant encore un salaire bien que ne travaillant pas ».

Ma’an News rappelle au passage qu’un de ses journalistes, travaillant aussi pour d’autres médias, avait été arrêté sur plainte du bureau du Président l’an dernier pour avoir écrit un article rapportant le contenu du rapport de Transparency International. Il y critiquait la manière dont se fait son recrutement » .

Mahmoud Abbas s’offre un jet privé de 50.000 $ en décembre 2012

Bien évidemment, les sites en arabe dénonçant la corruption de Mahmoud Abbas sont bloqués par le pouvoir palestinien. On en trouve pourtant des échos. Ainsi, alors que les enseignants ou fonctionnaires palestiniens se mettent en grève pour tenter de percevoir leur salaire ou que certains sont réduits à tenter de gagner péniblement leur vie comme vendeurs de rue, alors que l’Autorité palestinienne pleure partout, se disant au bord de la faillite, pour que ses donateurs lui octroient des millions supplémentaires, Mahmoud Abbas s’offrait un jet privé acheté en Russie en décembre 2012 par l’intermédiaire de « l’ambassadeur de Palestine » à Moscou.

Abdallah Aissa, le journaliste et rédacteur en chef du site Donia Al Watan – qui a été bloqué par le passé par l’Autorité palestinienne - qui donne l’information dénonce cet achat, alors, dit-il, que « des Palestiniens ne pouvant être soignés sur place ne peuvent le faire à l’étranger faute de moyens », raconte les tractations ayant abouti à cet achat. Ainsi, Mahmoud Abbas voulait qu’il y ait entre vingt et vingt-cinq places dans cet avion en contenant quinze. Il a alors été transformé pour répondre aux désidératas du Président palestinien...

Des vendeurs de rue interdits de commerce mais des terroristes palestiniens qui reçoivent près de 4.800.000 $ par mois

On n’oubliera pas non plus les « salaires » versés par l’Autorité palestinienne aux prisonniers palestiniens condamnés pour actes de terrorisme et quelle que soit leur affiliation politique. Ce qui, bien entendu, constitue une incitation au terrorisme. De l’aveu même du ministre Karake, le montant des « salaires » versés « est de 17.500.000 shekels par mois – environ 4.730.000 $ - et d’un million de shekels par mois pour leurs frais de cantine ». S’ajoutent des bourses de plus de 5 millions de shekels par mois – environ 1.350.000 $ - pour les prisonniers sortant de prison.Déclaration publiée par le quotidien officiel palestinien Al-Hayatt-Al-Jadida et traduite par Palestinian Media Watch .

Palestinian Media Watch a d’ailleurs présenté un rapport précis sur ce point devant le Parlement britannique

Des chiffres qui montrent qu’en ce qui concerne l’Autorité palestinienne, mieux vaut être terroriste que petit vendeur de rue...


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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