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L’élection d’Ahmadinejad : la fin officielle du jeu de dupes de Téhéran

Par Guy Millière © Metula News Agency

mardi 28 juin 2005
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L’élection à la présidence en Iran de Mahmoud Ahmadinejad est une mauvaise nouvelle à court terme pour les femmes iraniennes et pour tous ceux qui, très nombreux dans ce pauvre pays soumis depuis un quart de siècle au régime des mollahs, sont naturellement épris de liberté. Cela pourrait être, cependant, à moyen terme, une bonne nouvelle.

Cette élection entérine l’arrêt de mort de tout reste d’espoir de réforme du régime au sein de la population iranienne. Le régime a saisi que la population lui est, dans son immense majorité, hostile. Plutôt que de s’essayer à une vague stratégie de la semblance d’ouverture (option Rafsandjani), il choisit le durcissement, la raideur et la bunkérisation. Les régimes qui se conduisent de la sorte réussissent quelquefois à durer dans une quasi autarcie et dans l’hostilité générale (voir la Corée du Nord), mais le plus souvent ils se fragilisent et tombent. On peut craindre que les mollahs au pouvoir espèrent une issue façon Corée du Nord, mais on ne doit pas oublier qu’il suffit de peu de choses pour qu’un régime qui ne tient que par ses forces de répression s’effondre.

La stratégie d’apaisement mise en place par la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne est également appelée à disparaître ; le régime des ayatollahs a choisi de se moquer de ceux qui voudraient servir d’écran protecteur entre lui et les Etats-Unis. Même en cherchant bien, il sera désormais difficile à un diplomate européen, aussi myope et aussi mou soit-il, de trouver à Téhéran ne serait-ce que l’ombre d’un « réformiste » susceptible de servir d’interlocuteur.

Nous sommes en plein dans un rapport de force. Il y aura, à terme, obligatoirement, un vainqueur et un vaincu, et on peut penser que la situation n’offre que peu de possibilités au régime des mollahs de se trouver en position de vainqueur. Son seul et unique avantage réside en l’avancée de ses travaux et recherches dans les domaines nucléaire et balistique, mais cet avantage va de pair avec un lourd inconvénient : lesdits recherches et travaux ne sont pas suffisamment développés pour que le régime se dote d’une arme nucléaire opérationnelle à court terme. La République Islamique, version 2005, demeure largement plus vulnérable que véritablement menaçante.

A cet inconvénient s’ajoutent de nombreux autres : outre l’hostilité de la population et, selon divers services de renseignement, du clergé de base lui-même, le régime souffre d’une situation économique chaque jour plus préoccupante qui fait qu’un nombre croissant d’Iraniens n’ont plus rien à perdre. Les projets annoncés de renationalisation intégrale du secteur énergétique ne pourront qu’aggraver cette situation économique et exacerber le mécontentement général. Le régime ne dispose plus non plus d’alliés, qu’ils soient d’ailleurs explicites ou implicites.

Si aux Etats-Unis et en Israël on sait parfaitement ce que l’élection d’Ahmadinejad signifie, il faut cependant, pour que les enjeux soient clairs, procéder à un travail d’explication en Europe, et le moins qu’on puisse dire est qu’en ce domaine tout reste à faire :

  • Il est tout d’abord intellectuellement insupportable de voir Ahmadinejad qualifié du seul terme de « conservateur ». Ahmadinejad, comme tous les détenteurs du pouvoir en Iran aujourd’hui, est un radical, un adepte du nazisme islamique ; il est conservateur dans le sens où il entend conserver la république islamiste et son obédience fanatique, et même criminelle, au dogme religieux. C’est sans doute trop d’attendre un minimum de précision sémantique de la part des gens de la communication qui qualifient les Israéliens vivant dans les implantations de « colons » et qui nomment les terroristes assassins d’enfants des « activistes », lorsque ça n’est pas des « résistants ».

  • D’autre part, c’est se mentir à soi-même que de dire que celui qui occupe la position de président dispose d’un pouvoir réel dans l’Iran d’aujourd’hui. Ce pouvoir est aux mains du Conseil des gardiens de la révolution et tout particulièrement de son chef, l’ayatollah Khamenei. Khatami, le prédécesseur d’Ahmadinejad, n’avait aucun pouvoir réel et n’a été qu’une potiche chargée de calmer les illusoires espoirs de réforme de la jeunesse. Le choix entre Rafsandjani et Ahmadinejad était le choix entre deux potiches là encore, qui valent surtout par ce qu’elles symbolisaient : illusion d’ouverture d’un côté, le sentiment du durcissement clair et net de l’autre. Mais présenter Rafsandjani comme ayant personnifié un réel espoir de progrès et de changement de système n’a aucun sens. L’un comme l’autre devraient se voir définis comme ce qu’ils sont : les deux visages d’une criminalité dogmatique.

  • Parler de l’élection à la présidence en Iran comme d’une véritable élection, c’est jouer avec les mots de manière scandaleuse. Dès le premier tour, n’ont pu en effet se présenter au suffrage populaire que les candidats dûment habilités par le régime. Les chiffres de l’abstention n’ont pas été plus élevés parce que des franges entières de la population ont été contraintes de voter sous la pression de l’appareil répressif du régime, et pour le candidat pour qui on leur demandait de voter. Au second tour, malgré la coercition et les intimidations, l’abstention a été absolument écrasante (elle a atteint 90% dans les grandes villes) et les pourcentages obtenus par les candidats n’ont aucune signification sinon celle prédéfinie par le régime. Tout journaliste qui parlera plus longtemps d’élection plutôt que de pantomime ne trouvera pas grâce à mes yeux, et je lui reprocherai de se moquer tout à la fois de l’idéal démocratique, de son public et du peuple iranien.

  • Il faut enfin voir vraiment qui le régime de Téhéran a choisi d’installer à la place de président. Ahmadinejad n’est pas seulement un révolutionnaire islamiste, un nazi islamique, un criminel dogmatique. C’est un authentique tortionnaire et un assassin patenté. Il a joué un rôle central en 1980 dans ce que Khomeiny avait appelé la « révolution culturelle islamique » et qui a conduit à l’arrestation et à l’exécution sommaire de milliers d’étudiants jugés insuffisamment islamiques. Il a été l’une des têtes pensantes et l’un des bras armés de la prise d’otage à l’ambassade américaine de Téhéran. Il est devenu ensuite un officier supérieur des brigades spéciales des gardes révolutionnaires chargé des « opérations extraterritoriales », expression qui désignait les attaques terroristes hors d’Iran. Il porte la responsabilité directe de l’assassinat de nombreux opposants iraniens à l’étranger, dont celui de l’opposant kurde Abdorrahman Qassemlou à Vienne, au mois de juillet 1989. Il a été, de 2003 à ce jour, maire de Téhéran et chef du Abadgaran e Iran e Islami (les Promoteurs d’un Iran islamique), une milice violente qui s’est donnée pour tâche de revenir aux idéaux fondateurs de la république islamique.

La promotion d’Ahmadinejad est un message direct à l’intention de l’Occident. Un message de mépris pour les faibles et les lâches, un message de provocation. La solution du problème auquel le monde civilisé fait face avec le régime des ayatollahs n’a jamais été diplomatique, elle l’est moins que jamais. La région ne connaîtra ni la paix ni la sérénité tant que le régime des mollahs demeurera en place à Téhéran. Le fait qu’Ahmadinejad ne soit pas membre du clergé ne change rien à la donne, puisqu’il est l’un de ses exécuteurs des basses œuvres privilégiés. Nous allons traverser maintenant des mois décisifs. Malgré la violence qui se poursuit en Irak, les djihadistes et les ex-baasistes ont déjà perdu la partie et n’offrent comme alternative à la démocratie que le nihilisme destructeur : les chiites qui ont le pouvoir en Irak n’ont rien à voir avec les mollahs de Téhéran et incarnent, au contraire, sous l’égide de Sistani, un islam quiétiste qui est une menace supplémentaire pour les mollahs de Téhéran. Le régime de Bachar al Assad à Damas est considérablement affaibli et continue à jouer avec le feu au Liban et sur sa frontière irakienne. La chute du régime des mollahs signifiera, lorsqu’elle surviendra, la fin à brève échéance du régime Assad, celle probable du Hezbollah, un coup fatal pour le terrorisme palestinien, et la fin du terrorisme en Irak. Il n’y a pas à craindre cette chute. Elle permettra à un grand peuple de sortir de l’enfer et de rejoindre la communauté des nations. Et elle permettra à la communauté des nations de cesser d’être menacée par des dictateurs illuminés aux ambitions hégémonistes rêvant à l’arme atomique comme moyen d’étendre leur foi


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